‹ Le livre de Marco PoloChapitre 193 sur 357 · CHAPITRE CLXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXVII

hommede ceste isle de Angamauain ont cliief connue eliiens ; et dens, et yeux aussi ; car luit semblent, de visaiges, cl liens mastins

S'ils avaient des barques ils mangeraient tous les hommes qui passent dans le voisinage. »

Le F. Oderic, que nous avons cité précédent* ment, et qui écrivit sa pérégrination trente ans après Marc Pol, parait avoir eu en vue les habitants de la même île, dans celle qu'il nomme Haruméran , dont le nom ressemble plus à celui de Néeouran, mais dont la description qu’il en fait s'applique plutôt a celle d'Andaman.

« De ce royaulme de Campe, dit*il [lieu cite, feuillet la), nous allasmc* vers midy. Si Irouvasmes plusieurs isles, dont l’une est nommée Bacumeran. Ceste isle a bien deux mille milliers de tour. Les gens y ont visaige de chiens comme hommes et femmes. Hz adorent ung beuf pour dieu ; et pour ce , c hase un de eulx porte sur son chief un beuf «l’or ou d'argent en signe que ce beuf est leur dieu. Trestous y vont nudz et hommes et femmes et ne portent fors une touaille dont ilz couvrent leur vergogne. Il/, sont tous noirs cl sont tresc ruelles gens en bataille. Et si ne porte riens armez en bataille for* ung graut escu qui les rouvre du chief iusques aux pied/. Quant ilz preignent en bataille aucuns qui ne se peult racheter, ilz le mengeuent tautost (aussitôt).

« Le roi de ce pays porte en sou col une rangée de grosses perles ainsi que sont une* patinostres d'ambre ; et par ces perle* il compte ses oraisons ; car il fait chasctin jour plus de trois centz oraisons. Le roy porte en lieu de ceplre ung graut raini qui a ung espan de long et semble eslre une flamme ; c’est le plus noble et le plus précieux qui soit en tout le monde. Le Can de Cathay a trouvé seure voie à ce royaume. «

Le « collier de perles » du roi, sur lequel il fait ses « oraisons », est le «collier bouddhique » dont il sera question au chapitre 169.

Le journal la Patrie a publié , dans son numéro du 31 août 1863, une lettre fort curieuse désir Robert Titler, suriiiteiulant des îles Audamans, laquelle lettre a été écrite de Port-Blair l'nnr de ces Iles , et porte la date du 3 mai 18f>3. Nous en extrayons les [tassages suivants:

« Les îles Andantaus forment un groupe important situé dans le golfe du Bengnle.

« On y trouve tour à tour des montagnes larges et basses, et des jongles épaisses, ou l'on tte pénètre qu’avec de grandes difficultés.

« Les terrains marécageux engendrent dans les vallées une quantité de miasmes, et une malaria, véritable fléau du magnifique archipel.

« On ne se doute pas des produits importants que ces îles pourraient fournir à l’industrie. Le fer et le cuivre y abondent. La faune et la flore y présentent un caractère particulier, quoiqu’on y rencontre Iteaucoup d'espèces qui existent chez les Birmans , à Madras, et même à Java et à Cev lan.

« Les aborigènes ne sont pas les moins curieux de ces espèces. Ils appartiennent à une race vigoureuse et trapue, aux formes épaisses, à la taille peu élevée, composée de femmes petites comme des enfants , et d'hommes qui ramutnl atteignent la taille de cinq pieds (un mètre soixante).

« La couleur de leur peau, d'on noir foncé, leur chevelure courte et très-laineuse, leur nez médiocrement plat, leurs lèvres assez fines, leur donnent mie physionomie caractéristique, et qu ne se rencontre qu'aux seules îles Andamaus. Ils vont entièrement nus, et vivent par petits groupes de vingt à trente personnes.

« Leur population s’élève à quinze ou vingt mille âmes pour tout l’Archipel.

« Leurs armes consistent en arcs et en flèches d'une grande force. Ils possèdent des canots et se bâtissent de petits hangars qui leur servent d'abris temporaires, et qu'ils abandonnent chaque fois qu’ils se transportent d’un endroit à un autre pour pécher.

« Us fabriquent leurs filets avec des fibres végétale*, se montrent de très-habiles pécheurs et nagent parfaitement.

« Le cochon sauvage, le poisson, les coquillages, les crustacés , les fruits des bois, constituent leur nourriture.

« 1-es étrangers ont beaucoup de peine à entrer en rapport avec eux, et presque toujours leu r caractère faux et perfide et leur amour du vol provoquent l'effusion du sang.

« Ils sont d’une humeur enfantine, témoignent

grans. II/, ont espiceries assez; et sont moult cruel/ gens, car il/, menguent tous cculx qu’ils pevent prendre, puis 1 qu’il/ ne sont de leurs gens. Hz vivent de riz et de char et de lait; et si ont fruit devises 1 des nôtres.

Or vous av conté de eeste génération de gens, pour ce que bien fait à conter en notre livre. Si vous diray avant d’une isle qui a nom Sedan, si connue vous pourrez oyr.

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