‹ Le livre de Marco PoloChapitre 212 sur 357 · CHAPITRE CLXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXIX

en

Il “ sont idolâtres et pluseurs d’eus aourent le buef ; car il dient que le buef est moult bonne chose ; et ne le inengeroient pour riens du inonde , ne ne l’occirroient en nulle maniéré. Mais il y a aucune maniéré de genz qui sont appeliez Got’r " (i4), qui inenguent bien la char du buef; mais il ne l’osent occire. Mais quant aucun buef muert de sa mort on d’autre , si le inenguent. Sachiez que la gent du pays oignent touz leurs liostelz de suif de buef. Et encore sachiez que le roy, et tuit si baron, et tretuit ” grant et petit ne se sient sus autre chose que sus la terre. Et dient que il le font pour ce, que seoir sus la terre est moult lionnorable chose, pour ce que nous sommes tuit de terre, et à la terre devons retourner Si que pour ce , nulz ne pourrait trop lionnourer la terre ; ne nul ne la doit desprisier. Et sachiez que ceste génération de

kk Dans notre ms. A. le pronom il, qui, depuis le chap. CL, avait reçu du copiste la forme du pluriel, est redevenu Invariable. — 11 Ms. B. gony pour gOiy. — mra Ms. À. ottiex = demeure, logis. — nn Ms. B. trestoiu. — 00 Ms. B. Le ms. A. tourner.

la leur. Il ne manquait pas non plus de docteurs iuterwédiaires pour soutenir que, là où deux autorités d'un caractère contradictoire se présentaient, mais étant toutes les deux d'une égale force, on devait supposer que l 'alternative était permise. De là, le sacrifice de la veuve sur le bûcher de son mari n’était plus considéré comme imposé par la loi religieuse, mais comme un acte volontaire toujours très-honorable pour la sali, ou veuve qui le pratiquait, et pour sa famille.

(14) Ce terme est dérivé du mot sanskrit gào, » Ixruf « et - vache » (cette dernière se dit en anglais cow) ; le mot gnvi est la forme altérée, dans l’I ode méridionale, de gatipa , féminin gaüpi, * nourisseur » et - non Tisseuse de vache ». Ces animaux, le Ixruf et la sache, la vache surtout, sont très* respectés du us l’Iude. « On sait

■ la vénération des Gentils pour ces animaux,

■ dit Grose ( traduction française , p. 267 ). S’ils m défendent de les tuer, c’est par principe de re- « connaissance ; ils regardent comme ingratitude » de tuer des bétes aussi utiles au genre humain. « Ensuite les fictions fabuleuses que leur ont « transmis leurs législateurs les ont conduits à « un culte superstitieux; lisse purifient avec l’u-

« rine de vache ; ils brûlent scs excréments, dont « ils font une poudre, avec laquelle ils se frot- « tent le front, le sein et le ventre ; quand la «* fiente est récente , ils en font une pâle, dont « ils barbouillent le plancher et toute leur mai- « son, en guise de lustration... Malgré cela ils « n’ont aucune aversion pour ceux qui tuent « ces animau x... Il y a même des pays comme « la côte du Malabar, où, s'ils ne souffrent pas « ouvertement qu'on y tue ces animaux, Us fer- « ment du moins 1rs yeux quand on le fait. . .

« Ce n’est pas seulement aux beslrs à cornes, « que se borne leur affection ; d’après leur opi- « ifion sur la métempsycose , ils l’étendent à x toute créature animée, n’y ayant pas jusqu’au « ciron qu’ils croient pouvoir être le récepla- « cle de l’&me, et qui, par conséquent, peut l’è- « tre de celle de leurs parents ou de leurs amis : « qu'un animal soit grand ou petit, ils ne peuvent « penser sans horreur à déposséder de la vie ce « précieux présent de Dieu, par la violence. Ils n respectent tout autant la main du créateur dans « la puce qui les mord que dans l'éléphant. Cette « aversion de répandre le sang ne se trouve que « dans les Bramines et quelques autres tribus. »

Gnt’i.t ont ceste chose en euls que pour nulle chose du monde nul/ d’eus ne porroit entrer ou lieu où messire saint Thomas soit ; c’est à dire : le corps , lequel est en ceste province de Maabar en une ville. Car se vingt ou trente hommes preissent un de ces Gavi.\rr si ne le pourraient il tenir au lieu où est le corps du beneoit apostre Jhesu Crist. Et ce est par la vertu du saint, pour ce que leur lignage l’oceisirent ; si comme vous pourrez oir ci avant (i5).

Sachiez que il ne croist nulz blez en ceste province, autre que ris. Encore sachiez une grant merveille, que pour riens du monde ne puet naistre nid cheval en ceste province ; car bien l’ont prouvé par pluseurs fois. Et quant il font saillir aucune jument d’aucun bon destrier , si ne porte autre chose que pctiz roncines " ; et ont les piez touz tors; et ne les puet l’en chevauchier.

Les gens de cest pais vont touz en bataille sauf ce, que il portent ne lances, ne escus’5; et sont vilz hommes d’armes. Il n’occient nulle beste, ne nul oisel, ne nulle chose qui ait ame ; mais les besles dont il mcnguent les chars, il les font tuer ans Sarrazins, et ans autres qui ne sont de leur loy “. Il ont tel usage que chascun, soit masle ou femelle, se lave tout le corps, chascun jour, deux fois(i6); et ceus qui ne se lavent sont tenus comme patarins Il font trop grant justice de ceus qui font aucun mal (17); et si se gardent

l'P Ms. B. Le ms. À. Soins . — ‘H Mss. A. et C. Le ms. B. porte foil/ier. — rr Ms. B. ronc/iines. — “ Ms. A. et mis autres qua ceus r/e leur loy.

*5 Boucliers. — ,(i Hérétiques. Se disait alors des Albigeois.

(15) Voir le chapitre suivant.

(16) Les « I-oLs de Million « (livre V, siokds 134-130} prescrivent minutieusement toutes les ablutions qui doivent être faites dans les diverses circonstances, avec de C eau et de la terre , en se servant «le la main gauche. Il en doit être fait une lorsqu'on se dispose à lire le Vti/a , et toujours au moment de manger.

(17) 1 je. texte italien de Ratnusio ajoute ici une anecdote rurieusc dont il est dit que Marc Pol fut témoin , et qui ne se trouve dans aucune des anciennes rédactions. Mai sdcn dit que.

si cette anecdote n’est pas vraie, elle est bien trouvée.

Voici le |>assage : « In questo regun si fa gran- ■ dissima e diligente giustizia di riascun male-

• ficio, e de’ debiti, s'osserva tal online apprrxso n di loro. Se alrun debitoro sarà più volte ri» « rhiesto dnl suo creditore, e ch’ ei vada con n promissioni difTcrendo di gionio in gionio, se

• il creditore lo posta toccare «ma voile, tal- « meule ch* ei li possa designare un circolo n atlorno, il debitore non uscirn fuor di quel « circolo, linchc non avrâ sodlsfatlo al creditore,

Page 1