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et tel lieu y a qu’il n’en a pas deux pas. Et ceus qui vont prendre les perles, si ont leurs nefs* et vont en ce golf, du mois d’avril jusques à
d Mi. A. ries,
il avait été chargé pendant une période de onre lunes. On attendit les vents du nord pour se remettre de nouveau en roule. La période des vents favorables (la mousson) arrivée , la rour envoya un exprès pour ordonner à Thing-pï de retourner seul en mission.
« La 19* année (1282), à la deuxième lune, cet envoyé atteignit le royaume de Kiù-làn. Le chef de ce royaume, avec son premier ministre, Ma-ho-ma ( Mohammed ), et autres, allèrent au-devant de lui pour rendre un hommage respectueux à la lettre revêtue du sceau impérial dont il était porteur. A la troisième lune, ce même chef envoya (à la cour) sou ministre pour les affaires religieuses, A-h-cha Mang-li-pà-li, apporter un tribut l>ans ce même temps, le Yt li-ko-hoan (chrétien nestorieu) (*), Wo-tsâ-'rh San-lbmà, avec le chef Mou-iou-màn (musulman) Ma-ho-ma (Mahomet ou Mohammed), et d’autres qui se trouvaient aussi dans ce royaume (en Chine), ayant entendu aunoucer l'arrivée de l'ambassade (de Kûi-làn) , vinrent tous aussitôt (à la capitale) pour entrer en rapport avec elle. Ils annoncèrent qu'ils désiraient obtenir, celte même année, les moyeos nécessaires pour être envoyés comme délégués (à Kiti-làn) , et ils eurent une audience de l’empereur à ce sujet.
« Le royaume de Sou-mou-t1 a-la (Soumatra) envoya aussi un exprès, parce que le chef du royaume de Kiû-ùin avait demandé à se soumettre à Thdng-pï ; tous les autres États se rendirent à l'invitation de l'envoyé. A la quatrième lune, celui-ci retourna au royaume de S à- watt g Thing-pï parla de nouveau de soumission. Le chef de l'État, Mang-ngan-pi, se rendit dans le royaume de Sou-mou-ila-la; le chef de ce dernier État, Tou-'Aan-pa-ti, était allé au-devant de l’envoyé Thing-pï, dans le but de lui faire connaître l’état des choses et de l’instruire des plus importantes. Il lui dit donc que JVakouang-t chi ng-fou avait envoyé ses deux ministres Ho-tan et Sou-li-mdn (Soliman) à la cour (mongole).
H Voil a-driMM. pi|i 117 (K,,
- La 20* année (en 1283), hlà-pà-'rU envoya le prêtre bouddhiste Tso (*), avec un chargé d'affaires, à la cour mongole. A la cinquième lune, ils arrivèrent à la capitale. L'empereur (khoubilaïj, par suite de cela, envoya un chargé de pouvoirs pour recevoir la soumission de tous ceux qui avaient accédé à ses demandes.
« La 23* année (1280), tous les royaumes étrangers d’au-delà des mers reçurent, par Yang Thing-pï, une proclamation qui les félicitait de leur conduite, et faisait connaître à la population les intentions de l’empereur. Jusque-là (en 1280) , tous les royaumes qui étaient venus faire leur soumission (à la cour mougole) étaient au nombre de dix : Mà-pd-‘rh, Siu-men-na , Seng ki-li, Nan-wou-li, M a- là n- tan, A'a-wting, Ting- *ho-,rh, Lai-lai, Ki-lau-i-taï et Sou-mou-^a-là ; tous envoyèrent des ambassadeurs avec des tributs consistant en productions du pays. »
Nous avons voulu donner ici uuc traduction intégrale de cette notice curieuse de l’Histoire des Mongols de Chine, pour faire connaître les rap|>orts que cette dynastie entretint avec les États qui existaient alors dans les îles et la péninsule de l’Inde, et la manière dont, selon les historiens officiels chinois, ces mêmes rapports s'établirent. Si Marc Pol ne fut pas l’envoyé spécial de khoubilaï-Kbaàn, désigné dans ce document sous le nom chinois de Yang Thing-pï, qui fut chargé à trois reprises différentes, par le Grant Kaàn , de ces difficiles négociations , il dut nécessairement accompagucr ce négociateur comme « envoyé en second » : une foule de circoustances, qu’il serait trop long d’exposer ici, le prouveraient au besoin.
