CHAPITRE CLXIX. (ill
bes, et encore ans doiz des piez (7). Si que je vous di que ce que porte ce rov, sur lui : d’or et de pierres, et de perles vault
«* Ce collier part de derrière les épaules et
- pend plus ou moins comme un nuage sur le
• devant. Chacun des objets précieux et variés « qui servent à en composer le» ornements sont « déterminés par le» grandes lois rituelles. Seu-
• lement, quand (l'empereur) fait le sacrifice au « Ciel, on compose ses ornements d’or autre « (couleur du ciel); quand (l'empereur) fait le
- sacrifice à la Trrrr, on emploie V ambre jaune » en forme d'abeilles (la couleur jaune étant « réputée celle de la terre). A la cour, pendant
- le jour, les ornements du collier sont en grains •> de corail ; de nuit, ces mêmes ornements sont •< en pierres précieuses taillée» en forme de
- pommes de pin. Il est de règle, dans les jours « de fêle, de porter de» perles et des pierres « précieuses, selon la matière dont les habits « sont confectionnés. Dans tous les cas, la cou-
- leur jaune doit dominer. »
Le même ouvrage décrit ainsi , eu en donnant la figure, les colliers bouddhiques du fils aîné de l'empereur (k. 4, fol. 36), des autres fils de l'empereur (fol. 40), des Pei-le ou Begs 1 art art» mongols, professant tous, comme les mandchous, la religion bouddhique (fol. 74), des fonctionnai* res publics bouddhiques , depuis ceux qui portent le titre de prince (licou) jusque» et y compris le cinquième rang des Mandarins de lettres, et le quatrième rang des Mandarins tC armes, etc. (k. 5, fol. 8). Il en est de. même pour les bonnets, les robes d été et d'hiver, le» ceintures. Ensuite les mêmes objets sont décrits et figuré» pour l'usage des femmes , depuis l'impératrice jusqu'aux femme» des fonctionnaires publics tnrtarrs-iuandchims des quatrième H cinquième ordres. Seulement, la matière du collier v t la ri- < liesse des ornements diminuciil graduellement.
On lit dans une lettre du P. d’Knlrecollcs (Lettres édifiantes et curieuses , t. XIII, p. 345), écrite de Chinr, 12 mai 1715 : » Les dévots de
• cette secte (de Bouddha) ont continuellement « pendu au col, ou autour du liras, une sorte de « chapelet île prix, composé de cent grains
• médiocres et de huit plus gros (= 108). C’est « on roulant ces grains entre leurs doigts qu'ils
• prononcent ce» jiaroles mystérieuses : Na-mo
« o-mi-to Fo. L'usage de ces chapelets, dans la « secte de Fo, est de beaucoup plus ancien que « celui du saint Rosaire parmi les chrétiens. «*
Les mots A a -ma O-mi-to Fo, que l’on trouve ainsi dans tou» les livres bouddhique» traduits ou rédigés en chinois, sont la transcription des mots sanskrits Aànui Amila Bouddha , qui signifient : « Adoration à l'incommensurable >« Bouddha! »
La seule différence qui existe entre le collier du roi de la péninsule méridionale de l'Inde , dont parle Marc Pol, et celui des empereurs tartarcs-mandchous actuellement régnants, consiste en ce que le collier de l'ancien roi de l'Inde n'avait que 101 grains, tandis que ceux de» empereurs mandchou» de Chine en ont 108. 11 est très-probable que, depuis l'époque de Marc Pol, les bouddhistes auront porté à 27 le nombre de grains de chacune de» quatre divisions du « collier bouddhique », pour avoir des nombres multiple» de neuf, rappelant les neuf parties de la loi bouddhique, ou les neuf divisions de» écritures sacrées de Bouddha, divisions qui seraient ainsi postérieures au treizième siècle de notre ère ; car, selon le géographe arabe Édrisi , le Ralahnra (nom d’origine sanskritc, signifiant le n maître ou souveraiu puissant ■) , qui régnait dans une grande partie de la péninsule indienne (avec les Bandions), professait le culte de Bodda ou Bouddha. D'un autre côté, il se pourrait aussi (et cette supposition est peut-être la plus vraisemhluhlr) que le « collier ». de» anciens souverains de la péninsule de l'Inde, comjtosé seulement de 104 graius, eêt été celui des Djainâs, dont la secte se rapproche beaucoup du bouddhisme, si toutefois ce n'en est pas une hranche anciennement détachée, et qui dominait autrefois dans la péninsule indienne, où elle avait de» temples nombreux et aussi de nombreux sectateurs. Dans ce dernier cas, on expliquerait plus facilement comment le» bouddhiste* ayant été expulsé* de l’Inde, au neuvième siècle de notre ère, sous l'influence du célèbre brahmane Koumârila Rat' t'a, les DjaiuAs, avec lesquels on les a souvent confondu», dominaient au treizième siècle dans la péninsule, où ils se répandirent
GH
plus d'une cité. Et ce n’est pas merveille, car il en a assez. Et d’autre part l’eu les treuve en son regue. Et si sachiez que nulz ne puet traire l3 hors de son royaume nulle perle qui poise outre demi
,J Emporter.
après l'expulsion des bouddhistes de l'Inde , et s’y sont conservés encore en grand nombre jusqu'à nos jours. Us y arrivèrent sous le règne d ' Amogavarcha, roi de Tond'ai Mandatant, dans le neuvième siècle , cl dans le royaume de Madhotira, dans le onzième, sous le règne de Kouna Pàmlyt i. (F. Wilson, Essays, etc., t. I, p. 332.)
