CHAPITRE CLXXXV
mes moult grans *, desquels h six rovs sont, les trois crestiens, et les trois sarra/.ins; et le greigneur des six, si est crestien ; car toux
CLXXXVII. — » Ces deux mots manquent dans le ms. B. — *» Ms. A. desquex.
province actuelle de Travancore. L’ère de Coilum, c'est-à-dire Kollam, que l’on nomme aussi de Parasou-IUma, qui commence à l’année 7G4 de notre ère, pourrait bien fixer l'introduction de la colonie de brahmanes dans celle partie de la péninsule (et dont il a été question ci-dessus) à cette même date.
4. Le quatrième royaume, celui d’Ély, était situé au nord du précédent, sur la côte du Malabar. Il avait dù dépendre antérieurement de l’Etal gouverné par les brahmanes, car toute la côte du Malabar faisait partie de l'ancienne contrée de Kérala. Cette partie, comme celle de kanara, dont il va être bientôt question, est une contrée montagneuse, entrecoupée de nombreux petits ruisseaux qui descendent des moutagucs des Gàllis et se jettent dans la mer. Les pluies y commencent généralement en mai et finissent en octobre.
5. Le cinquième ro va unie, celui de Mélibar, était également situé au nord du précédent, dans la rentrée que l'on nomme kanant, par corruption du terme sanskrit hamata, le C.arnatic, dont la capitale , au quatorzième siècle, était Yidjiiyanagari (nommée communément Itijnagar), mais qui au treizième, à l'époque de Marc Pol, était moins étendu ; des râdjns, qui d'abord n'étaient que de grands vassaux, se rendaient ensuite indépendants, quami leur intérêt et des circonstances favorables le leur permettaient.
G. Le sixième royaume, le Gaztirat, dont le nom en .sanskrit était Sourachf ra, était un des plus célèbres de l'Inde. Il était connu des Arabes au neuvième siècle sous le nom de - royaume du Italhara ». M. Gildcmeister, dans son ouvrage malheureusement inachevé, et que nous avons déjà souvent cité, dit (p. 42) . - Nomen quwl « ^ (balharà) scribitur, Indopleusta et Ma- « sudio auctoribus commune erat omnibus ejus « familia; regibus; srrunduni ll.mqunliden de* « sumptum est de regionis, quant tencb.mt, no- « mine. Ut raque sententia recte se lmbet. Qui- « nam Indirus rev balharà ille fueril, diu la-
« luit, mine autem certo dici potest, postquam « ea dyuastia tum ex inscriptionibus, turn ex « iudigeuarum anualibus, tum ex Siueusium re- « lalionihus nobi.s innotuil. Ea in urbe Yalablii, « Guzcrata* peninsula* olim capite, kodie Ilalbhi « vocata, decem milliaria Anglica septentrionem « versus et occidenlem a Bhownnugger sita, « inde a quarto sseculo exslitit, el ab urbe sel - regione Yalahhi denominata est. Itaquesoca- « huluni t i (balharà) ortum est ex pràkrita « forma Dalahiràa pro Iîalabhtrâdja. Quum « eortini regnum Gurg'aram (Gurdjaram) et « Sauràsht'ram compleeteretur, omniiio recte m Aralies ejus fiuium descriptioncin tradiderunt; « postea tamen uiulta in balharam translule- •* rnnt, quai in alios Indiæ reges valent... Pos- « teriores deiude omnia couturbarunt, et Bal- « liane ascribunt Kanog’ai regnum vel alia. ■
Ou peut eonsulter à ce sujet l'excellent Mémoire de M. Edward Thomas, intitulé : On the Dynasty of the Sdh Kings of Surashtra, publié dans le Journal of the Royal asiatic Society, etc., vol. XII, part. I, aimée 1849, asec sept planches de médailles de ees rois, dont les premiers connus étaient de race îndo-scythique, ou des fnë-tchi, comme les nomment les historiens chinois, ainsi que nous avons été le premier à le faire connaître dans les notes de notre traduction de la Notice sur P Inde, par Ma-touan-hn , insérée en anglais dans Y Asiatic Journal de Londres, de l’année 1836, laquelle Notice fut reproduite, avec les notes qui l'accompagnaient, dans le Journal of the Asiatic Society of Bengai, dirige par J. Prinscp ; Calcutta, January, 183“. A l’époque de Marc Pol, l'ancien royaume de balharà n'existait plus dans son intégrité; il s'était formé de ses débris plusieurs petits royaumes , comme celui de Goudjarat , qui furent promptement la proie des sultans de Delhi.
