CHAPITRE CLXV
leurs du monde. Hz n’ont nulz forniens |S, ains vivent de ris; et si n'ont aussi nulz vins. Hz ont ainsi connue je vous deviseray.
Sachiez que ilz ont une maniéré d’arbres, et quant ilz vuclient vin si lui trenclient une branche, et mettent un pot bien grant au tronçon de l’arbre, là où la branche est taillie ; et en un jour et en une nuit s'emplit ledit pot. Et est moult bon à boire. Et en y a de blans et vie vermaux '9. I.es arbres sont semblables à petis datiers. Et si taillent 1 quatre branches. Et quant la branche qu’il/. ont taillie ne gelte plus de cel vin, si arrousent d’aigue 10 la racine, et un pou apres recommence à geler (i i). Ilz ont moult grant quan-
•I Ms. A. font.
Froment, céréales. — *9 Du blanc et du rouge. . - — *° Eau.
rieur à la rédaction primitive , qui porte cependant un grand cachet de vérité, et qui n'a pu émaner oralement, ou par écrit, que de Marc Pol lui-méme. On y apprend que ce fut comme chef d'une expédition politique dans le* mers de l’Inde que Marc Pol fut obligé pur les mauvais temps de relâcher dans cette partie de Pile de Soumatra, avec deux mille hommes qu'il avait sous son commandement , et de s’y retrancher pour se soustraire aux attaques probables des indigènes. Ce fut sans doute pendant le cours de la mission dout il fut chargé par Khoubilaï Khaân, et dont il est question au chapitre XVII (p. 27), où il est dit : « Et eulretanl retorna « messire Marc d'Inde, qui estoit alé pour em- « basaor du Seigneur. » Il est à regretter , au point de vue historique , que Man* Pol ait gaidé une aussi grande réserve sur tout ce qui lui était pcrsonuel, et qui concernait eu même temps les missions lointaines dout il fut chargé par l’empereur mongol. S’il eût été moins réservé et moins discret, il nous eût appris bien des choses que les historiens officiels de la dynastie mongole de Chine ont ignorées et qu'ils ne peuvent pas nous apprendre.
(Il) Ce -vin de palmier est tiré d'un arbre que Rliumpb (Hcr barium Jmhomense) nomme Palma indien tin aria , et non du palma indien coccifera, comme ou le suppose ordinairement. 11 est aussi nommé Saguerus pinatus, dans les
Mémoires de la Société de Batavia. - Ex spadice m secto elicitur vinum et saccharum. Mcdulla « Irunci pra-hcl incolis alinientuui simile panis « Saga. »
Les botanistes disent aussi qu'il existe dans l'Amérique méridionale, également sous l’équateur, un arbre (le cocos butjracea de Linné) duquel les habitants retirent une liqueur vineuse abondante, en perçant assez profondément le tronc vers le sommet. Le marchand Soleyman, dans la relation de ses voyages, que nous avoua déjà citée, parle eu ces termes du vin de palmier, qu'il dit être obtenu par les habitants des îles Lendjebalous (Nicobar) : » Les habitants de « ces îles, dit il (t. I, p. 16, trad. de M. Rei- « naud) se rendent auprès des navires, dans des « canots faits avec uu seul troue d'arbre, et ils « apportent des cocos, des cannes à sucre, des « bananes et du vin de cocotier ( vin de palmier) ; * cette liqueur est d’une couleur blanche. Si on
■ la boit au moment où elle vient d’être extraite « du cocotier, elle est douce comme du miel ; « mais, si on la conserve une heure, elle devient
■ comme le vin ; et, s» elle reste dans cet état « pendant quelques jours, elle se change en vi- « naigrc. Les habitants échangent cela contre du « fer. -
la* moine Odéric dit aussi (C Histoire merveilleuse du grand Can , etc., feuillet 59, v°) :
- Rien pris de Java est une aullre isle qui a
tité de nois 11 d’Inde inoult grosses qui sont bonnes à niengier
fresclies 11 .
Or vous avons assez conté de cest royaume. Si vous dirons des autres.
