CHAPITRE CLXXVI
foison (3). Leur roy est moult riche de trésor ; mais il n’est pas moult puissant de gent. Mais son régné est si fort que nulz n’v puct ostoier f sus lui ; si que pour ce il ne doute 5 nullui. Et sachiez que se il avenist6 que aucune nef venist " en leur fouis d, et sourdist 8 là ; si la prennent et robent, se elle vouloit aler autre part. Et leur dicnt : « Vous voulez aler en autre part, et noz dieu * vous a ci amenez à nous ; si que nous devons avoir tout le voslre. » Et n’y croient avoir nul pechié. Mais se elle vient en leur pays il la reçoivent à honneur et sont bien gardé et sauvé. Et ccst mauvais usage ont il en toute Inde, que se aucune nef va en son voyage, et par mal temps va en autre part ; il sont luit robé 9. Mais les nefs' du Manzi d’autre partie qui y viennent l’esté, si chargent en .vj. (six) jours ou en .viij. (huit) et s’en partent au plustost qu’il pevent'; pour ce (que) il n’y a port nul que esplaje IO et sablon 11 autres que les fouys Mais les nefs du Manzi portent si grans ancres de fust Iï,
Ml. B. pars.— ® M*. B. dieux, — f Ms. B. lai ms. À. nés. — K Ms. A. pueent.
4 Guerroyer. — 5 Craint. — 6 Arriitif. — 7 f'tnt. — 8 Apparût . — 9 Dépouillés. — ,0 Plage. — 11 Bancs de sable. — ** Parts de refuge. — Dois.
parlé le long de la cèle du Malaluir, sur le versant occidental des Gétht , ou » 3/a/aya, qui, dans cette langue, signifie : «chaîne des montagnes », du voisinage de Mangalore où il a remplacé le Canaresc et le Toulou, jusqu'à Trivendrutn où il commence lui-méuie à remplacer le Tamil, tandis que celui-ci gagne rapidement sur le malayâl'ain, tout le long de la côte du Malabar. Voici un aperçu du chiffre des populations
qui parlent ces divers idiomes qui ont beaucoup d'affinités entre eux :
1° Tamil. 10,000,000
2° Télougou 14,000,000
3” Canarese. 5,000,000
4“ MalayAl'am 2,500.000
5* Toulou 150,000
0° Touda, Kota, Gond, Kou. . . 500,000
Total... 32,150,000
(3) Le poivre noir est considéré comme la production la plu* importante de la côte du Mnlaltar ; les marchands arabes le nommaient le
« pays du poivre ». — « Il vient une grande quantité de poivre, dit Antoine Colin ( Histoire des drogues, épiceries , etc., traduite de Garcia et de d’Acosta, Lyon, 1G19, p. 140), au pays de Mnlavar, par toute ceste contrée maritime, laquelle va depuis le Promontoire de Comorin, iusques au pays de Ganatior. Ce sont les contrées esquelles croist le poyvre, encore* bien qu'il s'en trouve au-dessous de Cananor, du costé de septentrion; mais en si petite quantité qu'il ne suffit pas pour les gens du pays, car ceste plante ne croist pas tn lieux déserts cl miterrjins (situés dans l’intérieur des terres).
- Le gingembre, dit le même auteur (/b., p. 261), croist en toutes les proviucesdes Indes qui nous sont cognuës, soit semé, soit planté, car reluy qui naist de soy mes nie est de peu de valeur.
« Le meilleur et le plus usité, est celui qui vient de Malavar, lequel mesme les Perses cl les Aralies recherchent le plus. -
que il seuffrent moult de grans fortunes ans plajes^. 11 y a moult de lvons 15 et d’autres fieres 16 bestes moult venimeuses. Et si ont chassoison assez de bestes et d'oiseaux.
Autre chose qui à conter face n’y a. Si vous conterons du royaume de Melibar.