CHAPITRE CLXXXVIII
Ctj dit rie la province d'Arien.
Sachiez que en ceste province d’Aden (1) a un seigneur qui s’appelle Soudan. Il sont tuit' sarrazius et aourent J Mahommet, et
Ms. A. pol me ad 1rs. — *»•» Ms. B. mrnnnnez, espece de chat. La version latine de la S. G. porte : « Ibi suut sitniæ, cali pauli et cati maimones, <|ui in lotis et per lotis • eoruni faciebus similantur (aciehus horoinum. » (P. 474.)
•i® Autruches. — ■*' Perroquets.
CLXXXVIII. — • Tous. — » Adorent.
Congensibus zébra dicta. Animal istud, muli ma- seminmli, vel pellibus lecli, vix verenda opegnitudine, ex sihis ultra Ilabessiniam, et terras riunt'.quod et apud nohilioresel sacerdotes uepe n Gallani* jKissrssas adducilur, et facile cicura- tisu venit... Nobiles tamrn gesfaul feinoralia vel tur; in donis Regum Ilahcssiuicr frequens, et potins braccos, nd talos iisque drmissas ; se ntirà ptncipuuin esse solct... A LusitonLs Durro do parrimuniâ, eu jus etiam regem non pudet , rte. mniio, h. e. minus ijlvetfrb, sed immerito, co- (11»., 1. IV, c. 4, 20.)
guominalur. » (Ludolf, Historia /Ethiopica, I. I, Dans la rédaction italienne de Ramusio le ré* c. 10.) rit de la guerre du roi d’Abyssinie contre le
(1) - Al S ira tartan ingentes gregea {mille et Soudan d’Aden. est beaucoup moins développé amplias aiunt) in montibus obaïubulant ; nullus fIuc dans nos manuscrits, ibi lapis inunolu» manet ; si quod saxuni titajus CLXXXVIII. — (I) Aden , - ville ré-
» do,l'"« 'cl “,0'e,i u0“ P0***1’ l’U,r"> 1.1,1,. de l’Yémen, dit Bakoui (Xot. et Zxtr. de.
<|unlqm>l locutu luisent, illud aggrrdimitur, et, i/j<„ t. Il, p. iOi . tr«d. de Deguignes), sur le si possiul, inverlil.it, ut lera.irulis sut iis lalen- |J(J,d (ll. |a „„.r J,. |'|nde . (l|e aju,j n0Tmné,. libus fruanlnr ; id rtiiui pntcipumn illarum pa- J Aden, fils d'isnuél, (ils d'AJbnlum. On n’y lnilntn est... F.jUiotuiet mut frugilms atque po- ironie ni rau\ ni pàturagrs, et l’eau dont on se mis ; ogros euim et Imrlus, uisi custodiverà, pe- „r, pris. d’une ,„„rcc s„i In a une jourtiilus IM— L (ll> . I. I. e. 10, □?.) .h de distance. Aden est située dans une plaine
(8)> t est it ns tennis est ; soli principes viri se- euvironnée de montagnes, où l’on ne peut péricis sive bombyrinis utuntur ; clerici, aliique uétrer que par un escalier taillé dans le roc. Les opuleutiorrs gossipiuis {de colon). Pauprriurcs vaisseaux de l'Inde sr rendent dans le purt d‘A-
CHAPlTltE CLXXXVI». 703
lieent 5 moult les crestiens. Et si y a maintes cités et mains chasteaux. En cest Aden est le port là où il vient moult de nefs d’Inde, atoute leur marchandise. Et de cest port la portent, li marchant, bien .vij. (sept) journées, atout 4 petites nefs (a). Et, au cliief de ces sept journées, descendent la marchandise et la chargent sus chameus 5 et vont par terre bien .xxx. (trente) journées. Et puis treuvent le flun d’Alixandre 6 ; si que par ce flun vont en Alixandre.
