SS
et que il fu saint selon leur usage1. Et fu filz, selon leur dit, d’un leur roy granl et riche. Et fu de si bonne vie que il ne voult 1 1
i Ms. C. usance (manière de voir).
*• Foulai.
Pol du culte rendu à S'dkya mouni, et de la vénération que professaient pour lui ses sectateurs, il a ajouté à ce nom celui de bourkhan , •• Dieu en mongol, langue qui lui était familière. Il a écrit ce nom avec la terminaison m, comme celui de Kha&n par Kaam , parce que cette finale représentait pour lui le même son que le n dans notre mot an.
Tous les écrivains musulmans qui ont parlé de Ceylan n'ont pas manqué de rapporter la tradition propagée cher eus de « l’empreinte du peid d’Adam >* conservée sur le pic qui porte ce nom. On lit dans la « Chaîne des chroniques » ou n Relation du voyageur Soleyman » (t. I , p. 5 de la traduction de M. Reinuud) : « La deruière de ces îles (de l'Inde, en venant de Chine) est Serendyb (un des noms de Ceylan, de S' ri Bamn, - Bienheureux Rama -, et dvipa , « île - ; île du héros du Rdmiiyana, qui, selon (’almili , fit la conquête de l’ile de Lanlti (ou Ceylan), sur lu mer de Herkcnd (l'Inde) ; c’est la principale de toutes. Auprès de Serendyb est la pêcherie des perles. Serendyb est environnée tout entière par la mer. On remarque dans Me une montagne appelée Al-rohoun, sur laquelle fut jeté Adam; sur lui soit la paix! La (race de son pied est marquée sur le roc qui couronne la montagne , gravée dans la pierre, à son sommet. On n’y remarque qu’un seul pied; il est dit qu’Adain plaça son autre pied dans la mer. On ajoute que le pied dont la trace est empreiute au haut de la montagne est d’environ soixante et dix coudées de long (!). Autour de cette montagne est la mine de rubis rouges et d’hyacinthes. L’ile est grande et large, et elle produit de l’aloés , de l'or et des pierres précieuses. »
On lit aussi dans la Relation d’un autre voyageur arabe, Ibn Batoutah, postérieur à Soleyman d’environ cinq cents ans (la rédaction du voyage de ce dernier ayant eu lieu, selon M. Reinatul, en 851 de notre ère, et celle du premier vers 1351), une description du - pied d'Adam -
que nous ne pouvons nous empêcher de citer , en employant la traduction de MM. Defrémery et Sangiiiiictli ( Voyages tf ibn Hatoutah, t, IV , p. 181) : « La marque du noble pied , celui de notre père Adam, se voit dans une roche uoire et haute et dans un endroit spacieux. Le pied s’est enfoncé dans la pierre, de sorte que son emplacement est tout déprimé; sa longueur est de onae empans. Les habitants de la Chine y vinrent jadis {*) ; ils ont coupé dans la pierre la place du gros orteil et de ce qui l’avoisine (**),et ont déposé ce fragment dans le temple de la ville de Xéïloàn (Tsen-ihoung ou Thstourn-tchéou), où ils se rendent des provinces les plus éloignées. Dans la roche où se trouve l’empreinte du pied, ou a creusé neuf trous, dans lesquels les pèlerins idolâtres déposent de l’or, des pierres précieuses et des perles. »
Le même voyageur parle aussi des chaînes dont se servent les pèlerins (elles curieux) pour arriver au sommet du pic : h Les anciens, dit-il (//>., p. 180), ont taillé dans le roc des espèces de degrés, à l’aide desquels on monte ; ils y ont fiché des pieux de fer, auxquels on a suspendu des chaînes, afin que celui qui entreprend l’ascension puisse s’y attacher. Ces chaînes sont au nombre de dix, savoir : deux an bas de la montagne, à l’endroit où se trouve la porte; sept contiguës les unes aux autres , après les deux premières ; quant à la dixième, c’est la chaîne de la profession de foi (musulmane), ainsi nommée parce que l'individu qui y sera arrivé et qui regardera en bas de la montagne sera saisi d’hallucination, et, de peur de tomber, il récitera les mots : « J’atteste qu’il n’y a d’autre Bien que Dieu, et que Mahomet est son prophète. »
p, l> fuient pnil'ik^mmi le* imtniuiirim envoyé* par KboubilM-Kh«tn, 1 1 dont «t r*| qontioa (font fr ctia|iilr« de Marc l'ol.
i M) CV*t li p olnblrmrnt la raa»? de la ilrforaiatlon oc* turllf de l>mp» vlnlc do pi rd . «lut , «elo*i VI. ForUet (note ci» ili uni} , a lit mtanrC* av*r du pUlre auq-rl on a duonrf h rimlrui dr la plïire miuif dan» la<|>irll« k trouve l'cinprrlnM en q'iotton. ^
oncques entendre ans choses mondaines, ne ne voult 11 estre rois. Et quant son pere vit qu'il ne voult estre rois, ne qu’il ne vouloit à
l’oulut.
