‹ Le livre de Marco PoloChapitre 179 sur 357 · CHAPITRE CLXIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXIll

qu'il n’y a chose qui à conter face, irons avant à une aultre contrée que on appelle Soucat ' (2), qui est .v.c. (cinq cens) milles11 oultre Sandur. Et est bonne contrée et riche et y a roy. Hz sont ydolastrcs et ont langaige par eulx ; et 11e font treuaige à nulluy , pour ce qu'il/, sont en pays si loingtaing et si desvoiable que nulz 11e pourrait aller sur eulx. Et se 011 y povoit aller, le grant Kaan les soumeist 1 tous à sa seigneurie.

c Ms. C. le Chac. — •* Le ms. C. ajoute : par seloc.

CLXIII. — * Les rut soumis. Le ma. C. porte : • Le grant Kaan les soubzmettroit moult voutenliers soubz sa juiisilicion et moult tost. Car moult souvent s'est mis en paine et tout plain d’autres avecques lui, pour savoir comment il en povist (pourrait) venir au dessus (à bout); maiz oneques ne pot (put) riens faire. ■

qui leur a paru difficile à concilier. Effectivement, si Pou admet le problème dans les termes où il est posé par tous les manuscrits connus et toutes les éditions du livre de Marc Pul, il est impossible à résoudre. Mais, si on fait au texte une correction toute naturelle et toute simple : celle de prendre de nouveau la direction et la distance, à partir de Cyamba et non de Javva (la confusion de cet deux noms a Lien pu se faire sans effort» sous la plmne des premiers copistes), il n'y a rien là de forré; la direction et la distance des lieux sont très-souvent déterminées par l'u-sagc qui consiste à les compter de tel point donné plutôt que de tel autre ; et il arrive souvent aussi, dans les récits, de ne pas constamment partir, en indiquant cette direction et rcs distances, du point où l'on se trouve, mais de celui que Pou a quitté eu dentier lieu, si Pusage, ou les données que Pou a, l'exigent ainsi.

Tel est le cas qui se présente ici impérieusement. Aussi, nous avons cru devoir faire, pour la première fois, une correction nécessaire à notre texte, et écrire : « Quant on se part de Cyamba, » au lieu de : « Quant on se part de/dmt. » Par suite de eet te simple correction, « Condor » est naturellement identifié avec Pile de Condor (Poule (kmdor, ile de Condor), qui a un port de relâche où les bâtiments qui viennent de Chine, ou qui s’y rendent, achètent des vivres; et « Sandur », avec celle « des Deux Frères • (île jumelle), qui n'en est pas éloignée. L’ilc de Condor est nommée par les Chinois Koucn-lun.

(2) Quant à « Soucat » , ainsi que nos manuscrits A et B écrivent ce nom très-distinctement, nous croyons pouvoir soutenir que c’est la grande ile de Bornéo, dont il serait surprenant que Marc Pol n’eût point parlé. D’ailleurs, le nom de Soucat désigne évidemment le royaume indien de Soucadana, lequel, avec ceux de Bandermassin et de Sambas, sont les plus importants de Pile, dont les produits sont si abondants et si riches, et les populations si variées qu’il serait impossible de les énumérer ici.

Le lieutenant-gouverneur de la province du Fo'-kien, Siu, a donné, dans sa Géographie historique déjà citée (p. 53? et 510), une longue notice sur Bornéo (k. 2, P’ 10 et suiv.), qu’il dit être une grande île située au sud-ouest des îles Lin- son g (Luçon, ou les Philippines). 11 y est dit que la 4* année young-lo (en 1406) les deux rois de cette ile, celui de l’est et celui de l’ouest, envoyèrent chacun un ambassadeur à la cour de l'empereur de Chine. Ces ambassadeurs firent connaître qu’un de ces rois était un homme originaire de Min (ancien nom de la province de Fôkien), et que, dans le voisinage de la ville royale, il y avait des inscriptions en caractère» chinois. Siu dit aussi que ce fut sous le règne de l’empereur Tai-tsoung, des Souri g (976-997 de notre ère), que la Chine commença à avoir des communications avec ces royaumes. I,a 3» année ftoung-wou (en 1370), on leur envoya un ambassadeur qui partit de Thsiouan-tcheou pour se rendre dans ce pays, etc.

En ceste contrée naist le bresil dont nous usons à grant planté. Hz ont or aussi oultre mesure. Et si ont oliphans et venoisons assez. En cest régné prent on toutes les pourcelaines (3) que on despens par toutes les contrées que je vous ay dit d.

Autre chose n’v a, se non que c'est moult sauvaiges lieux, et pou de gent y vont. Et aussi ly rois ne vuclt que nulz y voist 1 pour ce que l'en ne sache son trésor ne sa condit ion. Si vous conterons de l'isle de Pontain.

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