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pas. Et est si fort t|ue il prent un olifans à ’ ses piés et le porte moult haut ; et puis le laisse clieoir, et ainsi le tue, et descent sus lui, et en menjue à sa voulenté. Et l’appellent, les genz de ces isles: Hue (4);
7 Avec, au moyen de; dans le sens spécial de la préposition latine à ou ah, d’où « dérive.
(4) Rnkkh , dit Golius ( Lexicon
arabico-
latinum , col. 002), nomen axis, qui* ïntegruni rhiuocerota rapit aspor talque.— C’est l'oiseau gigantesque dont il est tant parlé dam les voyages de Sindbad le Marin, et dans les Mille et une Nuits o«i les voyages de Sindbad sont aussi racontés. C’est très-vraisemblablement de quelque navigateur arabe que Marc Pol apprit l'histoire merveilleuse de l’oiseau Rue. M. Lanc, dans les notes de sa belle traduction anglaise des - Mille et une Nuits - (vol. m, p. 90 et suiv.) a donné la figure de l'oiseau rukh, enlevant trois éléphants, un dans chacune de ses griffes, et l'autre dans son bec ; celle figure a été gravée d’après un»: peinture orientale appartenant à la Société asiatique de Londres, et portant le titre de : Tas’i»w Simourgh yà Roukh, •< peinture du Simourgh ou Roukh. »
Ou trouve aussi dans une Encyclopédie chinoise intitulée Sdn-thsaï thoù lioéi, Section de la Zoologie (k. 2, fol. IC) la ligure du même oi-
seau, nommé Jjfjbj phéng par les Chinois. L’auteur de cette encyclopédie, Wang-khi, dont la préface est datée de l’année 1007 de notre ère, dit, à propos de cet oiseau : - Tous les êtres qui existent dans l'univers, qu’ils soient grands ou petits, peuvent être étudiés et connus ; il u’y a que le I/ià-kï, « changement de l'été - comme on le surnomme, li'quel est une transformation de la haleine, qui fasse exception : c’est le Phéng. » Le philosophe Tchouang-tseu, qui écrivait dans le quatrième siècle avant notre ère, parle déjà de l'oiseau Roukh, eu ces termes :
a 11 y a un cétaré qui est si grand que l’on ■ ne sait pas combien il a de mille li (I li = « 000 m.) ; il change de forme et devient oin seau ; son nom alors est phéng (oiseau nommé « pi>’"g). •
Ou lit aussi dans le Tsi-hiaî, ancien livre du royaume de Tti , cité dans le Dictionnaire impérial de Khang-hi (sub voce phéng) : « Le - phéng -
se ren rentre dans les eaux profondes et azurées des mers méridionales ; il en hat une étendue de trois mille li ; l’agitation qu’il produit à la surface de ces mers s’étend à 90,000 li. »
Le Phéng est considéré ici dans son état primitif de cétaré ou baleine gigantesque, existant dans les mêmes mers où l'oiseau Roukh a etc placé.
Ce dernier est vraisemblablement le même que le GarouJa, oiseau que les poètes indiens représentent comme servant de monture au dieu Yichnou, et qu’ils décrivent tantôt comme étant une grue gigantesque, un vautour ou un aigle. C’est le « maître ou chef de ceux qui vont dans l'air » : khagai/vara. Voici le portrait qu’en fait l'auteur du Harivansa (t. I, p. 208 de la traduction de A. Langlois) :
» Hari , au moment du combat, est monté sur cet oiseau , frère aîné d’Arouna ( le conducteur du char du soleil) , et fils de Casyapa , ornement des airs qu'il parcourt avec orgueil et puissance. Garouda porte , comme collier, un des noirs seraient* ses ennemis. Il enleva jadis l’astre qui est le réservoir de l’ambroisie (la lune, SOma), et il garde encore la trace de la foudre d'Indra irrité contre le ravisseur, auquel Vichnou seul put reprendre sa proie. Sa hauteur égale celle de Mandara, et sa foree a cent fois paru dans les disputes des Dévas (dieux) et des Asouras (démons). Une aigrette surmonte sa tête, ceinte d'un diadème, et ornée de pendants d’oreilles magnifiques. Son plumage varié brille comme une montagne féconde en minéraux divers. Ses serres et son bec sont aigus ; un duvet blanc comme les rayons de la lune couvre sa gorge parée du trophée conquis sur les serpents, lequel est pour lui la plus brillante des pierres précieuses. Quand il s'amuse à déployer dans le ciel scs ailes peintes de riches couleurs, on dirait deux nuages, pareils à ceux que, vers la (in des saisons, sillonne l’arc iTIudra (l’arc-enciel). Son grand corps est un étendard resplen*
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et n’a autre nom. Pourquoi je ne sav se il sont autres manières d'oiseaux aussi grans, ou se il sont les oiseaux Grif. Mais je vous di
