‹ Le livre de Marco PoloChapitre 29 sur 357 · CHAPITRE CXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXV

Ci dit encore de Tebet.

Cesle province de Tebet est une grandisnie province ; et ont langage par eus *, si comme je vous ai dit ; et sont idolastres et sont prochains * de Manzi et de maintes autres provinces (i). Il

kk Ms. N. pians. — »• Ms. B. chavenos; ms. G. chanevat (toile de chanvre). — jj Ms. C. ce. CXV. — » Ms. B. eulx ; ms. C. eulz. — b Mss, A. C. ydres. — « Ms. B. prouchuins ; ms. C. se Jinent comme.

3o Étoffe de presse laine. — Qui leur est propre.

CXV. — (1) Tibet, sur lequel Marc Pol donne des renseignements curieux, mais bien in* complets, est encore, aujourd'hui même, l'une des contrées de la terre les moins connues tics Européens. Ceux de ces derniers qui y ont pénétré n'en ont vu que de faibles parties, et ce qu'ils ont dit du gouvernement civil et religieux de ce pays n’en donne qu’une idée très-vague et très-incomplète.

Uq Hongrois, Ctoma de Kôros , entraîné par un amour de la science pareil à celui de notre Anquetil Dupcrron, se rendit au Tibet vers 1825, pour en étudier la langue et la littérature ; et, à son retour à Calcutta, en 1831, après un séjour de cinq ans dans ce même Tibet, il publia une grammaire et un dictionnaire tibétains-anglais, qu’il avait composés dans le pays avec l'aide de savants l*>uddhistes indigènes. U a publié aussi, dans les Transactions de la Société asiatique de Calcutta (t. XX), de» mémoires jeurieux sur la littérature bouddhique. On peut consulter sa Notice géographique du Tibet, insérée d’ahord dans le Journal of ihe Aiiatic Society (Calcutta, april 1832), reproduite ensuite dans le Chinese Repository (t. XIII, p. 505, Hong-Kong, 1844). Celte Notice , tirée des ou-

vrages tibétains, et surtout la Description du Tibet, traduite du chinois, citée précédemment, sont les meilleures sources à consulter.

Csoma de Kdros a donné dans sa grammaire tibétaine (p. 181) une Chronologie bouddhique du Tibet , traduite du T aidùryn Karpo, écrit à II lassa dans l’année 1C8G. Celte chronologie remonte à l'année 902 avant notre ère, qui est, selon les bouddhistes du Tibet, l’époque de la naissance de Bouddha (en tibétain : Tchomdùndâi). Oii voit dans celte chronologie que le célèbre Lama Pa'-sse-pa, en tibétain Phagspa , comblé de laveurs par Khoubilaï (voir ci-devant, ch. 114, n. 1), naquit en 1233, et qu’il lut souverain du Tibet en 1251. Les historiens chinois ne font envahir le Tibet par l’armée mongole qu’en 1253; si Pa*-sse-pa, selon la chronologie bouddhiste, était maître du Tibet en 125l.il l’était avant la conquête mongole, et Khouhilai- Kliaân , eu le dépouillaut de son pouvoir temporel, le fit chef do pouvoir spirituel delà religion bouddhique, au Tibet, en Chine et dans toute la Mongolie. « Sous le règne de Houng-eon (1368- 1384), dit Deguignes ( Histoire des Huns , t. I, p. 165), Nnn-kia-pa, descendu de Pa'-sse pa, fut aussi reconnu roi. Vers l’an 1373, Yonng-la, em-

sont moult grant larrons. Elle est si grant province que il y a .viij. royaumes et grant quantité de citez et de cliasteaus (a). Il y a en

pereur de la Chine ( Yonng-lo régna de 1403 à 1425), de la dynastie des Ming, donna à huit Lamas le titre de roi : vers l’an 1420, il» prirent tous le titre de Grand l^ama , et le premier de res lama» porta celui de Dalaï. C'est là l'origine du Dalaï-Lama , ou Grand Lama du Tibet , comme elle est rapportée dans un manuscrit du P. Gaubil qui m'a été communiqué. »

