‹ Le livre de Marco PoloChapitre 213 sur 357 · CHAPITRE CLX1X · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLX1X

moult de boire vin ; car ceus qui boivent vin et vont par mer 11e sont receus en nulle garantie. Et (lient que ceus qui par mer vont sont ainsi comme desesperez.

Il ne tiennent à nul pechie luxure. Et sachiez que si chaut ont aucune fois " que c’est merveille. Et n’ont pluie fors que trois mois de l’an ; c’est en juing, juliel et aoust (18). Et se 11e fust la pluie qui chiet ces trois mois, qui rafreschit la terre et le teins, il y auroit si grant sescheresse que nulz n’y pourroit durer. Il ont moult de sages d’un art que l’en appelle phisonomie : c’est de congnoistre les personnes, de quelle maniéré et de quelle qualité elles sont. Car de maintenant il li dient sa maniéré ; il sevent que ce signifie ”, quant l’en encontre aucun oisel, ou aucune beste ; car il gardent 18 à ce plus que touz les hommes du monde. Et se aucun aloit en un sien chemin et il ouït a9 aucun estourni 3o, si li semble bon ; il va avant, ou il se serra une piece 31 ou il retornera aucunes fois arriérés, de son voiage, quant il li semble bon de ainsi

lt Ms. B. Ms. A. leur Jais . — uu Ms. B. Le ms. A, phitusonomie physionomie. — " Ms. B. 14? ms. A. moult que ce senefie.

*9 Et qu'il enlendU. — 3o Etourneau. — 3‘ // se pressera

*7 Tombe. — ï8 Regardent. — un peu.

« ovvero gli dat a iina cauzione , rite sarà sodis- « fatlo. Altrimente uscendo fuori del circolo, •t corne transgressore délia ragionc e giustizia, « soir à pnnito con supplicie Jella morte. E vide « il sopra deltn M. Marco nel suo ritorno a casa, « csseudo nel detto regno, che dovcndo dare il « re ad un merranlv forrsliero certa somma di « deuari, e esacudo più voile stalo richiesto, lo « inenava con parole alla lunga, un giorno ca- « valrando per la terra il re, il mercante trovala * l’opporiunitâ, li fece un circolo altorno cir- « cueitdo anco il cavallo, il clie vcdendo, il re « non vulve con cavallo andar più dire , ne di « li si mo&se fuiclic il mercante nou fu sodis- « fatlo. La quai cosa veduta dalle genti rircos- « tanli, molto si maravigliarono, dicendo, cite « giustissimo cra il re, aveudo ubbidito alla gins* « ti/ia. «

11 y a encore beaucoup d'autres addition t dans

ce chapitre du texte italien de Ramusio, qui sont d'une autorité plus contestable.

(18) « La saison des pluies la plus remarquable dans l'Inde, dit Walter Hamilton ( Description of Uindostan, t. Il, p. 243), est celle qui est appelée - la mousson du sud-ouest -, qui s'étend de l'Afrique jusqu’à la péninsule malaye, couvrant comme d’un déluge toutes les région* intermediaires, dans un certain nombre de degrés de latitude, pendant quatre mois de l'année. Dans le sud de l'iude cette mousson commence vert la fin de mai, ou au commencement de juin ; mais elle arrive plus tard, à mesure que l'on s’avance vers le nord. Son approche est annoncée dans le sud par une grande masse de nuages qui s'élèvent de l'Océan indien, et s'avance vers le nord-est, s'augmentant et s’épaississant à mesure qu’elle s'approche de la terre ferme. » Cette saison des pluies concorde parfaitement avec celle de Marc Pol.

faire". El tanlost 3l qu’un enfant est nez, il escripvent le jour, el l’eure et le mois. Et ce font il pour ce que il font touz leurs faiz par devinailles ” ; car il sevent moult d’art magique et de nigromance33, et d'autres encliantemenz dyaboliques (19).

En ce régné et par toute Inde ont leurs bcstes et leurs oiseaus moult divers et differensdesnostres. Etdetelzy a qui sont semblables ans nostres”. Et aussi toutes autres choses ont devisées 3i des nos- Ires *“. Il ont en celluy pays oiseaux qui volent de nuit que l’en appelle chauves-souris, qui sont aussi gratis comme un ostour35. Et leur ostours sont touz noirs connue corbeaux et sont plus grant assez que les nostres, et bien volant et bien oiselant . Encore sachiez que il donnent à ntengier à leur chevaus ris avec char cuite et pluseurs autres choses cuites. Et ce est pourquoy il se muerent touz en ce pays (10).

Il ont ydoles ntasles et fumelles auxquelz sont offert moult de damoiselles en telle maniéré que leurs peres et leurs rneres les offrent ’" à celle ydole à laquelle il ont plus grant dévotion. Et

15 Tous les inss. ont ce passage très-embarrassé. — 37 Ms. A. adeiinnilfes. — « Le ni». A. pnrlc : • ont leur Lestes et leur oisinus de tel y a moult devises ns nostres. — ■■■ Celle plirase manque dans le ms. A. — ^li Ms. A. cnrbel. — c,cMs. A. ausquiex, — d,w I.e m». B. porte : moult de damoiseaux el de damoiselles. — *« Ces mol» manquent dans le ms. B.

3* Aussitôt. — 33 Nécromancie. Le ms. A. «joule : et escoriomie (?). — *4 Différentes. — 55 Autour.

(19) Il y a parmi IcsDjain&s, comme, au surplus, parmi la plupart des sectes indiennes, une classe d'individu» qui prétendent posséder des pouvoir» magiques. * Quelque»'- un» d'entre les DjainAg, dit Wilson [Religions seets of the llindns. Ks-saysand Lectures, vol. I, p. 342), peuvent être considérés comme de simples enthousiastes; mais bon nombre d'entre eux, cependant, sont de vrai* fourbes, el la réputation dont ils jouissent dans toute l’étendue de l'Inde, comme étant A' Labiles magiciens, n’est pas favorable à leur caractère général : ils sont en fait, et assez souvent, de veiilables charlatans prétendant à la science de la chiromancie et de la nécromancie.

pratiquant la thérapeutique empirique , el se mêlant de manipulations chimiques. »

Ce sont bien là les hommes dont parle Mare Pdl, « qui font tous leurs faits devinailles et « sevent moult d’art magique et de nigromanee. » (?0) Depuis un certain nombre d’années, on a commencé à préconiser en Europe la méthode dont il est ici question : de faire cuire les aliments que l’on donne au bétail, comme étant alors plus nourrissants. On a dû faire même à re sujet des expériences dans plusieurs régiments de cavalerie. Il serait assez curieux que l'on obtint le même résultat ! Ce serait une chose utile à vérifier.

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