‹ Le livre de Marco PoloChapitre 173 sur 357 · CLXI. — a Ms. A. ydles. Ms. C. ytfrts · texte numérisé non relu

CLXI. — a Ms. A. ydles. Ms. C. ytfrts

(12 ligues) ; les nas ires, par un veut favorable, peuvent y arriver, de Pile de K'ing chdn (Kioùngtcfieou , l'Ue de 4 Hai-nàn , qui est voisine), eu un jour.

n La partie méridionale de cet État se nomme M Ché-pi (damna) ; celle de l'ouest :

Cliang- yaurn ; celle du nord Oii-fi. Les circonscriptions administratives , grandi s et petites, sont, en tout, au nombre de trente-huit. Il y a aussi d'autres circonscriptions eu - districts », el eu - divisions militaires -, qui oui chacun des noms distincts. »

Voilà quel était l'État de Cyamba à l'époque, dont parle Marc Pol. Il serait difficile d’en donner les linéaments plus clairs et plus exacts que l'auteur chinois Chao Youan-ping que nous venons de traduire.

Un lit dans le même auteur ( lieu cite, fol. 33 verso) : • l.a la* année tchi-youan des Yutn (1278, la meme année que donne Marc Pol), Chi- 1 tou (Khoubilai) ayant terminé la conquête de l'empire des Soung, s'occupa des pays au-delà des mers. Pour les circonstances, c'était former des projets d'un difficile accomplissement. Sotou. qui était « gouverneur de province » et • ministre assesseur de la gauche • , envoya un émissaire (*) à Tchen -tehing. A son retour reluici dit que le roi de ce pay s : Che-li-tse-ya Sin-ho l 'a- ta Ma-hà-thi-cva ( en sanskrit Çàridjêya Sinhap'ala MabàtUva, - le grand dieu de la rare des lions, le vainqueur de la fraude ») désirait se soumettre et devenir vassal de l'Empire. Alors nu édit fut rendu qui accordait l'investiture sous le litre de roi de la principauté de Tchen- (”)• ”

Ce roi fut ensuite invité à se rendre à la cour |H>ur recevoir son investiture.

On lit dans les - Fastes universelsde la Chine » (Li toi ki tse nien p'iao, k. 97, fol. hï v°) :

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- - Année 1 279. - Le royaume de Tchen-tching (Cochinchiue), Mà-po-'rh (Maabar) et (ian-nân ( le Toung-king) envoyèrent, tous les trois eusemhle, des tributs aux Yucn (Mongols).

— Année 1280. « Tcitks-tciiiwg envoie un ambassadeur apporter le tribut. L cMà-pd-'rh en fait de même.

— Année 1281. « Tchkk-TCHING. Antérieurement (eu 1278) le « ministre assesseur de la droite», So-tou, après la complète soumission des Soung, avait envoyé lin émissaire dans ce royaume. A son retour, cet émissaire dit que le roi de ce royaume était dis|Hisé à sc soumettre el à se reconnaître vassal de l'Empire. Sur cela, un édit fut rendu qui ajoutait aux titres du roi de ce royaume celui de Yoûng loti ta /où, « heureux et glorieux grand dignitaire ». On lui accorda un sceau à tête de tigre, formé de deux pièces (pour les correspondances officielles) et il fut investi de la royauté de la principauté de Tcheu-tching. Eu même temps ou établit un gouvernement administratif dans ce royaume avec So-tou pour ministre de la droite (premier ministre), et Üttcf un pour ministre de. In gauche (second ministre , remplissant les fonctions de - vice- président du ministère de la guerre » ; Li-mi-chï fut - conseiller rapporteur des affaires administratives ».

— Année 1 282. « Tchix-tcuisg. Antérieurement le roi de Tchen tching : Po yeou p'ou tte te he ou, avait envoyé un ambassadeur eu s'appelant « serviteur soumis el vassal dépendant * (tJiin nei choit). Sa Majesté (l’empereur de la Chine) avait ordonné an ministre assesseur de la gauche, So-tou, et autres, d'établir à Tchen tching un gouverneur et administrateur du royaume. Mais il arriva que le lils du roi, P'ou-ti , qui gouvernait seul le royaume, s’opposa de toutes ses force* à l'accomplivit-meut de cette mesure. Tous les fonctionnaires chinois délégué*, aussitôt arrivés dans le royaume, furent tous saisis et mis en prison. L’empereur (Khoubiluï) en fut très-iriitc ; il ordonna aussitôt a So-tou et autres de se rendre dans le pays avec des troupes pour en tirer vengeance.

ne lui donnent que oliplians. Et vous dirav pourquoy ilz font ce trou.

