CHAPITRE CLXIX. oui
Inde qui soit; et si est de la terre ferme. Et sachiez que en ceste province a .v. rovs qui sont freres charnels. Et si vous dirai de
$. Thomas compte parmi ses habitants beaucoup de Sarrasins. Ce dernier Irait, joint à ce qui concerne l’importation des chevaux, prouve les relations fréquentes que les Arabes entretenaient avec le Mabar, c'est-à-dire avec la côte du Coromandel, comme l'a fort bien observé le célèbre d'Anvillc. Le royaume de Var de Marc Pol est, suivant toute appareuce, le Marava ou Maravar.
« Quant au mot Mabar, ajoute M. de Sacy, on a douté si c'était un mot arabe, ou une altération du nom indien Maravar ; mais comme ce mot renferme un ain et a d’ailleurs une forme purement arabe , je regarde comme certain qu’il appartient à celle langue. Mabar y** signifie en arabe passage, lieu par où l’on passe ; et les Arabes auront ainsi nomme la côte orientale de la presqu’ile de l'Inde à cause du passage entre le continent et l’ile de Ceylan. »
On lit dans les - Fastes universels de la Chine » (fj lai Ai sse nien p'iao, k. 07, 98, 99) :
Année 1279 : • Tchen-tcliing(\a Cochinchine), Ma-pa-'rlt et ‘An-ndn (le Toung-king) : ces trois rovaumes apportent des tributs aux Yueu (Mongols). »
Année 1280. - Le royaume de Mà-pa-'rh envoie un ambassadeur apporter son tribut. » Année 1284. « Mà-pâ^rt i envoie un ambassadeur apporter son tribut. <■
Année 1281t. « Mà-pd-'rh et dix autres royaumes (au nombre desquels se trouve Sou-men ta- la ou Soumatra) , comprenant tous ceux qui sont situés au-delà de la mer, par suite de l’injonction réitérée qui leur avait été faite par (le commissaire impérial) Yang Thing-pi , vinrent tous ensemble apporter leurs tributs. »
Année 1288. - Ma-pa-‘rfi envoie un ambassadeur pour sc rendre à la cour. »
Année 1314. « Màpd-*rh. Le chef de ce royaume, Si-la-mon-ttng, envoie en qualité d’ambassadeur JVgaï-sse-ting apporter les tributs manquants, consistant en productions du pays. » Dans tous ces passages des Annales chinoises, le Maabar est considéré comme un royaume. Quel était ce royaume? La situation qu'il occupait dans le sud de la péniusute indienne est bien déterminée; il devait comprendre la Uav-
2(ovo; ’/wp* ou « Pandionis regio » des géographes grecs et latins, qui n'en ont pas fixé l'étendue, mais dont la capitale, nommée Modoura par Ptolémée (Mô^oupa, fSaifiuiov Tlavdtovo;, VH, 1 , 89), aujourd'hui « Madouré - (lat. 9° 55'; long. 75° 48'), était alors considérée comme une grande ville, et par conséquent comme le siège d'un empire puissant.
On sait que, sous le régne d'Auguste, une ambassade de ce même royaume se rendit à Rome; car on lit dans Slrabon (édit. I)idot, p. 585, 24) : KxxtïOsv il àç' bi; tohou xal 7iap'ivô;^aaiXs(ü;, Uav&ovcc, xod cEXXoo Ilcapou, r.xev o>c Kafoapa tôv Ee&kttôv 5üpa x«i irpc- <x6sîa xal à xaraxavaa; iavixiv ooçv-
<rtê,ç Tvîé;, xaQairep xal ô KdXavo< ’AXeEâvàptp rrjv Toiaûrr]v Qsav im&eilaptvo;. « India' au- « tem uuo tantum ex loco et ab uno tantum
* rege, Paudione (vel sccundum alios, Poro) le- « gatio ad Augustunr venit imperatorem cum « inuneribus, et sophista Indus, qui se A t bruis a combussit, quemadmodum ctiarn Calanus id
* spectaeuli Alexandra exhibucrat, ».
Plusieurs conséquences peuvent être tirées de
ce passage de Slrabon, qui se plaint de la pénurie des renseignements qu'il avait pu se procurer sur l'Inde, les historiens de l'expédition d'Alexandre *c contredisant souvent, et les marchands qui de son temps trafiquaient avec l’Inde, de l’Égypte, par le Nil et le golfe Arabique, n'allant pas au-delà du Gange, et n’étant que des hommes sans instruction , iâiûvat , nullement propres à donner, dans leurs relations, un aperçu de l'histoire des lieux qu’ils étaient à même de visiter. La premièie, c’est que le royaume des Pàndimu, à l'époque d'Auguste, était un des plus puissants et des plus civilisés de l'Inde, pour envoyer uue ambassade à Rome chargée de présents; la seconde, c'est que cette ambassade du royaume des Pàndioos était très- vraisemblablement la même que celle mentionnée par Flonis (1. IV, § 12; voir notre histoire des Relations politiques de la Chute avec tes puissances occidentales , etc. Paris, Didot, 1859, p. 19), lequel place près de l'équateur le royaume de l’Inde qui envoya cette ambassade venant à la suite des
cbasciin par soy. Elle est la plus belle et la plus noble province du monde.