On remarque dans la Chronologie tibétaine, traduite par Csoma de Koros (ce n'est qu'une simple liste de noms, surtout bouddhiques), que Langtarma abolit le Itouddhisme en l’année 899, et qu’il fut rétabli en 971. Cette aliolition du bouddhisme dans le Tibet , son principal foyer , devait être le contre-coup d’une mesure pareille prise en Ghiue par l'empereur Wou-tsoung, qui publia un édit en 845, par lequel il ordonna de détruire plus de quatre mille six cents grandes bouderies répandues dans tout l’empire chinois ; que tous les bonzes , hommes et femmes, qui habitaient ces honzeries, et qui se moulaient à plus de 26,000, rentrassent dans la vie civile ; en outre, plus de 40,000 bonzeries plus petites, répandues dans les campagnes et les terres considérables qui y étaient attachées, étaient confisquées au profit du domaiue impérial ; et 150,000 esclaves, qu'avaient les bonzes, étaient attachés, comme serviteurs à gages, au servire des fonctionnaires publics. ( Voir notre Mémoire sur r Inscription syro-chi noise de Si-ngan-fou , p. 66 cl suiv.) Les Nestoriens qui se trouvaient en Chine furent proscrits comme les autres. Ceuxci se réfugièrent chez les Oui g ours , dont le royaume touchait au midi (en 981, voir Li-taî ki tse, k. 82, fol. 8-9) à Yutian ou Khotan ; au sud-ouest aux Ta-chi (Aral>es) et aux Po-sse (Persans) ; à l'occident, à Sicilien (Ciel occidental). Les T h tin g l'avaient conquis dans les années fehing-kouan (027-649); mais ils le perdirent ensuite. Un écrivain chinois cité par le P. Yisdtlou ( Supplément à la Bibl. orientale, page 137) dit : « L'an 981, le roi d'Eygotir ■ commença à prendre le titre de Roi des Lions « de Si-tchéou de la contrée occidentale (ou des « Ouïgours). Il envoya la meme année des pré-

« seuls k l'empereur chinois ( Tai-thsoung des « Soung). L’année suivante, celui-ci lui envoya en « retour Vang-yen-te et quelques aulres officiers « pour lui porter des présents et des ordres. Dans « la relation de son voyage , Yang-yen-te dit : « Ces peuples (Ouîgouriens) se servent du ca- « lendrier chinois suivant la réforme qui en fut « faite par h-s ordres de l’empereur Hiouen m t soung des T h an g (en 7l9). Dans la ville ca- « pilale ( Kao-tchang , située à 892 lieues de Si- « n g an-Jou), il y a plus de cinquante temples dé- « diés aux dieux de l’Inde, avec des hihliolhè- « que» pour les livres de celle religion (le boud- « dliisme). Il» sont ornés d’inscriptions envoyées • par les empereurs de la dynastie des Thang. « Il y a aussi des temples de Moni, et de bonzes « arabes. Plusieurs royaumes même de Tou- « kiue (Turcs orientaux) en dépendent. «

Les Moni, dont il est question ci-dessus, étaient des Manichéens , comme cela est démontré dans notre Inscription syro-chinoise de Si-ngan-fou ( pus sim ) , et les Bonzes arabes étaient probablement les Nestoriens originaires de la Mésopotamie.

(2) Le Tibet actuel est borné au nord-est par le Koko-noor; à l’est par les provinces chinoises du Sse-tchouan et du Yûn-niin ; au sud par les tribus indépendantes des Nou-i, le Népal et le rovaume d’Assam ; à l'ouest par le Badakhchén, Rokhùra et le Cachemire ; au nord-ouest par le désert de Cobi et Khotan , dans le Turkestan oriental. Il s’étend eu latitude du 27° au 33" N.; et en longitude, du 18° au 40° ouest de Peking. Il est divisé en” Tibet antérieur et Tibet postérieur.

La première de ees divisions comprend huit tching ( tching signifie une ville entourée de murailles, qui a une juridiction sur une étendue plus ou moins grande de territoire; ce sont probablement ees huit tching que Marc Pol appelle huit Royaumes). Pou- ta-! a ou H lassa (U terre des dieux) est la ville capitale du Tibet antérieur, ou territoire de ÏFti ( Tai thsing, etc., Si-thsang, fol. 4). Cette ville, selon les frères Schlagintwcil, est située à 29° de lat. N. et à 92° de longitude (à l’est du méridien de

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