‹ Le livre de Marco PoloChapitre 227 sur 357 · CHAPITRE CLXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXXII

Il n’occirroient nulle beste pour riens du monde; ne puce, ne mouche ne nulle autre chose vive ; car il dient qu’il ont âme * et que ce seroit pochiez. Il ne menguent nulle chose vert, jusque à tant qu’elle soit seche. Et si dorment sus la terre tou/, nus ; et si n’ont nulle chose ne dessus ne dessouz. Et c’est bien grant merveille comment il ne muèrent luit. Et si jeûnent ’ tout l’an, chascun jour et boivent yaue. Et quant il veulent recevoir aucun , si le tiennent en leur abbaie, et li font mener leur vie. Et puis, quant il le veulent prover 3o, si envoient q lierre 3l de ces pucelles qui sont offertes à leurs ydoles", si comme je vous ai dit ; et le font touchier et baisier et acoler Et se son membre ne se muet, si le retiennent ; et se il se muet, si le chassent de leur compaignie. Car il dient qu’il ne veulent tenir homme de luxure avec eus (9).

T Ms. A. Le ms. B. porte mousse. — * Ms. A. arme. — y Ms. A. Le ms. B. junenf. — * Le ms. B. porte : chascun an, tous /es jours. — >a Mss. A. et C. ydres.

3o Eprouver. — ■Jl Chercher.

c rivent des sacrifices sanglants, l-es sacrifices des djainas ne dois rut consister qu’en fruits, fleurs, encens, etc.

• Les vueux des djainas consistaient anciennement dans l'obligation volontaire d'observer scrupuleusement les devoirs de la morale, de renoncer au momie, de se faire couper les cheveux et de se vouer à la contemplation. Aujourd’hui ou est moins rigide, et ces vieux consistent dans l'obligation de s'acquitter du devoir de la bienveillance envers les créatures, de la véracité, de la probité, de la chasteté, de la pauvreté.

- Les djnïnas se divisent en plusieurs classes... la troisième est composée de ceux qui aspirent à un plus haut degré de sainteté que les deux premières, est appelée maha-vratas , c’est-à-dire ceux qui font les grands vœux. Anciennement ils dosaient aller tout nus, en se couvrant seulement la honte; se faire arracher les cheveux, mener une vie austère de jetâtes et de. toute» sortes de privations, et se livrer excluais emeut à la contemplation.

« Le plus haut degré de sainteté est celui des

sannyasi nirvana ou yati; ceux-ci doivent aller tout nus : ils sont supposé» arrivés au plus liaul degré d'indifférence par rapport aux chose» terrestres ; iis ne meureut point ; les éléments de leur corps se dissolveut peu à peu sans mort ; il ne leste ûmderaeul qu’un fantôme de corps, qui disparaît, tandis que l’âme se confond avec Djineswara (le - souverain maître des djainas Tels furent les anciens Djiuas ou saints , qui font l’objet de l’adoration. Aussi le» statues de ces Djinas sont elles toutes représentées dans un état complet de nudité , ce qui le» distingue des statues bouddhiques. »

Ou peut voir, pour les nombreuses sources à consulter sur ce curieux sujet : Bochiugcr , p. 220-230.

(9j La version latine précédemment citée porte (p 462} : « Et liabent suos regu lares qui cuslodiuut idula ; et quando volunt probare quod isti vint boni cl houesti , mittunt pro puellis que 5unt ohlatæ idolis, et faciunt quod illse tangunt eus hue et illuc et in pluribus locis corporis, et stant in magun solatin cum eis : et si meinhrum

Il sont si crueus 3l et si parfais ydolastres que c’est une deabierie. Et dient que il font ardoir 33 les corps mors pour ce que s’il n'estoient ars 34 , feroicnt il vers qui mengeroient ces corps. Et quant il n 'auraient bb plus que mengier, si morroieut ; et que l ame “ du corps en aurait grant pecliie et grant paine. Et c’est la raison pourquoi il ardent les corps mors.

Or vous avons conté une grant partie de ces genz, et de leur maniéré, qui sont en la grant province de Maabar. Si vous conterons ci avant des autres choses de ceste province meismes de Maabar, et dirai d’une cité qui a nom Cad.

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