Et quant l’en se part de ce royaume de Samara, si treuve l’en l'autre qui a nom d’Angrinan ’ (ia). Il est royaume par soy' ; et si
r Ms. B. Dangroian. Ms. C. Dragroriam . — ‘Le ms. C. ajoute : • cl ont langage par culz. «
*» Noix. — *> Fraîches.
« uom Mathnn (Soumalra) : au 11 renient nommée la femme sou mary. El se le pere ou la mere
- Calamasl. Lo roi de reste U le a dessoubz luy d'aulcun est malade, le filz s'en \a au prehstre « plusieurs grands seigneurs. Eu ce pays a ar- de leur loy et luy dit : ■ Sire, «liiez à nostre ■■ bres qui portent farine, et aucunes fois miel, « dieu et luy demande/ cl sachez se mon pere « el aucunes fois vitt... Les arbres dessus dit/. « ou ma mere csehappera de reste maladie; » » sont grans et liaultz et larges; on Us entame dont vont ensemble ce prehstre et ce lîlz a leur
- ung peu, et coppe on de celle coignce au pied ydolle, qui est d'or ou d’argent ; et luy font orai-
« de l’arbre; de celle taillenre ( entaiUe ) yst une son, et puis luy demandent se le malade mourra « manière de liqueur; etc. * de la maladie ou non. Le diable respond par la
Les noix d'Inde , dont il est aussi question bouche de l’ydolle selon la demande. Se il resdans le teste (/c cocos nueifera), sont trop cou- pond que le pere ne se mourra point : le Glz eu nues en Europe pour avuir besoin d'cxplica - prend songneusement garde iusques à tant qu'il lion. sera guary. Et se l'ydollc respond qu'il doibl
(12) Marsden adopte l'opinion de Yalenlyn et mourir, le prehstre vient au malade et luy met d’autres ancieus voyageurs, qui identifient ce une penne { fournit ) sur la bouche et l'nstainct nom avec celui de Indrngiri , ou comme on l’é- et le tue. I-c pere mort, le lilx vient et le coppc crit plus communément, Andragin, rivière con- par pièces; puis mande tous ses amys et les hesidèrable sur la côte orientale de l’îlc. Mais on raulx de la contrée; et à granl feste chantent et doit plutôt l'identifier avec un petit Etat malais, ballent ( dansent ) a grant solempnité; el tous les qui (selon le Siugapoor Chronicle , cité dans parens et les amys du mort, qui au menger ne YEoit India (iantteer de Walter Hamilton), est sont point appelez, en sont moult honteux, et se situé sur la côte nord de Soumatra, lequel se tiennent à moult vilennez el vergondez. nomme aussi : Indrogiri, » la montagne d’iu- * l)e cest affaire moult les resprenoye, en didra », limitrophe de Siak, et qui exporte des saut que ce estoit contraire à toute raison du quantités considérables de riz à Siuga|Mnm*. monde ; car chieus et loups ne mengeroienl pas
I-e* usages étranges que Marc Pol raconte des de leur semblable, se on leur en donuoit. Comliahitants du tojaumt 1 d’Angrinan , ou « Indra- ment donc ont gens raisonna h les couraige de ce giri », sont attribués par le frère Odéric de Foro faire? Ils répondirent : - Nous le faisons afGn Julii ou Frioul (lieu cite, feuillet 00, v*) à ceux que les vers ne le mciiguent ; car se les vers ronde l’ile de boudin (dans les mers de l’Inde). «De geoieut sa chair, son âme en suulTriroit plus reste islc (de Siilan, c’est-à-dire Ceylan) m’en grant peine. »
allay vers midy iusques à une grant isle qui a a Plusieurs a ultras merveilles sont en reste nom boudin. En ccsle isle a tresmaulvaisegenti islc que nul à peine vouldroit croire se il ne le
Ils mainguenl chair crue, et toutes manières veoit ; car en tout le monde n’a où l’en pnist d’ordures trouve on eu eulx et de cruaulte/ ; trouver tant de merveilles. Mais ie y visa mes car le porc y uictige le lîlz, le mary sa femme, et yeulx ce que ie escriptz. De ceste islc dema uday