Ce n’est pas seulement à Ceylan que les bouddhistes révèrent une empreinte du pied de Bouddha. Colebrooke a publié uue inscription sanskrit»- (Miscellaneous Essays, t. Il, p. 315) trouvée dans un temple de la secte des bjaioas, dans le Bébar méridional, qui consacre le souvenir de l’érection daus ce même temple d'une tablette |>ortant V empreint* du pied de « Gaut.ima Swami (Bouddha), » dont les chrétiens de l'Inde ont fait, depuis, l’cmpreintc^du pied de saint Thomas, l’analogie du nom se prêtant à cette supposition.
L'une des plus anciennes mentions historiques de l'empreinte du pied de Bouddha dans l’ile de Ceylan est celle de Fa bien, dont la Relation des royaumes bouddhiques (Foi koüe ki) a été traduite du chinois par M. Abel Rémusat (Paris, 1836). On y lit au chapitre contenant la « Description du royaume des Lions (p. 332 et suis.) : « Quand Foe vint <lans ce pays, il voulut convertir les mauvais dragons. Par la force de son pied divin, il laissa Y empreinte d'un de ses pieds au nord de la ville royale, et Y empreinte de l’autre sur le sommet d’une montagne. Sur le vestige qui est au nord de la ville royale, on a bâti une grande tour liante de quarante tchang (147 mètres). Elle est ornée d’or et d’argent, et les matières les plus précieuses sont réunie» pour former les parois. On a encore construit une Seng kia tan (•• monastère bouddhique ») qu'au nomme la Montagne sans crainte. 11 y a cinq mille religieux. On y a élevé une salle à Foe, avec des ciselures d’or et d’argent. Parmi toutes les choses précieuses qu'on y voit, il y a une image de jaspe bleu, haute de deux tchang (7 m. 30 c.); tout sou corps est formé des sept choses précieuses ; elle est étincelante de splendeur et plus majestueuse qu’on ne saurait l’exprimer. Bans la main droite elle tient une perle d'un prix inestimable...
« Dans la ville ou a encore construit un édifice pour une dent de Foc; il est entièrement fait avec les sept chose» précieuses... La dent de Foe est eoininuuéuirut exjio&cc au public au
milieu de la troisième lune. Dix jours auparavant, le roi ayant choisi avec soin un grand éléphnut, envoie un prédicateur qui, revêtu d’habits royaux et monté sur l’éléphant, frappe du tambour et déclame en disant î « P hou- sa a (Bouddha), dans le cours de trois A seng ki
* (Vasankhya, « le nombre incalculable », équi- •i valant à « cent quadrillions ») a pratiqué des n austérités, sans ménagement pour sou corps «* et sa vie. Il a abandonné la reine son épouse ; « il s’est arraché les yeux pour les donner à un a homme ; il s’est coupé la chair pour racheter a un pigeon; il a sacrifié sa tête pour faire l’au- « mène; il a jeté son corps à un tigre affamé, « et u'a pas épargné la moelle de ses os. C’est « ainsi, par des austérités de celle espèce, et en <i pratiquant des macérations pour tous les êtres « vivants; c’est ainsi qu’il est devenu Foé. Pen- « dnnt quarante-neuf ans qu’il fut dans le siè- « de, il prêcha la loi et convertit par la doc- « trine. Ceux qui n’étaient pas fermes, il les a
* affermis; ceux qui ne connaissaient pas de « règle*» eu connurent. Tous les êtres vivants a étant ainsi sauvés, il entra dans le .\i-houan a (le jVf/*»wï«‘rt). Depuis le Ni-houan, il s’est « écoule 1497 ans (*). Quand les yeux du Siècle a furent éteints, tous les êtres vivants éprouvèa rent une grande douleur. » Dix jours après , la dent de Foé est portée à la chapelle de la Montagne sans crainte. »
l’our de plus amples informations sur cette relique de Bouddha et sur ses vicissitudes, on peut consulter un curieux article de M.Turnour iulitulé : The Tooth relie of Ce) Ion, inséré dans le Journal of the Asiatic Society of Calcutta (vol. VI, p. 859 et suiv.), où il établit, d'après des iuscriptions et d’ancirus ouvrages cinghalais, écrits primitivement en élu (ou ilou , qui était le dialecte primitif des écritures bouddhiques de File de Ceylan), que la relique en question fut apportée à Ceylan la neuvième année du règne
<*) F»'ll>*n te tiouvant à Cf) Un ite «10 à «il df noir* *r*,
■I m ■r,iilt<r»n r|i.r la mort de ILtuiMiu •< i.il ir|H>tsér ■ i«l) ou luli »».iut noir* «r*.