1 Unissent. — 4 Avec. — 5 Chameaux. — V Alixandre.
den, où il y a uu grand concouru de marchands qui y apportent toutes le» production» de l’Inde et du Sind, de la Chine et de l'F'thiopic. Il y a au milieu de la mer une montagne de feu qui c»l 1res- rouge, et qui vomit des (lamines. Ou trouve au»»i dan» ce cauton uu puits abandonné. »
- Aden, dit Ebn-al-Wardi (ib., p. 43), est une jolie ville qui est l’abord des vaisseaux de l'Inde et de la Chine, et où l’on trouve toutes les pro duel ions des pays orientaux, qui y sont apportées de divers endroits, de la soie, des armes, du kai moult (sorte de etiir), du musc , du aoud (bois odoriférant), des housse», des inyrobulaus et autres aromates ; de l’ivoire, de l'ébène, des habits faits d'herbes, plus estimés que ceux de soie de l'étain, du plomb, des perles et des pierres précieuses, du zoubat (civette) et de l’ambre. Au uord il y a une montagne qui va en tournant d'une nier à l’autre, et laisse deux ouvertures par lesquelles les vaisseaux passent ; cette ville est à quatre journées de celle des Zindges (habitants du Zanguebar). ■
<i On y apporte du Sind, de l’Inde et de la Chine, dit Kdrisi ( Arabie , par M. Noël Desvergers, p. 22), de» objet» précieux, tels que le» lame» de sabres damasquinés, le» peaux de chagrin, le musc, les selles de chevaux, le poivre odorant et non odorant, la noix de coco, le heruout (graine parfumée), le cardamome, la eauuelle, le galanga (sorte d'herbe odoriférante), le uiacis, les myrobolans, l’ébène, l’écaille de tortue, le camphre, la muscade, le clou de girofle, les cubé bes, diverses étoffes t issues d'herbes , et d’autres riches et veloutées, des dents d’éléphants, de l’étain, des rotangs et autres roseaux, ainsi
6 Le fleuve du [fil. Le ms. A. porte : te Jlun
que la majeure partie jde l’aloès amer, destiné pour le commerce. »
Ce dernier géographe arabe écrivait dans les commencement» du douzième siècle (né eu 1009), près de deux cents ans avant Marc Pol ; nous citerons encore Ibn Ratoutah, qui visita Aden environ cinquante ans après lui. » Je partis de la ville d’Aden (Irad. de MM. Defréincry et Sanguinetti, t. II, p. 177), le port du pays de Yaman, situé au bord du grand Océan ; les montagne» l'environnent et l’on n’y peut entrer que par un seul côté. C’est une grande ville, mai» clic ne possède ni grains, ni arbre, ni eau douce. Hile a seulement des citernes pour recevoir l’eau de pluie, car l’eau potable se trouve loin de la ville.
« La chaleur est grande à Aden. Cette ville est le port où abordent les Indiens ; de gros vaisseaux y arrivent de Camhaie, Tànah.Cavvlein (Coulant), knlikoûlh (Calicut), Fandaràïuah, Châliyât, Mandjaroùr (Mangalnr), Fàkanwar, Hinaour (actuellement Onor),Sindâbour, etc. Des négociants de l’iude demeurent dan» cette ville, ainsi que de» négociants égy ptiens. Les habitants d’Aden se partagent en marchands, en |>ortci'aix et pécheurs. Parmi les premier», il y en a qui pos&èdcut de grandes richesses, et quelquefois un seul négociant est propriétaire d’un grand navire avec tout ce qu’il contient. »
La ville d’Aden est située par 1 2° 50^ de lat. sur 48* 00' 48" de loug. FL Elle appartient depuis 1830 aux Anglais qui eu ont fait un nouveau Gibraltar destiné à commander le détroit de Bab-cl-mcndcb («• porte de l’affliction »).
