CHAPITRE CLXXVIII
qu’il ont ou ventre, pour ce que, quant les marclieans voient qu'il sont pris, si transgloulissent 6 les perles' et pierres, quant il ont
* Ma. A. prîtes. <
Avalent.
l’Inde, bornée aujourd'hui au nord par le golfe de KAtch ; au nord-est par l'Adjmir ou le paya des Radjpoules: le RAdjapoutâna ; à l'est, par le Malvtuh et KhAndich ; au sud par la province de Aurcngâbad et la mer ; à l'ouest par la mer.
I-a ville principale, du temps de Marc Toi, était NehrwAlah , qui donnait son nom à toute une provinre, et qui est aujourd'hui Puttun (lat. 53° 48'; long. E. 69° 3G”). Ce pays fut envahi, l’année 1024 de notre ère, par le célèbre sultan Mahmoud de Ghuzni , ou le Ghaznévide , qui s’empara du souverain régnant, nommé Djotimeu ou Djamutid, et pilla Nehrwâlah, sa capitale. Ijc pays fut ensuite gouverné par des délégués de ce sultan, lesquels, après la mort de Mahmoud, formèrent des Etal* indépendants. I.e GoudjarAt fut ensuite annexé à l’ Km pire des sultans Pathons de Dehli ; mais, au quinzième siècle, ce pays redevint un Etat indigène indépendant sous la dynastie des princes Radjpoules qui avaient embrassé la religion musulmane. En 1372, pendant le règne de l'empereur Akliar, la dynastie des Radjpoutes fut renversée, cl le GoudjarAt fut de nouveau annexé à l’Empire de Dehli. Après la mort d’Aurengzeh, le Goudjaràt fut dévasté par les Mahrates ; et vers 1724, ce pays fut définitivement soustrait à la domination de l’Empire moghol de Dehli.
(2) Ce langage, propre aux habitante du pays actuellement décrit, est le Gotidjarati , qui s'écrit avec des caractères dérivés du dtvanàgari , la langue elle-même étant dérivée en grande partie de la langue sanskrite. Cependant on emploie un autre alphabet nommé bàlabodhn ou bal bvd h, qui représente mieux les sons dé la langue mêlée orale des indigènes, laquelle a plusieurs articulations empruntées à la langue des nombreux étrangers de tous les pays, qui sont venus s’établir dans le Goudjaràt, dès l'époque où le commerce de l’Inde et de la Chine y fit affluer ceS étrangers. Toutefois, le GoudjarAt! ne fait point partir du groupe des langues dravidiennes, d’o-
rigine scythique, mais il appartient à la souche Aryenne, comme l'Hindi, le Sindhi, le Marathi et le Rcngali, dout le Sanskrit, la langue classique de l’Inde, est le prototype.
(3) Parmi les habitants de la province du Goudjarât, divisés en plusieurs classes, les Kalits et les Koulis sont encore considérés aujourd'hui comme possédés d’un instinct de vol et de pillage le plus prononcé. Les premiers, d’après leurs propres traditions, seraient Hindous d’origine. Depuis l'époque la plus ancienne de leur histoire, ils ont été des voleurs de profession, considérant le vol comme étant leur industrie naturelle, et leur moyen légal de subsistance. Les individus les plus civilisés de celte classe ont toujours pratiqué l’infanticide drs enfants du sexe féminin, sans doute parce qu’ils ne les trouvent pas propres à exercer convenablement leur industrie. Les seconds (les Koulis) sont une tribu sauvage qui se livre uniquement au vol de tout genre, et qui est répandue en nombre considérable dans toute la province, formant des espèces de Hans qui oliéissent à différents chefs.
On compte aussi lesBhils parmi les tribus sans lois qui font métier de braver celles qui existent. Ils habitent les districts boisés et montagneux, de Malwa à Bidjapour, et des parties orientales du Goudjaràt jusqu’à Gondvvana, quoique l’on prétende que Khàndich soit le lieu de leur origine. Ils sont étrangers à la race hindoue, et on croit qu’ils habitaient primitivement l'Inde centrale. Ils sont généralement de petite taille , d'un teint très-foncé, d’une figure sauvage, allant presque nus, et toujours armés d’u/i are et de flèches, ce qui ferait supposer qu’ils descendent de la première invasion scythique.