CHAPITHE CLXVIII.
nulle chose entendre, si en ot 13 moult grant ire, et l'assava avant de gratis promesses. Mais il n’en vouloit riens ; si que le pere en avoit moult grant douleur; et d’autre part aussi1 pour ce que il n’avoit nul/, autres lilz que lui, à qui il peust laissier son royaume apres sa mort. Si pensa le roy, et fist faire un grant palais, et leans , J (ist mettre son fil/., et le l’aisoit servir à moult de pucelles les plus belles que il povoit oncques trouver. Et leur commanda que elles jouassent avecques lui toute jour et toute nuit, et que elles chantassent et dansassent devant lui, à ce que son cuer se peust traire ,B aux choses mondainnes. Mais tout ce n’y valoit riens ; car il disoit qu’il vouloit aler cercliier celluy qui ne mourra jamais ; et que il veoit '' bien quechascun qui est en ce monde convenoit mourir ou jeune ou viel (9}. Si 11e list autre chose une nuit, fors que pri-
v Ms. B. assy.
•J El il. — 'l L'assaillit, le tenta, t'obséda. Le ms. C. porle : Cessaia. — >s Ist. — 16 Alti* rert laisser prendre . — *7 / 'oyait.
de Sirimegha-wanno, qui s'étendit «le l'année .302 de noire ère à l’année 330, ce qui donne la date de 310. Par une circonstance singulière, M. Turnour s’est trouvé gardien ofliciel de ladite dent, pour le gouvernement anglais, depuis l' année 1828 jusqu’à sa mort ; et eu 1837, l’exhibition solennelle de ces mêmes reliques avait eu lieu trois fois sous sa conservation.
(9) L'auteur de notre rédaction, ou son copiste, a omis ici un passage qui se trouve dans le texte de la Société de Géographie {p. 21G), passage d'autant plus important, au point de vue historique et philologique, qu’il se trouve près* que avec les mêmes termes dans les ou v rages bouddhiques, entre autres dans le I.alita-vutâra, qui est , en sanskrit , l'histoire légendaire de Bouddha. Voici repassage (p, 2 IG ; et ms. fol. 85 v*) :
« E si vozdi q’il estoit si délire (studieux) d.i- « moisiaus qc il ne estoit unques osi (sorti) don « palais, ne ne avoit unques veu home mort, « ne nul autres qe ne fust sain de sez membres :
■ car le paire (pire) ne laisoil aler nul vians
■ ( voyageur) en nul desert homes devant lui. • Or avilit qc eestui damesiaus ehevauehoit un <* ior por mi la vie, et adouc vil un home mort.
« Il eu devint tout evbaïs con celui quejamrs « n’en avoit veu iiulus. Il demande maintenant « à cries qe avec lui estoieut qe couse ce estoit « (quelle chose c’était»), et ccli le distrent qe « ce estoit un orne mort. Cornant, feit le lilz an « roi, donc morent luit les homes? Oil, voire- « niant, font celz. Adonc ne dit ren le damoi- « saus , e qucvauchc avant moult pensif. Et « après ce ne ot chevauchés grauient q’ii » t « trové un moût v ielz orne qe (ne) poil aler. et ne « avoit dons en boche , inès les avoit t* !t perdu « por grant veiliesse. Et quant les f.i au roi vit « cellui viel, il demande qe cher .a? «celui estoit, « et por coi (jionrquoi) il n» puet aler; et eelz « qe o (arec) lui estoient !i distrent qc por veil- ■ lesse ne se poil aler, c por veiliesse a perdu « les drus. Et quai t le lilz au roi ni bien en- « tatulu dou mort et dou vielz, il se tome à son «> palais et dit à soi meesmi qe il ne dcmoroul « plus en ceist? niauveis seiele (sicc/e, monde), n niés dit qu’il ira chercicr celui qe ne muert » j.imes, et relui qe le ot fait. »
Duel naii et admirable récit!
