‹ Le livre de Marco PoloChapitre 265 sur 357 · CLXXXVI. — ■ Ms. B. tangaig t. — ** Id. ireuage tribut · texte numérisé non relu

CLXXXVI. — ■ Ms. B. tangaig t. — ** Id. ireuage tribut

CLXXXVI. — (1) C'est la contrée que le géographe arabe Bakouï (Notices et Extraits des

Mss., t. II, p. 395) nomme Belâd

al Ziadj, ou le « pays des Zendj, « que les Européens nomment Zangucbar. « Ce pays, dit Itakouï, a d'étendue deux mois de marche ; au nord est l’Yemen ; au midi la contrée nommée Alfdûani ; à l’orient la Nubie, et à l'occident 1'Ëthiopie. Ses habitants soûl noirs et brilles par la grande ardeur du soleil. Ils descendent de Kouscli, fils de Kanaan, et sont très-mauvais; ils diffèrent des autres hommes par la couleur noire, le nez écrasé, la grosseur des lèvres, l'épaisseur de la main, par le talon, par la puanteur, par ta promptitude à la colère, par le peu d'esprit, par l'habitude de se manger les uns les autres, et par celle de manger leurs ennemis. Ils ont un roi qu'ils nomment Altlim ; ils montent drs lxrtifs pour faire la guerre, parce qu’ils n’ont point de chevaux. L’étoile de Sohaïl (Canope) parait toutes les nuits ehez eux. Ils ont beaucoup d'or, vont à la chasse des éléphants qni sont cti grand nombre, et ils font commerce d’ivoire qu’ils ont en quantité, et qui est le plus estimé. Malgré leurs richesses ils ne portent que des ornements de fer. •

Cet auteur arabe, originaire de la ville de Bakou, prés de la mer Caspienne, comme l’indique son nom de Bakou!, et qui vivait dans le commencement du quinzième siècle, avait dA tirer ses renseignements sur les nègres du Zanguebar, des mêmes sources que Marc Pol ; c’està-dire des navigateurs et voyageurs arabes dans les mers de l'Inde; aussi les peintures qu’ils font

de ce* mêmes nègres ont-elles une grande ressemblance ; seulement Bakouï , mieux renseigué (il vivait plus duu siècle après Marc Pol), parle du « Zendj » non comme d’une grande île - semblable a celle de Madagascar », mais comme d’un grand pays en terre ferme. Le marchand Soleyman, qui se rendit en Chine dans le neuvième siècle de notre ère, parle aussi du « pays de Zendj >• ou des nègres de la rôle de Zanguehar, comme d’une terre ferme. ■ Le pays des Zendj est vaste, dit-il (Irad. de M. Hcinaud, t. I, p. 131). Les plantes qui y croissent, telles que le dorra , qui est la base de leur nourriture, la eaum* à sucre cl les autres plantes, y sont d'une couleur noire. Les Zendj ont plusieurs rois en guerre les uns avec les autres; les hommes ont à leur service des hommes connus sous le titre d v almok/iazzamonn (ceux qui ont la iiarine percée), parce qu’on leur a percé le nez. Un anneau a été passé dans leur narine, et à l’anneau sont attachées des chaînes. Eu temps de guerre, ces hommes marchent à la tète des combattants; il y a pour chacun d’eux quelqu'un qui prend le bout de la chaiue et qui la tire, en empêchant l'homme d'aller en avant. Des négociateurs s’entremettent auprès des deux partis; si l’on s'accorde pour un arrangement, on se retire; sinon, la rhaine est roulée autour du cou du guerrier ; le guerrier est livré à luiméme ; personne ne quitte sa place ; tous se font tuer à leur poste. Les Arabes exercent un grand ascendant sur ce peuple; quand un homme de cette nation aperçoit un Arabe, il se prosterne devant lui et dit : « Voilà uu homme du pays qui produit la datte ; » tant ce peuple aime la datte, et tant les ca»urs sont frappés. »

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