Il fu voir que en l’an .M.ü.c.lxxviij. (mil deux cens soixante dix huit) ans de Crisl, le grant Kaan envoya un sien baron que l'en appeloit Sagatu (a) atout moult grant gent à cheval et à pie sur ce

— Annie 1283. « TctiKS-TcnrxG. Le fils du roi, P'ou-ti, «vec des officiera et des troupes, saccage la ville, siège du gouvernement ; puis il se retire dans des gorges de montagnes. Lu» suite il envoie PàotoütoÔ-bâa-yâng pour demander à se soumettre et à rentrer en grâce avec tous ses partisans qui le disiraient. Puis il passe de nouveau le fleuve et fait mourir les envoyés de la cour (mongole), Hoang fou-ki et autres, au nombre de plus de cent personne». Il se passa un assez long temps avant que l'affaire fût connue. Lorsqu'on l’apprit, So-tou envoya de nouveau une armée considérable dans le pays pour obtenir raison de cet attentat. Après avoir fait de longs détours en soutenant des engagements, celte armée arriva sous les murs de Mou ( Moc thitanh ); mais la résistance des assiégés fut si forte que l’armée ne put prendre la ville, qu'elle abandonna l’cutreprise et s'en retourna. »

— Année (284. « Tcueji-tciiisg. Le roi de ce royaume, Po-yaou^»*ou-tst-tche-ou, euvuie son petit-fils T chi-mou-H-le-tcht et d’autres offrir une supplique pour rentrer en grâce. L'enqicrcur, irrite contre Po-yeuu-p'ou-tsc-tdtc-ou, refusa de 1rs recevoir, coutre l’usage. Il envoya de nouveau son fils héritier présomptif ( Hoâug-Uf), To-'hoan, vice roi du Tchin-ndn (« du midi tenu on sujétion ») avec Li-hdng , « ministre assesseur de la gauche », rejoindre l'armée de So-tou et demander le passage par la route du Gdn-ndn (le Toung-king ) pour aller combattre (l’armée de Tchen-tcbing ou de la Cochiucbinc). Les routes par lesquelles l’année passa daus le Gân-nân fuient ravagées, et cette armée s’en revint sans aller plus loin. »

Les Annales chinoises ne parlent plus de la r.ochiuchine jusqu’à l'année 1311, où il est dit que le Gan-uân ou ■ Toung-king », Trhentcfuog, la ■ ('.ochinchinc -, Kin-tc/ia, les » Dents d’or» (voir le cliap. CX1X, p. 39?', - envoyèrent des ambassadeur* apporter des tributs. »

L’année suivante, le second de ces royaumes envoie encore en tribut des produits du pays, tandis que le roi du Toung-king , Tchin-i-Uï , se rend à la cour du souverain mongol. En 1322, Tchen-tching envoie eucore un ambassadeur porter un tribut. En 1323, le roi du même pays envoie Ti-f>ào-yeou-j>d-/i présenter une supplique avec un tribut consistant en productions du pays. En 1327, le même pays envoie un amlussadeur offrir deux chevaux et deux éléphants ; en 1328, il envoie encore un ambassadeur présenter eu tribut des productions du pays; il en est de même eu 1331. En 1332, Tchen-tching envoie un ambassadeur à la cour mongole, porteur d’une lettre écrite sur feuilles d'or, et présente en tribut des productions du pays. En 1335, un ambassadeur est encore envoyé pour présenter des productions du pays. Cet ambassadeur dit que Kiao-tchi (le lias Toung-king) a refusé le passage aux porteurs du tribut. Un édit est public pour blâmer la conduite du Kiao-tchi. C'est là la dernière mention que font les annales de la dynastie mongole de l’envoi d’un tribut par la Cochinchiue, et même par les autres Etats de i'Indo-Chine. On sent que cette dynastie perd de son influence et de son prestige, et qu’elle approche de sa fin.

(2) Ce nom de Sagatu est ideutiquemeut le même que celui du général ministre chinois So-tou, et, selon la pronoucialiou

méridionale de la Chine, Sol -tou , qui commanda à plusieurs reprises (comme on l’a vu cidessus) Ira expéditions contre Tchen-tching , parce que, ayant été un des deux généraux mongols qui avaient réduit, eu 1278, les dernières villes de la province de Camion, encore fidèles aux Soung, il avait été nommé » gouverneur militaire » de cette province. Cette concordance est une nouvelle preuve que ce pays est bien le Cyamba de Marc Pol.

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