11 y aurait beaucoup de remarques à faire sur la notice que l’ou vient de lire, sur les synchronismes que les noms cités peuvent faire reconnaître et déterminer d'une manière certaine , les dates qui s’y trouvent étant parfaitement sûres ; mais nous ue pouvons entrer ici dans ces détails. Nous lirerous seulement de ce document quelques conclusions importantes, et qui , daus
la mi' may. Et vont en un lieu que l’en appelle Betelar. Et vont en
nier .lx. (soixante) milles en ce golf. Et illee sont, et jettent leur an-
• Ms. B. emmj .
l’ignorance presque absolue où nous sommes encore de l’ancienne histoire des États méridionaux de la péninsule de l’Inde, pourront amener à de nouvelles découvertes.
1° Les relations politiques et commerciales de l’empire mongol de Khoubilaî-Khain avec les États en question, rapportées par Marc Pol, sont mises hors de doute.
2* Le Maabar de Marc Pol , le Ma* bar des écrivains arabes et le Mà-pd-'rh des historiens chinois, sont des noms identiques par lesquels la côte actuelle du Coromandel était désignée au moyen Age.
3° 1 je. royaume de Maabar, dont il est question dans ce chapitre, était l’ancien royaume de Pandion et de Tchôla ou Sôr'a réunis; et celui de Kiù-làu, des historiens chinois, était le Coilum de Marc Pol, dont il sera parlé ci-après.
4° Le roi « Sonder Itaudi Davar », de Marc Pol, était le ■ Sundara PAndion », qui régnait sur la contrée des PAndvans ; et les • Cinq frères chefs ou rois de Mà-pd-*rh », dont il est question dans la notice précédente, sont les « Cinq roys frères charnels » dont parle Marc Pol. Cette concordance inattendue de l’histoire officielle chinoise avec le récit de notre voyageur ne sera pas l’un des rapprochements les moins curieux de nos recherches.
Pour les compléter autant que l’espace nous le permet, nous ajouterons encore ici que, quelques années après le récit de Marc Pol, de 1303 à 1316, le roi de Déhli, ‘AlA-ud-din, de la dynastie tartare des Khildjis, excité par le désir de s’emparer des grandes richesses que les royaumes de Pdndion et de Tchôla réunis avaient la réputation de posséder, y envoya plusieurs fois des armées pour les conquérir ; et ces troupes lui rapportèrent un immense butin.
« L’année T 10 de l’Hégire (1310 de notre ère), dit Fériclita (trad. de M. de Sacy, Relation de r Égypte , page 113), le sultan de Delhi fit partir de nouveau Mule Naïb (Mulk kafour} et khodja Hadji avec une grande armée, pour faire la couquète de Daour-Simcnd {Dwara Sumou-
dra) et Mabar, contrées dont (il avait entendu dire que) les pagodes étaient remplies d’or et de pierres précieuses, et dont les rajahs (Hindous) passaient pour être possesseurs de très-grands trésors. . . Au bout de trois mois, ces généraux arrivèrent dans ces contrées , et, s’étant rendus maîtres de la personne de Belaldéo (Bêlai Déva), rajah du Carnatic, ils mirent ses États au pillage ; puis, ayant démoli les pagodes, ils s’emparèrent de toutes les idoles d’or, embellies de pierreries ... Mulc-naïb (Kafour), ayant trouvé dans ces lieux d’immenses richesses dont il s’empara, et les ayant chargées sur des éléphants , marcha vers le Mabar; il détruisit pareillement les pagodes de ce pays, et les rajahs de cette contrée tombèrent entre ses mains avec une prodigieuse quantité d’argent monnayé et de bijoux. Après avoir achevé ces conquêtes, il s’en retourna victorieux et chargé de butin. »
L’historien persan Férichta ajoute que l’année suivante (1311), Melik Kafour rentra à Déhli et présenta au sultan ‘AU-ud-din 1rs dépouilles qu’il avait faites dans son expédition du Déckan ; elles consistaient en 312 éléphants, 20,000 chevaux, 06,000 manu (environ 288,000 lui.) d’or, un nombre considérable de boites remplies de perles, de joyaux et d’autres effets précieux. Étrange destinée de ces belles et riches contrées du sud de l’Inde, dont la population indigène descend des anciens Scythes, refoulés dans cette partie de l’Inde par la race arienne, à une époque très-reculée, et qui se voit à plusieurs milliers d’années de distance dépouillée par les descendants de ses ancêtres , dont elle a conservé jusqu’à ce jour une partie de la langue qui témoigne de son origiue !
Le célèbre historien persan Rachid-ed-din, contemporain de Marc Pol, confirme aussi d’une manière surprenante le récit de notre voyageur. « Le Maabar. dit-il ( Bibliographical Index to the Uistorians of MttUamedan India, by H. M. Elliot, vol. 1, General Historiés. Calcutta, 1849, p. 44), s'étend de Koùlam ( Kiù-ldn de ('Histoire des Mongols de Chine) à la contrée de Si»