CHAPITRE CLXVIII
grnni value que à paines le pourroit on paier de nionnoie. Et sachiez que le grant kaan y envoya ses messages et lui manda que, par courtoisie, il lui vendist ce rubis et qu’il l'en prioit moult ; si qu’il lui feroit donner pour celluy rubis' la value d’une cité ou tant comme il vouldroit.
Le roy ' lui respondi que pour nulle chose du inonde il ne le vendrait, pour ce qu’il fu à ses ancestres (5).
Ilz ne sont pas gens d’armes, ains sont chétif et vil. Mais quant ilz ont besoings de gens d’armes, si les ont d’une autre contrée qui sont Sarrasins (6).
Encores sachiez qu’il y a en ceste isle de Sedan une moult liaulte montaigne ; et est droite, et si roiste 9 que nulz ne puet monter dessus, fors que en ceste maniéré que ilz. ont fait prendre pluseurs chaînes de fer grans et grosses, et si ordonnées que par ces chaînes montent les hommes là sus (7). Et vous di que ilz dient que
t Ms. B. rubin. — - S Id. U roys .
0 Unifie.
née par lui à Thiéhaull de Ccpojr), a réuni en un seul chapitre tout ce qui concernait l’ilc de Ceylan.
(T) Ces e haines pour s'aider à monter sur le « pic d'Adam >• existent encore aujourd'hui; on peut les voir figurées dans une vignette de l'ouvrage du major Forbes (E/even years in Ctjlun, t. I, p. 178), qui représente ce même pic, dont il üt l'ascension, et qu’il décrit ainsi :
•* Du tombe mu du pelerin , nous pouvions apercevoir nos guides portant leurs sacs de nuit et leurs provisions nécessaires, qui ne s'aidaient nullement, même aux endroits les plus escarpés, du secours des chaînes, dont ils peuvent se passer par suite d’une longue habitude qu’ils ont de gravir ainsi le pic , n’ayant point de chaussures à leurs pieds.
«1 Poursuivant notre route, le passage devint très-escarpe, et deux ou trois chaînes nous prêtèrent leur assistance, dont, quoique utile, nous aurions pu nous dispenser, lorsque nous arrivâmes tout à coup à un endroit où nous fûmes obligés de tourner à gauche sur le bord d'un redoutable précipice. Met sentiments, à cet en-
(5) On doit sup|M)ser que c’est Marc Pol luimême (dout le père et l’oncle étaient de grands négociants en pierres précieuses, voir chap. I et II, p. G et 7), qui, dans l’une de ses missions, fut chargé par le graud khaân de celte négociation, dont le caraclcre du souverain mongol et la véracité bien démontrée de Marr Pol ne permettent pas de douter. La description enthousiaste qu'il fait dudit rubis ne peut être que celle d’un témoin oculaire.
(6) I.a partie qui suit de ce chapitre, concernant encore l'ile de Ce)lan, se trouve séparée dans le texte publié par la Société de Géographie de Paris, ou il forme le 1*8* chapitre, la partie qui précède formant le 173*. Le texte italien de la Crusca, qui est iiue traduction du précédent, forme aussi de cette secoudc partie un chapitre à part, le 153e. Il en est de même dans ltamusio. Cette dernière disposition, qui n’avait pas de raison d'être, et qui était évidemment une erreur des premiers copistes , ne se trouve pas dans les trois manuscrits de notre rédaction, dans laquelle U* réviseur ( très-probablement Marc Pol lui-même, puisque c’est la copie don-
sur ceste montaigne est le monument d’Adam notre premier pere; et ce dient, les Sarrasins. Et les ydolastres1* dient que c’est le monument du premier ydolastre ‘ du monde, qui ot IO nom Sagamoni borcam ' (8), et tiennent «pie il feust le meilleur homme du monde,
b Mss. A. el B. — » Ml. A. Scrgamon borcam. Ms. B. Saga mon borcam. Ms. C. Sargnmonyn borcam.