La ver iou latine de la Société de Géographie (p. i ÔU) reproJuit ainsi ce même passage :
veernent se party (lu palais , et s’en ala aux gratis inontaignes et moult desvoiables. Et illec 1 denioura moult lionnestement, et
1 Ms. À. illeuc.
• Et isle tantum strierai reclusus in domo quod « nunquam viderai aliquem niorluum nec alih qtiem infirmum sive nialalum. Conlingit otim tem quod quodam die, eum rex c<|uitaret cum
- isto lilio suo, et filius vidrret porluri quemdam « hominrm mortuum, cum roullitudine magna « plorantium. lime dixit palri suo : Pater, quid
* est hoc? El iile dixit quod erat unus liomo
- mortuus; et ille lotus obstupuit, cl dixit ite-
- mm patri : Pater, numqiiid omnes homine*
- inoriuntur? Et paler dixit quod sic, et fdius
- nichil dixit, nisi quod totus remansit cogita- « tivus. Sed cum equit.iret ulterius, invenerunt
- quemdam aenem qui non poteret ambulare et
- periiiderat omnes dentes. Et fdius revenus est
- ad palatium suum (*), et dixit quod uolehol
- morari ulterius in isto mutido maligno ; sed m dixit quod volebat ilium qua-rere munduin in
* quo non moritur aliquis unquam vel sencscit. *•
Et ce fils de roi, que son père axait entouré de toutes les jouissances et de toutes les séductions du monde, les abandonne immédiatement, avec la résolution la plus persévérante et la plus héroïque qu’ait jamais inspirée l’amour de l’humanité. Et, avec le manteau et la sébile du mendiant, il commence une nouvelle vie de souffrances et d’épreuves, au milieu desquelles il crut découvrir le salut du genre humain. On ne doit pas s'étouncr si Marc Pol termine ce récit par ces belles paroles, que « s’il eût été chrétien « il seroit un grand saint avec Noire-Seigneur ■ Jeliésu Christ, à la bonne vie et bonnette qu'il
* mena.1 • Marc Pol a donc devancé de cinq siècles tous les Européens dans la connaissance de ce grand réformateur dont la doctrine est maintenant répandue dans toute l’Asie, et pratiquée par quatre cents millions d’âmes !
Le j tassage que nous venons de reproduire en note n’a pas été retranché sans intention par les copistes. Il ne se trouve que dans les deux textes mentionnés ci-dessus, et dans la traduction dite « de la Crusca, * publiée par Ikldelli boni
(*) Il y B Jri MUttnincnt un* Ucrnr.
(p. f 85). Il n’est pas dans Ramusio ni dans aucune autre édition connue.
On lit dans V Histoire du Bouddha, Çakyamouni, traduite du tibétain par M. Foucaux (Paris, 1848, p. 182 et suiv.) :
« Alors le Bôdhisattva (« l’être uni à Y intelligence, bouddha »), avec une suite nombreuse, par la porte orientale de la ville (de Kapilavas tou) , se dirigea vers la terre du jardin de plaisance. En ce moment, par la puissance du Bôdhisatlva lui-même, un homme vieux, cassé et décrépit, aux veines et aux nerfs saillants sur le corps, aux dents branlantes, le corps couvert de rides, chauve, penché, courbé comme la solive d’un toit, abattu, appuyé sur un bâton, à la force épuisée, à la jeunesse fanée , articulant du gosier des sous désagréables, le corps tout incliné sur son bâton, tous les membres et les articulations tremblants, fut montré sur cette route par les dieux Çouddhàvnsakâyika».
« Le bodhisaltva, en l’apercevant, dit à son cocher : Qu'est-ce, cocher, que cet homme sans force et de petite taille, aux chairs et au sang desséchés, aux muscles collés à la peau, à la tête blanchie, aux dents branlantes, au corps amaigri , qui , appuyé sur un bâton, marche avec peine et en trébuchant? I.c cocher dit : Seigneur, cet homme est accablé par la vieillesse ; ses sens sont affaiblis ; la souffrance a détruit son énergie ; il est dédaigné par ses proches et sans guide ; inhabile aux affaires, il est abandonné duns la forêt comme un tas de bois. Le Bodhisaltva dit : Est-ce la loi de «a famille ou bien la loi de toutes les créatures du monde ? Parle, dis promptement ce qui eu est. Après avoir appris ce que cela signilie, je réfléchirai sur l'origine ds ces choses. Le cocher dit : Seigneur, ce n’est ni la loi de sa famille ni la loi du royaume. En toute créature la jeunesse est vaincue par la vieillesse; il n’jr a pas d’autre issue j mi ii i’ les créatures. Le bî»dlii*attva dit : Ainsi doue, cocher, la créature faible et ignorante, au jugement mauvais, fière de sa jeunesse qui l'enivre, ne voit pas la vieillesse. Pour moi, je m’en