CLXXXIV. — • Ms. B. luit. — ' Mi. A. Le ms. B. coulon
duction citée) : « Le cheikh Saïd se mit eu route avec OuaclU (un pèlerin) , et ils acheté' rent des marchandises avec l'argent qu'ils avaient disponible ; mais quand ils furent arrivés à Pile Sokothrah, d’où emprunte son nom Valait takotlirin (vulgo tocatrin), ils furent attaqués par des voleurs indiens, montés sur un grand nombre d'embarcations. Un combat acharné eut lieu, dans lequel beaucoup de inonde périt des deux côtés. »
Ou voit, par cette dernière citation, que les pirates étaient encore, vers l'année 1345 de notre ère, très-communs dans les mers de l’Inde.
Ou lit aussi dans la « Relation des voyageurs arabes du neuvième siècle « (traduction de M. Reinaud, t. 1, p. 139) : * La même mer renferme l’ile de Socothora, où pousse Paloè* socolhorien. La situation de cette ile est près du pays des Zemlj et de celui des Arabes. La plupart de ses habitants sont chrétiens ; celte circonstance vient de ce que , lorsqu’Alexandre lit la conquête de la Perse, il était en correspondance avec son maître Aristote, et lui rendait compte des pays qu’il parcourait successivement. Aristote engagea Alexandre à soumettre une ile nommée Socothora, qui produit le tabr (l’aloès) , nom d’une drogue du premier ordre, sans laquelle un médicament ne pourrait pas être complet. Aristote conseilla de faire évacuer Pile par les iudigèues, et d’y établir des Orées qui seraient chargés de la garder , et qui enverraient la drogue eu Syrie, dans la Grèce et eu Egypte. Alexandre fit évacuer Pile et y envoya une colouie de Grecs. En même temps il ordonna aux gouverneurs de provinces qui, depuis la mort de Dan us, obéissaient à lui seul, de veiller à la garde de cette ile. Les habitants se trouvèrent donc en sûreté juaqu’à l'avènement du Messie. Les Grecs de Pile entendirent parler de Jésus, et, à l’exemple des Romains, ils embrassèrent la religion chrétienne. Les restes de res Grecs se sont maintenus jusqu'aujourd hui (neuvième siècle) , bien que daus I ile il se soit conservé des hommes d’une autre race. « [Noir aussi
la traduction et les notes de Rcuaudot, pp. 1 13, 17?, 103.]
Cosinas Pludicopleuste (sixième siècle) dit aussi daus sa « Topographie chrétienne « quo^ de sou temps, Pile était occupée par des Grecs, des Arabes et des Indiens. Mais une mention plus ancienne encore est celle de l'auteur du - Périple de la mer Erythrée » qui dit : K ai xavà voütov êv via 7ïe).iy£i vr/roc, àvà piaov tovtou xod tou Ttépav &xpu>Tr,pto'j tûv ’ÀpwptxTwv, T» Lvcrypto auvopiCovaa |lcW.ov, t, Atoexopiooo xa- ),c.’jpévq, peyior»] pàv, x. t.L« Ex adverso ejus in alto insula est, media inter hoc atque opposilæ continentis promonlorium Aromalum iuterjecta, Siagro tanien propior, Dioscoridis dicta , antplissima quidem, rtc. » ( Geographi Grcrn minaret, 1. 1, p. 280, éd. Didot). L’auteur du Périple dit ensuite que les insulaires étaient des étrangers, et qu’ils formaient un mélange d’Arabes, d’indiens et aussi de Grecs,’ qui étaient allés s’y établir dans l’intérêt de leur commerce : Eioi èntÇîvoi xod tiripixTot l\pi6cov « x»l ’Iv&üv xati fit *EXXr,vo>v twv *po; ipyoteiav ixTïXsÔVTWV. ( Ib .)
Ptolérnée parle aussi de Pile de Üioscoride, A'.ooxopiôou; vr,iro; (I. VIII, 22, $ 17, édit. Nobbe); mais il ne dit pas qu’elle était habitée de sou temps par des Aralws, des Grecs et des Indiens, comme l’auteur du Périple, ce qui ferait supposer qu’au moins les marchands arabes et grecs ne s’y établirent qu’après l'époque où écrivait Ptolérnée (dans la première moitié du second siècle de notre ère), et ce qui place l’auteur du Périple à un âge postérieur à celui de Plolémce, comme beaucoup d’autres iudice» tendent à le démontrer.
L’ilc de Socot/tra est une de celles de la mer d'Arabie que Diodore de Sicile appelait Ntjooi evôatpovi; (I. III, § 47, 35, éd. Didot), - les îles fortunées ». Ce nom répond à celui même de Pile en question , lequel nom est dérivé du mot sauskril SoukhàJhanx , « qui contient le bonheur, la félicité », nom du ciel d’Indra ; el avec le mot dvipa , « ile - (forme dialectique