CHAPITRE CLXVI
Cy dit de VitU Je Gavenis/iola cl Je celle Je Piecouran.
Quant l’en se part de l'isle de Jawa (la meneur) que je vous ay conté, et du royaume de Lambry , l’en va par tremontainne entour cent cimpiante milles, adonc treuve l'en deux isles, que l’une est appellée Necouran, et l’autre Gavenispola(i). Il/, n’ont nul roy, ne nul
a principalement euibarravsc les savants parce que Soumatra est plu» grande que Jasa. Mai» nous pouvons expliquer cela facilement. De son temps, Java était un empire puissant, et avait subjugué presque toute la côte orientale de Soumatra, outre un grand nombre d'autres îles. Les petits royaumes de Soumatra étaient sous la dépendance de Java, et leurs priners étaient la piiqiart originaires de Java, comme les familles de Palcmbang, Jambi et d'autres le sont de nos jour». Le nom de Java est resté, et la population qui était sujette de notre Java considérait naturellement eette dernière comme étant « Java la grande - (JlfoW-l'ara), d'où est arrivé que Soumatra est devenue « Java la mineure « ; Marco Polo ne connut certainement pas l'étendue réelle des deux Java. Je trouve aussi dans Ptoléméc qu'il connut plu» d'une Java. Il parle de trois îles nommée» dan» les cartes et les édition» de son livre : « Kabadiha* -, ou - Saladibu* ». Si la première leçon est la bonne, je pense que uous avons là le même nom « Jaliadiu ». S serait dans ce cas le représentant naturel de j (sanskrit dj), et C en grec. »
CLXVI. — (1) En suivant la direction indiquée par Marc Pol.de l’extrémité nord-ouest de Soumatra, après une navigation d'environ ceut cinquante mille» nautique», ou arrive aux îles N icobar, qui sont évidemment celles qu’il nomme Necouran et Gavènhpola. La seconde n’est citée que dan» notre ancienne rédaction, et dans la traduction italienne de la Crtisca. Ce nom de - Cavetiispola », que l’on devait prononcer Dja~
venhpolat est très-vraisemblablement le même que celui de l.emijrbalous de la
Relation de Soleytnan, de Maeoudi et d'autre» géographes arabe», lesquel», n’ayant pas l’articulation y j> dan» leur alphabet, la remplacent par te xJ />. D'ailleurs la description qui est donnée de ce» îles ne fait que confirmer celle identité. •« Près de ce» île» (Er-Ramin, etc.), dit MaçouJi (traduction citée, t.I, p. 338), août celles d'Klendjmnlous , où vivent de» peuple» d'une figure bizarre qui marchent eutièrement nus... Près de là se trouvent les iles And.uuan (dont il sera question dans le chapitre suivant). Elles sont |wupléc» par de» uoirs d’un aspect étrange ; ils ont de» cheveux crépus et le pied plu» grand qu’une coudée. Il» ne possèdent pas de barques ; il» dévorent les cadav res que la mer jette sur leurs côte», et traitent de même le» équipages que le hasard fait tomber entre leurs mains. » t
Il est dit aussi dan» la Relation de Soleymaii (traduction de M. Reinaud, t. J, p. 8) : « Après cela viennent les îles l.endjebulous. Ces iles ■mûrissent un peuple nombreux. Les homme» et les femmes sont mis; seulement le» femmes couvrent leurs jkurtic» naturelles avec de» feuille» d’arbre», etc. »
La description de l’ile de Lamory du Frère Odcric, parait aussi s’appliquer à celle de Necouran de Marc Pol. « De ccste contrée de Montbar, dit-il ( lieu cite, feuillets Iviij-lix), m’en alla» ver» inid» par la mer ocecau cinquante iouruci». Si
seigneur; mais vivent comme beste. Et si vous di qu'ilz vont tous uuz, et liommes et femmes, que ilz ne se cueuvrent 1 de nulle riens du monde. Et sont idles Et si vous di que leurs Iki stages tous sont d'arbres nobles et de grant vaillance. Ilz sont de cendel 5 et de nois d’Inde “ ; et de garofles 11 et de bresil ; et de [doseurs autres bonnes espices.
Autre chose n’y a qui h conter face. Pour ce nous en partirons, et vous diray d'une isle quia nom Angauianain.