7. Le septième royaume, celui de Tana , ou Tanaim, comme l'écrit Mare Pol, aurait dù être décrit avant le précédent , si , comme l’exige M. Hughes Murray, on devait toujours suivre l’ordre direct; c’est peut-être ici une transposi-
les autres sont soubinis ' à lui (a). Et les crestiens si ont trois signes
enmi le vis 1 : l’un du front jusques enmi le nez, et les autres deux
c Ms. A. soutmii.
CLXXXVIL — * ruage.
lion de chapitres faite par les premiers copistes. Quoi qu’il en soit, la situation de ce royaume n’est pas douteuse ; il devait comprendre une partie, sinon la totalité, de la province de Konkan, que l’on nomme aujourd'hui Aurcngahad , qui a liombay (chez les indigènes Mombay) pour capitale.
8. Le huitième royaume, celui de Cambarth on Caml>aye, est situé au fond du golfe de ce nom, et fait aujourd'hui partie de la province comprise sous la dénomination générale de Goudjarate.
9. Le ueuvicme royaume, celui de Scmenat ou Soumenat, en fait aujourd'hui (‘gaiement partie. Leur importance, à l’époque de Marc Pol, consistait moins dans l'étendue de leur territoire que dans les édifices religieux dont ils étaient en possession, surtout ce dernier.
10. Le dixième royaume décrit par Marc Pol, celui de Quésivacuran, était, comme nous l’avons démontré, situé sur le golfe de Kalch, ou Ques, et nou dans le Mékran, comme Marsdeu et les autres commentateurs de Marc Pol l'avaient prétendu. Il ne s'étendait pas jusqu'à l'Indus, qui forme en quelque sorte la limite naturelle de l'Iudc, mais jusqu’à l'État du Sind, qui, depuis la conquête qu’en firent les Arabes, en “ ! 1 de notre ère, ne fut plus indépendant ; c’est pourquoi Marc Pol ne l’a pas compris au nombre des royaumes de l’Inde. Les - trois royaumes - qu'il dit ne pas avoir mentionnés et décrits, seraient ceux de l'intérieur de l’Inde auxquels il n’eut pas accès : Mévvar, Djesselmir et DjèijH>ur. daus le Radjpoulana, dont le colonel Tod a donné une si belle description dans son magnifique ouvrage intitulé : Mimais and Antiquities of Rajasth'an (2 vol. in-4°, Londres, 1832) ; tous ceux qui étaient compris dans la partie de l'Inde que l’on nomme le Dékhan , ayant été mentionnés par lui. Il se pourrait cependant que le grand royaume fondé dans l’intérieur par une branche de Radjpouts, de la tribu des Tchaloukyas, et dont l'hlat se nommait Ma-
harachtra , le « grand royaume », de même que celui de Kanoudje, en lissent partie, les royaumes Radjpoutes ne comptant que pour un.
Ainsi, à ces exceptions près, Marc Pol aurait véritablement mentionné ou décrit tous les Étals de l’Asie, et cela à une époque où leurs noms étaient pour la plupart totalement inconnus à l’Europe. On nous pardonnera d’avoir donné une telle étendue à cette note pour mettre en évidence un aussi grand fait.
CJLXXXYll. — (1) Cest la contrée de l'Afrique que nous nomntous Abyssinie, et les géographes arabes, Habesh. « Habei-
sim\ aliis Abissini vel Abasseni , dit Ludolf (H < noria Æthiopica, 1. I, c. 1) nunc passirn nominantur ; vocabulo ab Arabibus indito, quibus Habesh colluviem vel mixturam
geutium dénotât; quam appellalionem tanquam sibi probrosam diu spreverunt, nec adbuc in libris suis aguoscunt ; malunt cnim Regmim suum Manghesta-Itiopia , h. e. Regnum Æthiopiœ vocari ; vocabulo a Gnecis accepto, sed nimis getterali, et omnibus adusti coloris hominibus, olim in Asia etiam communi. »
- In Africà supra Ægyptum (dit le même auteur), ultra Xubiara sita est Habassia inter ocia - MM) el decimum sextum circiter graduai latitudinis septentrionalis ; Æthiopia superior noiitiullis dicta. •
« Le Bêlai al Habascha ou le « pays d’Habescli », dit Bakou! (Notices et Extr. des mss., t. Il, p. 394), a, au nord, celui de Khalidge al Rarbari, au midi celui de Tibr ou de l’Or, à l’orient celui des Zinges (habitants du Zanguebar . |,a chaleur y est très-gvande; ses habitants, vêtus de peaux, sont noirs et brûlés par le soleil ; ils sont nombreux, la plupart chrétiens, et quelques-uns musulmans. U y a dans ce pays heaucoup de déserts et peu d'eau ; il produit du mouza, du raisin, des grenades ; on y trouve des éléphants, des girafes et des boeufs dont on se sert au lieu de chameaux pour traîner les cha-