CHAPITRE CLXXXYI
bons combateurs et vaillans en bataille; et doutent pou ' la mort (4). Me n’ont nulz cbevaus, mais conibatent sus cbameus et sus olifans. Et font dessus chasteauxde fust 'J, où il a bien .x. (dix) ou .xvj. (seize) personnes atout IO lances et espées et pierres; si que ceux qui sont dessus les olifans font moult grant bataille, qui sont es chasteaux de fust. Il n’ont nul armeure, mais escu 11 du cuir, et lances et espées ; si que il s’entr’occient à merveilles. Et quant il veulent mener l'olifant en bataille, si leur donnent de leur vin assez à boire ; si que il sont demi vvre. Et ce font il, que quant il a beu, si devient plus lier et plus orgueilleus et en vaut mieux h en la bataille.
n Ms. A. doutent poi, redoutent peu. — h Id. miex. y Bâtis de bois ; espèce de blockhaus. — 10 Avec. — “ Bouclier .
(4) Le pays de Zendj, ou Zendjebar, comme uu grand nombre d'autres points importants des îles et des côtes de l'océan Indien, avait été occupé depuis longtemps par des colonies d’Arabes que la religion de Mahomet avait Canalisés au point de vouloir la répandre dans l'univers entier, en même temps que d’en faire la conquête par les armes ou le commerce. « Ils partaient de la mer Rouge, dit Charpentier Cossiguyr (t'uy tiges à Canton, etc., Paris, au VIII, p. 200), et se rendaient en droiture à la côte du Malabarre, de là à celle du Coromandel, d’où ils pénétraient dans le détroit de Malacra et de là en Chine. Ils s'étaieut répandus à Sumatra et à Java. Partout ils ont formé des colonies ; partout ils ont propagé leur religion; ils étaient commerçants et missionnaires. Ils ont donné un commencement de civilisation et de police aux peuples agrestes «le la presqu’île de Malacca, et à ceux de Sumatra et de Java. Plusieurs de leurs compatriotes fréquentaient dans le même temps la côte orientale d'Afrique, où ils ont formé un établissement qui subsiste encore. C’est Zanzibar, dépendant de l’Iinaii de Mascale. D'autres ont été à Madagascar. Ils se sont établis à Bombetoc, dans la partie du nord de cette île, et an Fort-Dauphin , dans la partie du sud. Ces Maures, partis de la mer Rouge, ont formé dans le même temps des établissements à la côte orientale d'Afrique, qui
subsistent encore : tels que Mélirde, Muubasr, Quiloa, Patte, rtc. , qui sont indépendants les uns des autres ; mais ils n’ont pu venir à bout de civiliser les Africains. »
Il est à présumer que les habitants du Zanguehar, qui éLaieut « bous combateurs cl vaillants ■« en bataille, et s'entr'orcioient à merveille, » comme dit Marc Pol, étaient des descendants de ces memes Arahrs qui s'étaient établis dans le pays, et non des nègres indigènes. Cm mêmes Araln-s pouvaient se servir d'éléphauU à la guerre comme les souverains musulmans rontenqioraiu* de Soumalra et de la rôle du Malabar. * Le* équipages et tes voitures des Maures, dit Gro.se ( Voyages aux Indes orientales , tr. fr., p. 247), consistent principalement en éléphants , chevaux, palanquins cl Hakries... Les éléphants qui, sous le régne d’Aurengxeh, faisaient une partie considérable de ses forces, sont aujourd’hui beaucoup moins d'usage à la guerre. Un s’est convaincu que, malgré leur docilité, depuis l’usage des armes à feu, il était impossible de s'cii servir dans une action , leur masse les rendant le but de tous les traits, auxquels ils ne |ieuvent échapper ; et il est certain qu'une fois blessés et rendus furieux par la douleur de leurs plaies, ils faisaient beaucoup de ravage du côté de ceux qui les employaient, et, par conséquent, nuisaient plus qu'ils ne servaient» »
Autre chose n’v a qui à conter face. Si vous dirons ci avant de la grant province de Abbasie, qui est la incdiennc 11 Ynde, si comme vous pourrez oïr et entendre , et du fait d'Inde. Et sachiez tout vraiement que nous ne vous avons conté des isles, mais que des plus nobles provinces et royaumes aussi qui y sont (5). Car il n’a homme au monde qui de toutes les isles d’Inde peust conter ne dire la vérité. Mais je vous ai conté de toutes les meilleurs choses et la flour ,3. Car grant partie de toutes les autres isles dont je vous ai fait mention, sous cestes, sont dont je vous ai conté 14 . Et si vous di que, selonc le compas des bons mariniers de celle ‘ grant mer1 xij. ni. et . vij . cenz (i 2,700) isles, qui se scevent ,s, sans ceus que l’en 11e scet pas, là où l'en ne puet aler; lesquelles isles douze mille et sept cens sont toutes habitées; et est moult grant merveille. Car il y a de si grans et de si desmesurées isles comme vous avez ouy. Et ce content, de certain, touz les mariniers de celle mer ; et il le scevent bien pour ce que touz les jours il ne font que 11agier (6).
» Ms. B. reste. — j Ms. C. Les mss. A. B. isle.
" Moyenne. — *3 Fleur. — *4 Sont jtlacces sous la dépendance de celles qu'il a décrites. — Sont connues.
(6) Celle phrase est embarrassée et peu claire daus nos mvs. Le texte français de la Société de Géographie porte (p. 236) : « Sachiés luit voireiuant qe nos ne \oi avon contés de l’isle de India for» qe de les plus nobles provences et roiaincs et ysles qe hi soient. » l.a version latine est plus explicite (p. 472) : « Et quatuvis ego scripserim mullu de India et de insulis ejus, non proplerca scripsi nisi de insulis principalihus. Alite quas non curavi scribere sunl suhjectæ illis quæ sunt scriptæ suprrius. * D’un autre côté, il n'y est pas question des • royaumes » de Tlude décrits précédemment. Marc Pol a voulu évidemment dire que le lecteur sache bien que, eu ce qui touche les royaumes de l'Inde continentale et les iles des mers qui la baignent, il a dri se borner à n’en décrire qu’une faible partie, à cause de leur nombre et de leur étendue ; mais qu'il
en a fait connaître les •• principaux et la fleur, » comme il le dit fort bien.
(6) Les mariniers ou navigateurs qui donnèrent ces renseignements à Marc Pol n'étaient pas Arabes, ou, du moius, ils différaient beaucoup d'opinions avec ceux qui renseignèrent le géographe arabe Edrisi (douzième siècle), qui n'eu compte que dix -sept cents : * Mille et septiugentAs numéral insulas in mari Indico atque Siuico ’srh Scharif ol Edrisensis, habitats* , non computalis iis, qiue désert» jacent, ut qun* si ni iniiumerabiles. "( Abdfeda: Ceographia , traduction de J. Reiske, dans Husching, p. 276.)
Toutefois un voyageur français, déjà cité par Marsdcti, Pyrard , de Laval, qui fit naufragr en IG02 dans les mers de l’Inde, et fut retenu cinq ans prisonnier, dit en parlant du nombre des îles qui existent daus ces mers : ■ Leux du