Au chief de la province régné un de ces cinq roys freres, qui est rov couronné , et a nom Sonder bandi davar (2). El en son régné
Chinois : ■ Seres etiaiu habitantesôuc sub sole I/tdi, cum gemmis et margaritis, dépliantes quoque inter munera t raboutes, etc. - Les mots «le Strabon : xxi à». ou Hcàpov, « et d’un autre Ponts », ou bien xat' « selon d’autres, »
«le Parus, ne veulent pas dire que, dans la pensée de Strabon, « celle ambassade envoyée à Auguste venait du royaume de PAudion, ou, selon quelques-uns, de celui d'un descendant du Porus », vaincu par Alexandre, et qui eut régné dans le Pemljab; mais bien, « qu’elle venait d’un roi Pàndien, qui gouvernait le royaume de Pàndion, ou, * selon quelques-uns », d’uu roi de la mémo contrée qui se nommait Porus. ■ Kt eu efTet, l'un des rois anciens des Pândions se ^nomma il Pur u, ou Puru-hutadji t ( Mack, Call., 1,
1 DG), lequel était v raisemblableuieut le Pouroit ou ÏIûpQ'j duut parle Slrabon.
Toutefois on demanderait vainement aux écrivains indiens des détails historiques sur cet ancien royaume; tout ce qu’on trouve «lans leurs poèmes fantastiques, c’est le simple nom de ce même royaume de Pdndya , énuméré avec ceux de Kérala (le Malabar), Tclto'lm (Tandjore), etc., lequel royaume est indiqué quelquefois comme étant situé dans le Dackchina des' a, ■ contrée de la droite ou du midi de l'Iude ». Tout ce que II. H. Wilson, dans l’Introduction qui précède son ■ Catalogue descriptif des manuscrits orientaux du colonel Mackenzie » (si Descriptive Catalogue of l/te Oriental Manuscripts, etc. Calcutta, 1828, 2 vol. in-8"), a pu tirer, comme données historiques, de ces mêmes manuscrits, sont quelques noms de rois que l’on peut aussi bien pla cer quelques milliers d'années avant nuire ère que quelques siècles après. M. William Taylor, en publiant des traductions partielles de ces im’mcs manuscrits (Oriental historical Manuscripts in the Tamil language. Madras, 1835,
2 vol. in -4°), n’a guère été plus heureux. Cependant, on y trouve quelques strophes de poètes Tamils qui déterminent assez bien la situation et l'étendue des royaumes de Pdndya et «le Tc/tu/a
(ou Soda en Tamil). ■ Au nord est la rivière « Pellar, dit l’un d’eux; à l'ouest est Peruveli; « au sud-est le Cap Comoriu ; à l'ouest est la ■ mer ; dans une étendue de cinquante-six kan dams (5(10 milles) est compris le royaume de « Pàndion. » (T. If, Appendix, p. 25.)
Les bornes du royaume de Tc/tdla (nomme Sdr'a par les écrivains tamils) étaient : « La mer • à l’est, au sud la rivière Pellar (qui le sépan rail de celui des Pândions), à l'ouest Cottan Karei, au nord aussi loin que le lia, formant « vingt-quatre kadams (240 milles); voilà les « frontières de la contrée de Tcltdfa (ou Soda). »
(2) Dans la liste des rois TchôlAs, donnée par Wilson, s’en trouve un nommé « Sundara », au règne duquel aucune date n’est assignée. Ce doit être vraisemblablement celui que Marc Pol nomme Sonder bandi davar ; car non-seulement les noms de Sundara et de Sonder sont identiques, mais encore relui de Bandi , daus Marc Pol, est un titre de domination sur l’État des ■ Pândions », et celui de davar (mieux dévar) est une forme dialectique du nom sanskrit déva-radja, dera-rao, détvar, « roi divin », divus re je, donné à différents souverains de l'Inde.
C’est aussi l'opiuiou du Rév. Caldwell, si versé dans la connaissance des langues de la péninsule de l'Inde (Dravidian comparative Gram mar ; Londres, 1858, p. 59, note ); car il espère pouvoir prouver dans une publication future : l* le caractère généralement fictif ou imaginaire d«-s longues listes des rois de Madura , portant chacun un nom presque purement sanskrit , lesquelles listes sont contenues dans les • Pourànas » locaux et autres légendes, et qui ont été publiées par Wilson et M. Taylor ; 2« la véracité et l'exactitude de In plupart des informations relatives aux dynasties PAndya et Tchôla, qui sont contcnu«*s dans le Mahâ-wanso et dans d’autres ouvrages historiques et compilations des Itouddhistes cinghalais ; 3° le fait, ou la preuve du fait, de U conquête de tout le pays des Pândions, comprenant le sud de Travancore, par les