CLXXVI. — * Mss. A. C. ydrts
frappante de 1* antériorité de la rédaction française sur toutes les autres rédactions, qui n’en sont que des versions plus ou moins fidèles. Par une singulière coïncidence le mot gat, qui se trouve avec le sens de forêt (étant dérivé de l’allemand wald, et que l'on écrivait aussi gîtait , gant) dans le texte français publié par la Société de Géographie de Paris, est aussi le nom que l'on a donné à plusieurs chaînes de montagnes boisées de la péninsule de 1’Iude, entre autres à celle* que les Anglais nomment Western Citais, et qui s’étendent de la rivière Toupti au cap Comorin ; les parlies les plus élevées de ces montagnes ayant environ lï,000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Ce mot de g liât, ou plutôt gluit, est Marathe, et signifie proprement : « un passage à travers des montagnes, » « une chaîne de montagnes. » Il serait possible que Marc Pol, qui devait le connaître, l’ait employé de préférence à tout autre pour désigner les monts toisés du cap Comorin. Il n’a pas été conservé dans les trois manuscrits de notre rédaction.
CLXXVI. — (I) Ely, est nommé par Plolémce (I. Vil, $ 8(i , édit. Nobbc) ftXéq » Aloyt qu’il place immédiatement avant Kôpoupa, paaO.ciov Kr4po6ô0pov, Karoura, ville royale d’un fils Kéralien - (Kr,po6ô0pou, étant la transcription du mot sanskrit kérala-poutra), ancienne dynastie des côtes du Malabar, dont les Radjahs de Cochin prétendent être descendus, et dout il est fait mention dans le Uarivansa ( voir ci-devant, p. 3üà, n.). La forme tamile du mot est Citera ou Te hér a- tôt' ru. Dans Pline ce nom est écrit correc-
tement Coelobothras , les lettres / et r en tainil se confondant souvent, ou plutôt le sou que nous représentons par ces deux lettres étant moitié dental et moitié lingual dans celte langue.
Ely est nommé J? Haiti , dans Abonlféda et dans Ibn Bntoutah ; mais ce dernier prétend qu’il faut prononcer ce mol Hlti. «Trium dierum « itinere (dit le premier, apud Gildcmeistcr ; « locv laudato , p. 180), ultra haut urbem (Man- « g’arôr, Mangator) est inons magnus , qui in « mare porrigitur et a peregrinatoribus e longin- « quo conspicitur, promonlorium Haili dictus. - Voici comment Ibn Raloutah décrit celte ville (traduction citée , t. IV, p. 81) :
n Au bout de trois jours nons partîmes (de « Mangalore) pour Hîly, où nous arrivâmes deux » jours après. C’est uuc ville grande, bien cons- « truite, situer sur un grand golfe, où entrent les « gros vaisseaux. Les navires de la Chine arri- ■ vent dans cette ville (ils y avaient amené Marc « Pol) ; ils ne pénètrent que dans son port et « dans ceux de Caoulem (Coilum) et de Kalicut. « Hily est considéré des musulmans et des idolâ- «• 1res, à cause de sa mosquée principale, etc. »
La ville que Plolémce nomme la * ville royale de Karoura, - après avoir cité Aloy , est la ville actuelle de Cannanore, située sur la côte du Malabar, par 11° 42' lat. nord et 13° long. est. Hîly ou F.ly n’en était pas éloigné, dans la direction nord ; celte ville devait se trouver sur le promontoire que l’on nomme actuellement le moût Dilli (ou plutôt d'/li). Sa position ne peut être mieux déterminée. C’est prés de Karoura,
treu a nullui ; et si ont language par eus (2). Désormais entrons en plus damesches1 lieus \ En ceste province n’a nul port, mais il a moult de fluns * et grans, qui ont bonnes fouis 3 et grans et parfondes'. 11 y croist poivre et gingembre, et autres espices à grant
b Cette phrase manque clans le ms. B. Le texte français de la S. G. porte (p. aaa) : • Lor costumes e les couses qc hi naisent vos diron tout aperlmant, e vos les pores « entendre plus cleremenl, por ce qe nos venons aprochanl à plus dnmesces leus. * Ce mot de dnmesces ou domesches est vraisemblablement dérivé du latin domcsticus, dans le sens de familiers, plus fréquentes. Aucune des autres rédactions ou versions n’a conservé ce passage, sans doute faute de l’avoir compris. » — c Le Ms. B. porte : qui ont
moult de bons pors, et sont grans et parfont .