‹ Le livre de Marco PoloChapitre 220 sur 357 · CHAPITRE CLXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXXI

Cy devise du royaume de lUutfili.

Et quant l’en se part de Maabar et l’on va entour mille milles par tramontaine, si se treuve l'en adonc ou royaume de Mutlili (i).

n M*. B. srpmaine ° Ms. B. dieux,— P Ms. B. en bost=zc n guerre.— <1 Ms. A. bues.

Sésame. — 11 Bouclier. — *3 Assuré, ou plutôt rassuré. — *4 A ce point.

CLXXI. — (I) Ce nom de - royaume de Mutfili - doit être considéré contint* désignant le royaume qui était alors limitrophe, au uord, de celui de Maabar, d'après l'usage assez commun chez les Orientaux de donner à une contrée, gouvernée par uu même chef, le nom de la partie la plus connue de cette même contrée.

Mut fùi est la ville actuelle de Màiulipatdm, située dans le golfe du lleugnle, par 10° 10' de lat. N., et "8° 48' de long. K., à l’une des emliouchuns uord de U rivière Krichua, que l’on écrit vulgairement Kistna. iMclémée (l. vu, c. I,

§ 15, éd. Nobbc) nomme ces mêmes embouchures : Mat<rw).ov Tiotatioû £x6o).aî, ■ bouches du fleuve Maisôlos -, et la contrée : Mai-roma;, la Maisôlie. • Les principales villes de l'intérieur de la Maisolie : MctiowXotv pucoyetcu iréXei; (id., § 03) étaient KoUdya (aujourd'hui encore • kalingapatnm >, lat. 18° 14'; long. 81° 49*), Bocf&auâva, KopovYxa/a, 4»âpuvpot et lliruvSpa pr,vpojroXi; ; cette dernière étant la métropole.

Ainsi le nom de Masuli- ou Maijôli-paldm, « ville des Maisoulieus », est très-ancien. On la nomme aussi Uendcr , c’est-à-dire - le port de

Et fu jadis à un roy; et de puis qu’il mourut , bien quarante ans avoit adonc la royne sa femme l'ama tant que, onques puis" ne se voult1 marier à nullui, pour l’amour de son mari. Et en tout ce terme de quarante ans avoit tenu son royaume aussi bien ou mieux b que onques le tint son baron ; si que, pour ce qu’elle amoit droit ' et justice et pais, estoit elle aînée de cliascun (2).

Il sont ydolastres 4 et ne font treuage à nullui 3 ; il vivent de cliar et de ris et de lait. En ce royaume treuve l’eu lesdyamaus(’3),

CLXXI. — 4 Ms. B. depuis. — b Ms. A. wiex. — c Id. Lt* ms. B. bien. — ** Ms. B. Les nus. A. et G. rdres.

CLXXI. — 1 Quarante, ans s'étaient bien écoulés — * foulât. — 3 Ne parent de tribut à personne.

mer », et Mutchfi-bender , le « port de mer de Mutchli », c’est-à-dire « de la pèche ou pcclirrie », d'où est veuu sans doute le nom de fili. DansKerirhtah, c’est Mufch/i-

patan.

Cette ville a été pendant plusieurs siècles un port très-important, et où se faisait un commerce considérable avec la Chine , l’Indo-Chine , le Bengale, la Perse et l'Arabie. Les Français y établirent une factorerie en l(î(»9, qui est tombée depuis au pouvoir des Anglais, comme presque tous nos établissements dans l'Inde.

(2) Le - royaume de Mullili », dont il est question dans le chapitre précédent, était, à l’époque de Marc Pol, celui A' Andhra, des écrivains indiens, ou de TeUngdn' a, comme un nomme la laugue qui est encore en usage dans la contrée. Sa capitale était alors Ouraugol. Les princes indiens qui régnèrent dans le Téliugàna jusqu’au commencement du quatorzième siecle de notre ère , sont presque complètement inconnus; toutefois on a déjà recueilli un certain nombre de leurs noms dans des inscriptions découvertes depuis ces dernières années à Ouraugol. Mais, comme presque toujours, quand il s'agit de l'Inde, ou sait rarement à quelle époque on doit placer leur règne. Nous savons par lorichtah que celui contre lequel Alà-ed-din, sultan mahométau de Déhli, envoya une expédition, l’an 709 de l’Hé-

gire (1309 de notre ère), se no

mmait^O , 5J

Ladder (ffudra ?) Dr va. « Lechefdc l’expédition, dit Férirhlah (t. I, trad. du colonel Hriggs, p. 37 !) « avait l’ordre que, si Ladder Devra, Ràdja de • Ouraugol, consentait à lui faire un présent im- ■ portant, et promettait de payer un tribut an- » Quel, il rentrerait à Déhli sans poursuivre son « entreprise. » Le ràdja n’y ayant pas consenti, la ville de Ourangol fut assiégée par l'armée mahométane, prise d’assaut, et presque toute la garnison, composée de troupes hindoues, passée au fil de l’épée. Ladder Devra, poussé à l’extrémité, acheta la paix en offrant 300 éléphants, 7,000 chevaux, de nombreux joyaux et une forte somme d’argent; en s’engageant, en même temps, à payer un tribut annuel au sultan de Déliii. Kn 722 de l’Hégire (1322 de notre ère), le ràdja LaJder Devra, ayant cessé d’envoyer son tribut à la rour de Déhli, par suite d’un changement d* dynastie, se vit assiéger dan» sa capitale par une armée du nouveau sultan Gheyas cd-din Tnghlouk ; il fut fait prisonnier et envoyé à Déhli avec sa famille, scs trésors, scs éléphants et tout ce qu’il possédait. Plusieurs milliers d’Hindous furent mis à mort, par suite du sac de la ville de Ourangol : 17“54‘; long. 77*08'.

Le ràdja ou roi ladder (ou Rudm) Devra était sans doute le fils de la reine dont parle Marc Pol.

(3) Le royaume de Golconde ( GMkonda ) dont Màsulipatàm est le port principal, a été célèbre par scs mines de « diamants ». (Tes mines sont situées dan» un sol d’alluvion des plaine»

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