(lissant, où se déploient les trois couleurs : le noir, le rouge et le jaune. »
Uni Raloutah raconte ainsi une apparition de l'oiseau roukh dont il fut témoin dans les mers de l'Inde { trad . citée , t. IV, p. 305) : « Au quarantetroisième jour (de navigation dans ces mers), nous vîmes après l'aurore une montagne , dans la mer, à environ vingt milles de distance, et le vent nous portait tout droit contre elle. I.es marins furent surpris et dirent : « — Nous ne sommes pas dans le voisinage de la terre ferme, et l'on ne ronnait point de nioutagne dans cette mer. Si le vent nous forre à heurter contre celle-ci, nous sommes perdus. * — Alors tout le monde eut recours aux humiliations, au repentir, au renouvellement de la résipiscence. Nous nous adressâmes tous à Dieu par la prière, et cherchâmes un intermédiaire dans son prophète Mahomet. Les marchands promirent de nombreuses aumônes que j'inscrivis pour eux de ma propre maiu sur un registre. Le vent se calma un peu; nous vîmes, au lever du soleil, ce mont qui était très-haut dans l'atmosphère ou les airs, et nous distinguâmes le jour qui brillait entre lui et la mer. Nous fûmes étonnés de cela ; j'aperçus les marins qui pleuraient, se disant mutuellement adieu, et je fis : « Qu'avez-vous donc? » — Ils me répondirent : — « Certes, ce que nous avions pris pour une montagne, c'est le Rnkkli
et rnlUt, le Roukh) ; s’il nous voit, il
nous fera périr. » Il était, à ce moment, ù moins de dix milles de la jonque. Ensuite le Dieu trèshaut nous fit la grâce de uous envoyer un bon vent , qui nous détourna de la direction du Rokkh ; nous ne le vîmes donc pas, et ne connûmes point sa véritable forme. »
De toutes les citations qui précèdent, puisées chez trois peuples différents, il est facile de s'apercevoir que l'existence supposée de cet oiseau fabuleux est due à un phénomène physique qui se produit aux yeux des navigateurs dans les mers équatoriales, etdaus le Grand Océan austral, là même où toutes ces traditions placent l'oiseau Roukh, Garoudn , et le Phêng. Ce phénomène doit é‘tre un mirage sur mer, comme ceux qui se
produisent sur terre, à mesure qu’on en approche.
Ainsi , d’après les récits faits à Marc Pal, ce n'était point à Madagascar, mais dans des îles plus éloignées vers le sud, que l'oiseau Rue avait été vu. La découverte d’ttufs monstres faite, il y a une douzaine d'anuées, sur les eûtes du sudouest, et à l’extrémité nord-ouest de cette île. et dont l’Aeadémie des sciences de Paris s’est occupée, a pu faire croire un instant que ces omis, envoyés à Paris, était ceux de l'oiseau Roukh, dont avait parlé Marc Pol. M. Isidore Geuffroy- Saint-Hilairc en fil une élude particulière , et il en présenta les résultats à l'Académie des sciences le 21 janvier 1851. l-a capacité de l’fipyornia (nom donné par M. I. GeofTroy-Snint-Hilaire à l'oiseau encore inconnu dont ils proviennent), est d’environ 8 litres 3/4 ; c’est presque la dimension d’uu décalitre. Sa taille devait s’élever a environ 3 mètres G ou 8 centimètres ; il devait encore vivre à une époque peu éloignée de la nôtre. Peul-étre môme n'a-t-il pas disparu de la création ; la tribu malgache des Sakalavias prétend que l’épyomis existe encore à Madagascar. Quand bien même il en serait ainsi, le fameux oiseau ■ Roukh ■» n’en serait pas plus retrouvé pour cela. L’épvomis serait encore loin d'atteindre à ses dimensions gigantesques , auxquelles d'ailleurs l'imagination des poète» orientaux et des marins a dû avoir une grande part. Mare Pol a bien soin de nous dire que le « roukh u’a rien de commun avec le griffon des peuples de l’Asie occidentale, moitié aigle et moitié lion, et qu’il ressemble complètement à l’aigle, mais dans des proportions tout à fait gigantesques. La figure qui en est donnée dans l'Encyclopédie chinoise, citée ci* dessus, confirme tout à fait le dire de Marc Pol ; c'est lin animal qui tient de l’aigle et de la chauve-souris, taudis que le « Garouda des Indiens est représenté ayant un hcc d'aigle avec un corps et des jambes d'houime. Malgré celte différence, due au génie des différents peuples, il est à présumer que l'idée d’uu oiseau gigantesque, le roi de tous lés êtres volants, provient de la même source, et qu’il a eu pour type un oiseau de dimension colossale pour nous ,