«° Euf.
droit, auraient pu être sublimes, puisqu’on assure que la terreur en est une des plus grandes sources ; ils ue furent certainement pas agréables pour moi. Mais, les refoulant aussitôt en moi-même et saisissant fortement les chaînes de fer, eu peu de miaules j'arrivai au sommet. Les aroidents pour ceux qui gravissent oc point si escarpé ne sont pas ainsi communs que Tou pourrait s’y attendre, grâce à Pactise intrépidité des guides, avec le secours desquels plusieurs dames ont accompli cette ascension; et même un prêtre âgé y a été porté dans un léger palanquin.
« La hauteur du pic est de 7,120 pieds audessus du niveau de la mer; et son sommet, d’une forme elliptique, ayant 70 pieds en longueur sur 30 en largeur, est entouré d’un mur de 6 pieds de hauteur. A l’intérieur de re mur un espace uni, d’une largeur irrégulière, e.sl ménagé tout autour, et le centre, est occupé par l’aiguille ou sommet de la montagne, qui est une roche de granit solide d'environ neuf pieds de haut, daus le point le plus élevé; c’est sur ce pic qu’est le Srf Pada (P# empreinte du pied sacré »).
« Probablement Snmana (d'où Samanta-konta et Samatt-a/a), dont la moutagneet le Pie portent le nom, pourrait avoir un droit de priorité; mais le Sri Pada est maintenant considéré par les bouddhistes comme une trace commémorative de Gautama bouddha ; les Mahométans prétendent que c’est celle d’Adam ; et les habitant* du Malabar, ainsi que d'autres Hindous, soutiennent que ce fut Si va qui imprima là une faible exagération de son pied divin. -Cette empreinte révérée a à pieds 7 pouces de lougueur sur 2 pieds 7 pouces de largeur; et la trèslégère ressemblance que celte empreinte porte avec la forme d’un pied est donnée par une Imrdure en plâtre coloré qui ressemble au rocher. »
L’histoire officielle des Ming {Ming s te), citée daus la Notice sur « Ce vlan », de la grande Géographie iiiqM-rialc, que nous regrettons de ne pouvoir donuer ici tout entière, dit : « Sur le rocher de la montague en question (le Pic d’Adam) il y a une •• empreinte de pied » (fsoii-ht) à laquelle on donne trois pieds de long ( tchéng son tchï hlu). Les anciens ont dit que F6 vint de Tltsoui-làn-sou (« petite île de Tiéuï-lân ») sur ce rocher, pour y laisser l’empreinte de son pied. C'est pourquoi relie empreinte de pied existe depuis si longtemps. Au milieu de cette empreinte il y a une légère couche d'eau, qui ne se dessèche ni ne tarit pendant les quatre saisons de l’année. Tous ceux qui sont à la portée y trempent leur main pour en bassiner leurs yeux cl laver leur visage, disant que l’eau de FS purifie et enlève toutes les souillures. Au bas de la montagne il y a un temple, de lionzes {Sing ne) qui disent posséder le véritable corps de Che-kin (Houddba). Il est étendu couché sur un lit ; à scs côtés sont des dents de Ko avec di s che-li (en sanskrit s' art ru, » reliques», parcelles d’un corps). Selon une tradition conservée, c'est là le lieu où Fô se serait absorbé dans le Nï-pàn (en sanscrit turvât/a, - cessation de tout souffle »). Le trône sur lequel sa statue est placée le représentant assis est comme englouti au milieu des parfums de toutes sortes dont elle est entourée et des ornements de toutes natures eu pierres précieuses de toutes couleurs dont elle est chargée, etc. »
(8) Ce nom est hybride ; la première partie, Sagamoni, est la transcription exacte du nom de Bouddha, en sanscrit S'àkramouni , « le saint religieux de la famille royale de S'akya », auquel Mare bol a joint le terme inougol bottrkhan , qui siguifie Dieu, être divin, et quelquefois seulement saint. D'après les récits qu’on fit à Marc