CHAPITRE CLXXU
Ces Abramains sont ydres1 et gardent plus ans seignaus8 et aus aventures » que' gent du monde (4). Et si ont enlr’eus un jour en la semaine1 establi. Et quant est celui jour au matin, et il se regarde quant il se vest,se il voit son ombreau matin au soleil si lonccommeil est, si fait ses marchiez de maintenant ; et se son ombre ne fust si lonc, si ne feroit celui jour nul marchie. Et quant il sont en l’ostel, et il ont à faire aucun marchie, et il veissent venir aucune tarente 10 par le mur , car il y en a moult en cel pays, se elle vient de la part
' Mas. À. B. et C. ydres =: idolâtres. — j Ms. B. Le ms» A. de. — L Ms. À. Le ms. B. se pm aine.
8 Signes , augures. — 9 Sorts. — 80 Araig
étaient celles du Maabar , décrites dans le chap. CLX1X (p. GOO), Marc Pol dit que o ce royaume s'appelle Soit, » ce qu'il n'avait pas remarqué précédemment. Ce nom de Soit, plus régulièrement Sûia, Sorti (prononcé ordinairement Tchàla ), est précisément le nom que cette partie de la péniusule indienne porte dans les livres indigènes, et même dans les livres sanskrits, comme le Harivansa (Sect. 32, slok. 1836), où il est dit : - De Douchmanta naquit le roi Karou- « thAina, et de Karouthàma naquit Akrida qui « eut quatre fils : P and y a (le chef de l'ancienne « famille royale des Pi nd ions), Kérala (le chef ■ de l'ancienne famille royale des rois de la côte « du Malabar, dont les Ràdjas actuels de Cocliin « prétendent descendre), Kola et le vaillant « Tchdla {T chôlat tcha gdrtfàea/i), desquels sont « descendus les rois des riches contrées de Pan- « dya (leMadouré actuel), Tc/tàla (le Tandjorv) " et Kérala (le Malabar). » Voir le Harivansa, traduit par A. I^anglois, Paris, 1834, t. I,p. 153; et le texte sanskrit publié à Calcutta, 1 839, in-4*, à la suite du Mdhabhàrata , au sloka cité.
Il est surprenant que le passage en question, d'une assez grande importance historique, ait été supprimé dans toutes les rédactions ou traductions postérieures au texte français publié par la Société de Géographie. C'est sans doute le fait des copistes qui n'auront pas compris le nom de Soit, et qui l'auront considéré comme uue faute de rédaction.
(4) On lit dans les Lellere tulV In die orientait (par Pappi, Filadelfia, 1802, t. II, p. 27) : « Gli
« Indiani in generale hanno ferma credenza nei « presagi, nella efficacia delle fattucchierie, de' n talismani, dcgli amulelti o brevi che portant»
■ legati al hraccio, al coltoo alla cintola... L’u- « niversale ed ostinata fede nei gioroi fortunati « e sforlunati, è un’ altra gran fonte d'ansietà « e di pungenti sollecitudini per gl' Indiani. Non b s'intrapreude viaggio senza consultant su ciô
» Bramini poueditori del libro che mostra il « giorno e I* ora propizia per usrir di casa. Di più, « se in escir di casa, s’ incontrano certi animali « certi ureelli che non volano per la parte che a dovrebbero e certi altri inauspidosi oggetti, i > duopo rien Ira re cd aspettare un ponlo più fa- « rorevole. I medesimi riguardi non debbono b tralasciarsi quanlo al contrarre matrimonio, al « fubricare, al mercantrggiare, al seminare, ec. ,
• e final mente ndlr più frivole occasioni...