(4) Tamarhindi, c'est-à-dire datte
(tamr) ou fruit du palmier de Y Inde, parvenu à sa graude maturité, selon Ibn Beithar, dans Golius. On lit dans |’# Histoire des drogues et espiceries « d’Antoine Colin déjà cité (p. 184):
« Les tamarins naissent dans plusieurs endroits
seu qu’il sont de grant" vaillance *. Et par ceste voie les ont toutes, les coursa us.
Il y a en ceste province de Gazurat moult de poivre, et de gingembre et d’inde* (5). Et si ont aussi moult decoton. Et lesarbresqui font 9 le coton sont bien haut six pas ; et sont vielx ' bien de vingt ans. Mais bien est voir ,0, quant les arbres sont si vielx, le coton que il font n’est pas bon pour fder ; mais pour faire autres services (6).
d Ms. A. greigneur. — * Id. viex.
7 De grande valeur, — * Indigo. — 9 Produisent. — 10 / rai.
des Iodes. On les appelle en malavar, Pâli; en guzarale, Amhili, souz quel nom ils sont cogneus de toutes les autres provinces indiennes.
- Les Arabes les nomment Tamarindi , comme qui diroil « petites palmes indiennes. ■ Car Tamar en leur langue (comme un chacun sçait) signifie dattes. Or ces Arabes ont appelé ce fruit « petites palmrs » non que l’arbre qui 1rs produit soit semblable à la palme, mais parce qu’ils n’ont pas trouvé un nom plus couvetiable, voyant aussi qu’ils avaient des osselets au dedans comme les dattes.
« L’arbre est de la grandeur du fresne, d’un noyer, ou d’un chastaignier, d’une matière dure non spongieuse , ayant les rameaux ornés de beaucoup de feuilles, découpées menu, de la longueur d’un empan ; le fruict se forme de la figure d’un arc, ou bien d’un doigt recourbé ; etc.
h Les habitants de l’Inde se purgent fort béuignemrnt avec les tamarius pris avec huile de noix d’indit*. Et les médecins indiens appliquent sur les parties du corps affligées d’érysipèle, les feuilles de tamarin broyées. On les porte en l’Arabie, en Perse, en l’Asie Mineure, etc. »
(5) Le produit que Marc Pol appelle ici inde, est V indigo, qui a la même étymologie due au lieu de son origine ; eu sanskrit il est nommé nila , mot qui veut dire ■ noir » ou « bleu foncé » qui est la couleur de l'indigo. Les Indiens cultivent la plante à indigo depuis un temps immémorial ; ce sout eux qui ont appris aux Européens l'art de l’indigolier, et celui de la culture la plus favorable pour avoir des plants riches en
substance colorante. Cette piaule se cultive sur une grande échelle dans l’Inde ; il y a des planteurs d’indigo (dont la plupart maintenant sont des Européens, surtout des Anglais), comme il y a en Amérique des planteurs de cannes à sucre. D'après R. Montgomery Martin ( S fa lis tics of t/ie Colonies of the BritisU Empire, London, 1839, p. 303) le nombre des factoreries d 'indigo était alors de 899, appartenant à des propriétaires européens. Le produit s'était élevé en 1827 â 45,300 caisses; en 1831, il était tombe à 30,000 par suite de l'avilissement du prix.
(6) Marsden (note MOI), et après lui M. Hugh Murray, prétendent que Marc Pol a confondu le bombai , ou arbre qui porte le coton ( silk-cotton tree) lequel croit ordinairement à une hauteur de quinze a vingt pieds, avec le gossipium arboreum ou le gossipium herbaceum , qui est une plante annuelle. Mais Mare Pol n’a fait aucune confusion semblable. Il ne parle que de l'arbre qui porte le coton, et dont le produit, quand l'arbre est vieux, sert à d’autres usages. « On connaît dans l’Indoustun, dit M. Legoux de Flaix ( Essai historique, géographique et politique sur C ht dons tan, Paris, 1807, t. Il, p. 105), plusieurs espèces, ou, pour parler plus exactement, plusieurs variétés du cotonnier; il est Irès-multiplié dans les dillërcntes provinces de l’Iodoustan. Au Bengale, où se trouve un grand nombre de fabriques de mousselines diverses et de toiles, les artisans distinguent sept espèces de coton, eutre autres celui à laine blanche, celui à laine rousse et celui dont le duvet est jaunâtre. On les cultive égale-