(2) Le texte français de lu Société de Géographie porte, p.24I : u E de cest port li mercaut
Si que par cette voied’Aden ont, lesSarrazins d’Alixandre’, toute l’espicerie et le poivre que il ont. Car par autre voie si bonne, ne si cointe 8 ne la pevenf il avoir en Alixandre *. Et sachiez que le Soudan d’Aden en a moult grant droit et graus treus 9 des nefs qui vont et viennent d'Inde en sa terre, atout '9 toutes maniérés de marchandises. Et d'autre part aussi ; car il va du port d’Aden en Inde moult grant quantité de bons destriers arrabins 11 et chevaus et grans roncins * de ,ij. (deux) selles. Carceus qui les mainnent en Inde en font moult grant gaaing, pour ce que les chevaus sont moult chiers en Inde; si comme autre fois vous ai dit (3), carceus4 d’Inde n’en ont nul. Et si vendent bien un destrier ” .c. (cens) mars d’argent et plus. Si que ce Soudan d’Aden en a si grant droit, de ce qui se charge à son port, qu’il dist qu’il est un des plus riches seigneurs du monde (4). Et si vous di que quant le Soudan de Ba-
CLX XXVIII. — » Ms. A .purent. — b Cette phrase manque dans le ms. C. — c Ms* B. ronchins = che\ aux entiers. — «' Ms. B. cil.
' Alexandrie d'Égypte. — * Agréable. — 3 Tributs. — 80 Arec. — 11 Chevaux de bataille arabes. Le ms. A. écrit arrabis. — '* Cheval entier.
« metent le mercandies en autres nés petites qe « vont por un flun entor de sept jornce, et à chief « de ceste sept jornée il traient les mercandies « d'eves, les cargent sus gamiaus e le portent en* « tor trente jornce. h version latine publiée par la même Société porte aussi (p. 474) : « )bi « est portas, et veniunt omîtes naves de India •> rum multa mercatione, et de isto portu trahuut « ram et portant super barclias parvas qu* vadunt « per uiiuin / lumen circa septem giomatas, etc. ••
On voit que dans ces deux anciennes rédactions la mer Rouge est prise pour un fleuve. Le ms. italien de la Cmsca (dans Balilelli Boni, t. I, p. 203) porte aussi : « E passano giù per un « finme selle giomate, etc. » Notre ms. C. porte aussi - par ung/?i/nr, mais les mu. A. et B. plus corrects , n'out pas employé cette mauvaise locution, appliquée à la mer Rouge, à laquelle ils ne donnent pas de nom.
On lit dans MarinoSanudo(à la suite du Gesla Dei per Francos, de Bongars, t. H , p. 22) : - Pur lus vero quart us nominatur Ahaden qui est
in quadam Insuleta, qui quasi est in terra firma, in terris Saraceuorum ; et ilia» speciariir, et mercimonia qute de parlibus lodi* ad porlum ipsum descenduut , ibi onerantur et inde per terras Saraceuorum in novem dictis Cameli ad llumen Nili conducuntur in locum vocatum Chus , et inde navigio ipsius fluminis onerantur et in dietis XV, in Babylonem (al Cairo) conducuntur. Tcmpore vero mensis octobris et circa llumen illud abundat in tantum, quod ipsa* spcciariv et mercimonia descendentia a Babylonia per dictum llumen, mirant per quandam tagliatam lougam [grande coupure ou « canal de dérivation ») et per ducentas milliaria, quie sunt a Babvlonia (le Caire) usque ad Alexandriam deferuntur... De quibus percipit Soldauus in diversis locis tantum de lhelloneo, quod tertium valons omnium specierum a rarium suum iutrat. »
(3) Voir ci-devant, p. 614.
(4) « L’an 569 de l'Ilégire, dit Deguignes {Histoire des Huns , t. I, part. 1, p. 425) de J.-C. 1 173, le Sultan Saladiu envoya sou frère Touran