« I Bramini al nascer d’un figlio per mezzo di b loro tavole nstrologichc leggono nei vario a$- « petto degli astri la sua fiitura fortuna, e se-
■ guano cou diligcnza l’ ora e il punto délia nav
• cita. I più dotli compongono ancora ogni anno « Calendarj o Almanacchi. Yi son noltate l* ec* « clissi, le fa&i lunari, le feste, i prindpaii av- « veni menti che occurrcranno in quell’ anno,
• appresso a poco corne nei nostri, i giorni for- «i tunati o sfortunati. di che v’ho parlalo. IJna « gran parte de* bramini mono su questi Alma-
• narchi andaudo a leggcrli ogni giorno aile per- « sone ricche. I.a scieuza délia divinazione è un n arlicolo di somma iuiporlauza nei libro dell' « entrate braminiche, w
qui bon ii semble, si complie 11 son marchie tle maintenant; et se elle vient de part qui ne li semble pas bonne, si ne compliroit 11 pas le marchie en mille maniéré. El quant il issent 13 de leurs maisons et il oient 14 aucun estoumir ”, se il li semble bon, il va avant, et se il li semble mauvais, si s’assiet jus ,6, tant comme bon li semble. Et encore quant il vont par aucun cbemin, et une arondelle ’’ passe, et elle vient selonc leur volenté, il iroit avant, ou se non, il retorneroit arriéré; si que il sont pieres '8 quepatarinsde toutes choses *9. Il vivent moult de grans abstinences qu'il font de pou1 mengier. Il ne se font point seigner ,0, ne traire 31 point de sanc d’eus.
11 y a une autre maniéré de gent qui s’appellent Çaiguy (5), qui sont de ces Abramains meismes ; mais il sont comme de religion, et
1 Ms. A. poi. — n» Ms. A. Ahraimins. Ms. B. Bm mains.
" Accomplit , termine. Le ms. B. acomplie. — '* Terminerait. — «3 Sortent. — *4 Ente n rient. — Quelqu'un éternuer (comme on doit lire, p. 619, n° 3o). — ,6 // s'assiet par terre là où il se trouve. — *7 Hirondelle. — ,g Pires. — «9 C’est-à-dire qu’étant aussi crédules que cela, ils sont pires que les sectaires (pa tari ns) les /dus ignorants et les plus abrutis. Celle dernière phrase ne se trouve pas dans les autres rédactions.-» *° Saigner. — ** Extraire.
(5) fa nom peut être lu aussi Taiguj dans nos manuscrits, le c et le I se confondant facilement dans récriture gothique. Le texte italien de Raniusio porte T in gui ; l'ancien texte italien de la Crusra publié par Rahlclli Boni (// Miùone, etc. p. 182), porte Conguigaù. Ce dernier nom doit être lu Congiugaii, et il est la traduction italienne du mot Çaigui, eu sanskrit Sanghft, dérivé de Sanqha, * assemblée » et qui siguifie « réunion », « communauté religieuse » chez les Bouddhistes et les bjainas. Ce même mot est employé par les Bouddhistes chinois pour dévigner leur - communauté », et j»ar extension les « ministres de leur loi ou de leur culte ». Dans le cas dont il s'agit, le mol Çaiguy ou plus correctement Sanglas, désigne une secte de Djaiuas de la contrée de Dràeuf a, Icsnd de la |téiiiiisule indienne’ dont WiUoil ( Religions seets 0/ the t! indu s, vol. I, p. 3 il, de scs Srlrcts Works), dit - qu’ils se scr- » vent de brosses faites de plumes de paons , « portent des vêtements rouges, et reçoivent les
« aumônes dans leurs mains. » C’est aujourd’hui une des sectes de Djainas la plus renommée, quoique peu connue. Anciennement ces sectaires allaient nus, et on les nommait alors Digamburas, c’est-à-dire, en sanskrit : « hommes dont le seul vêtement est l'atmosphère » (te mot étant composé de dis’ « espace », et ambara » vêlement •). - Aujourilhiii , dit Wilson ( lieu rite , p. 330), ces ascétiques ne vont pas nus, mais ils porteut des vêtements de couleur ; ils bornent leur étal de nudité aux heures de leurs repas, se dépouillant de ce qui les couvre quand ils reçoivent leur nourriture que leur apportent leurs disciples. »
Cependant nous devons dire qu’en lisant Cuigui, comme dans le texte français et la venuon latine publiés par la Société de Gêogruphie (p. 211 et 4GI), ce nom pourrait plutôt représenter celui de Togui, qui est donné, dans l’Inde à des ascètes adorateurs de Yichnou et de Siva, lesquels, d'ailleurs, ont beaucoup de ressemblance