Quoi qu'il en soit, on ne sera pas peu surpris qu’un individu, ancien missionnaire apostolique en Chine, d’origine étrangère, mais occupant une position officielle eu France, avait imaginé de faire du - collier bouddhique - une décoration à sou usage, en s'intitulant a chevalier de la légion d’honneur, décoré du grand collier tartare » ! Celui qui écrit ces lignes ayant nié que cet « ordre de chevalerie - existât, même eu Chine, un arrêt de la cour impériale de Paris (2* chambre) du I" juin 1859 a sanctionné son existence en donnant raison à son adversaire , cl eu ordonnant la suppression du « Mémoire* - dans lequel l’origiue et la destination dudit « collier bouddhique » était exposée.
(7) L’amour des Orientaux en général, et des Indiens en particulier, pour les ornements, qui en Europe sont généralement réservés aux femmes, était connu dans l'autiquité. Quiute Curce
(*) Ot écrit avait pour titre ; • Mémoire d'un bibliophile,
• préacnlè • la Cour impériale de Pt Ht (a' chambre civile , atir
• ta qiartlion île ravoir il an ouvrage (chlnoit) ioiprimé. vrntlo . comme complet, ayant été reconnu incomplet à la livraison,
• le vendear ni en dioit «le le faire accepter u comporté» par
• de» fmillaU aMMC'ih (au nombre de plut de crm); autel
• il'nn autre Mémoire ht la qaealion de savoir »M evt défendu . de contraire liitliirlquniirnl l’eiulence d'un ordie chinois du . stand collier tartare?*
La Coor donna reiaon »ar tout 1rs pointa au tient Callcvj, en imposant a ma ad vrr taire IVbhgadoti de rrprrndie an ouvrage tans valeur vénale, et une amende de mille f/aitei. a litre de dommagrt rt inlérèla pour atteinte portée à son taunnror!
Cet airv< étrange noua rappelle iniolootaiirairnt ce patauge dri célèbrct • Lois de Manou ». le grand légiilalrnr de l’Imle, qui écrivait plus de mille ans avant noire «ia (livre Vlll, •loba ta) :
• P* or mû tuUirj tw*4karmêa'a laikam ratrôpittiekt'ttf,
• ( a tram Uhaiym lia krimtanli n44kt* taira laàkai «du A. •
• Lorvque la JittUce, blottéc par nnjailice, se présente dmt r»nrmb1cr de* Juges, et qae rruvci ne lui mitral pat le dard, itl rn sont rui-mêmra blraaét •
en parle ainsi (1. VIII, c. 9, § 29-30) : « Corpora « usque pedes carbaso * vêlant, soleis pedes, caa pita linteis vinciunt ; lapilli ex auribus pendent ;
« brachia quoque et lacertos atiro colunt, quihus a inter popularrs aul ttohililas, aul opes emia lient, Capillum pectunt saipius quant tondent : a inentum semper intonsum est ; reliqunm oris b cutcm ad speciem levilatjs exœquant. Krgum n tamen luxuria, quain ipsi magnificcnliam apb pellant , supra omnium gentium vitia. Qmim b rex se in publico conspici patitur, thurin hulu argentea ministri ferunt, lolumque iter b per quo<l ferri destinas il, odoribus complent. b Aurea lectica margaritis circumpendentibus b reeubat ; dislincta sunt auro et purpura carb basa, quae indutus est ; lecticam scquuntur b armati corporisqiie custodes , inter quos rab mis aves pendent, quas cautu scriis rébus obsb trepere docuemnl, etc. »
On lit aussi dans une « Notice historique sur l’Inde », que nous avons traduite autrefois du chinois, et public dans le Journal asiatique de Paru (octobre, novembre, décembre 1839 et mars 1840), et dans les uombreuses noies de laquelle nous avions déjà fait la citation précédente : b Les rois de l’Inde, et leurs premiers b ministres, portent de* vêtements enrichis de « pierreries d’une grande rareté. Un Irandeau à b fleur orné de brillants, et une coiffure ornée b aussi de brillants, parent leur tête. Ils portent b des anneaux en pierres précieuses, des bracelets m <T or, des colliers de perles, et ceignent leur b corps d’une ceinture. Ils ont de riche» marb chauds dont le plus grand commerce consiste b à leur vendre ces objets de luxe. La plupart « des hommes vont pieds nus ; il en est peu qui a aient des chaussures. Ils teignent leurs dents, b les uns en rouge, les autres en noir ; ils ont
(•; O mot Je (jmntr-Curcc . cii grec idpCaoB , • »*•» Un- (m -, comme fiB rrifittque. fit purement ttnitnl , étant écrit ktrpaia dam et tu langue , où il irgnllie non lit , liait <te lit, nuit coton, étoffé 4e rofon, tinta que noua l'avoua déjà fait remarquer an iBJy.