‹ Le livre de Marco PoloChapitre 338 sur 357 · TRADUCTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

TRADUCTION FRANÇAISE

« Saint commandement de l’empereur qui règne par la grâce du Ciel su • prême.

« On informe tous les fonctionnaires

communiquée par le savant sinologue à qui elle avait d'altord été envoyée. J'en Gs alors la traduction qui a été publiée dans le Journal asiatique de Paris (janvier 1862) avec le texte chinois de cette même inscription et l'explication historique de l'alphabet au moyen duquel Kboubilaï khaàu avait voulu représenter la langue figurative des Chinois. I<es caractères de celle

publics de l'intérieur et de l’extérieur

inscription ont été gravés exprès à l'Imprimerie impériale de Paris pour en faire la publication dans le Mémoire cité, auquel nous renvoyons les personues qui voudraient comparer le texte chinois avec l'inscription donnée ci-dessus, laquelle n’en est que la transcription, selon la prononciation mongole du texte chinois, représentée peut-être # assez imparfaitement dans l'alphabet en question.

(de la capitale et des provinces), que la doctrine de Klioung-tseu (Confucius) étant une loi destinée à régir toutes les générations, ceux qui ont la mission de gouverner les Etats sont spécialement chargés de lui rendre des honneurs publics : dans le temple de la forêt de Khio-féou (t), à Chang-lou (a), dans la Capitale de l'Empire (3); dans les Bourgs, les chefs lieux de Canton, d' Arrondissements et de Départements de toutes les provinces (4). En conséquence il est prescrit de construire des temples (pour l'honorer), des écoles publiques et des collèges (pour y enseigner sa doctrine).

» Que l’on veille à l’exécution de cet Edit et que l’on se conforme scrupuleusement (5) an saint commandement de l’empereur Chi-tsou (khoubilaï- Khafin), qui défend expressément à tous les magistrats ou fonctionnaires publics, employés civils et militaires de tous rangs, à pied et à cheval, de s'établir dans ces édifices pour y constituer des réunions, s’y livrer à des discussions publiques, y instruire et juger des procès, y manquer de respect aux choses sacrées, et s’y livrer à des festins;

■ Aux ouvriers de toutes professions d’y travailler de leur état, et d’y déposer ou emmagasiner des objets appartenant aux magistrats ;

« A tous ceux qui sont charges de distribuer les produits de toutes natures des terres consacrées à l’enseignement public, ainsi qu’à ceux qui font valoir les fermes dont les produits servent à l'entretien des concours ou examens publics, de rien soustraire de ce qu’ils doivent livrer en argent monnayé et en nature.

« Les distributions que l'on fait aux deux époques fixées : du printemps et de l’automne, les premier et quinzième jours de la lune en célébrant les sacrifices, ainsi que les provisions d'entretien destinées aux instituteurs, seront donnés aux gradués dans le besoin, affaiblis par l'Age ou malades, que la population honore ou vénèrç. On fera chaque mois des distributions de riz et d’autres aliments à ceux qui seront dans la détresse, et on nourrira les nécessiteux.

• Les temples qui auraient souffert îles dégradations seront immédiatement réparés. On devra fournir la nourriture et l’entretien à ceux qui devront être postérieurement promus à des degrés littéraires. La crainte que

(1) Situé dans la province de Ching-toung où naquit le philosophe.

(2) Chang-tou , résidence de Khouhilaï Khaàn en Mongolie.

(3) Ta dou , aujourd'hui Pi-kuig, c’est-à-dire : Capitale du Mord

(4) Leu , fuou ( fou ) , djio ( tcheou ), •hiten (‘bien), jri.

(5) Celle première partie appartient à Timour khuàn, nommé en chinois Tching-tsoung, petit— fils de khouhilaï Khaàn, et qui lui succéda en

l'on inspire par la sévérité ajoute beaucoup aux bons effeis de l’enseignement. En professant la doctrine (de Khoung-tseu) et les arts libéraux, on doit faire tous ses efforts pour former des hommes de talents.

« S'il s'en trouvait dans le nombre qui, par leurs vertus, leurs actions, leur mérite littéraire, surpassassent leurs contemporains, ceux qui ont la direction «les éludes doivent les protéger, les recommander pour l'avancement. Les directeurs des examens, zélés pour le service public, s’attacheront à rendre les examens accessibles à tous, afin d’aider le gouvernement dans le choix de ses employés.

« Les contrôleurs généraux du département de leur province native proposeront, pour être promus à des fonctions publiques, des lettrés instruits. Les directeurs des examens, zélés pour le service public, s’attacheront à propager le plus possible les lumières et l’instruction dont l’effet est d’améliorer les mœurs, et ils consacreront tous leurs efforts et leurs soins aux collèges ou autres établissements d'instruction publique.

« Toutes les personnes employées dans un édifice consacré au culte ou dans un établissement d’instruction publique, quels qu'ils soient, ne doivent pas se permettre d’y causer aucun trouble ni d’y proférer des injures. Il faut que la concorde et l’harmonie y soient maintenues, et que les hommes de lettres y donnent l'exemple de la pratique de la raison.

« Que l'on veille attentivement à l’exécution de cet Edit, et que l’on se conforme scrupuleusement aux Saints commandements descendus d’en haut, que l’on doit répandre et mettre en pratique. Si quelqu’un négligeait ces prescriptions et n’en faisait pas sa règle de conduite, il agirait en opposition a>cc la raison, et d’une manière extravagante. L’État possède des lois constantes, invariables; on doit craindre de ne pas les connaître. Il faut ordonner que l'on prenne ces lois pour règle de conduite et qu'on les observe.

« Trente-et-unième année tchi-yuen ( 1294), le... jour de la septième lune. »

observations. Ç’est à l’aide du texte chinois (dont l’inscription qui précède n'est , comme nous l’avons déjà dit, que la transcription en caractères alphabétiques inventés exprès), que nous avons pu en faire une traduction complète; sans ce secours, cette traduction n’eût pas été possible. Il y a, dans la nature et la constitution de la langue chinoise, intimement liées à son système d’écriture, un obstacle invincible pour la rendre purement alphabétique.

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1° INSCRIPTION MONGOLE EN CARACTÈRES pal-SSe-p(l , DK l'aNNEE l3l4 DE NOTRE ÈRE, GRAVEE SLR PIERRE, ET CONSERVEE DANS LA VILLE CANTONALE DE

Tchao chih , du département de Si-ngan, province du Choisi (i).

(I) Celle inscription importante, accompagnée moi eu français, a été publiée dans 1 • Journal d'olocrratiom de M. A. Wjlie, traduites par asiatique de Paris (juin 1862).

212 H)-51 2ISJE Xlfl

2° TRANSCRIPTION EN LETTRES LATINES DF. i/lNSCRIPTION MONGOLE ECRITE EN

caractères pct'-sse-pa.

i Mongk‘e Dingrivin g(utchun dur — a Yïke su dchali yin kbiebkben dur — 3 G'akban dcliarlîg* manu — 4 Tcherikhudun noyad dû tchcrig ‘eran balg‘adun — 5 Darug‘as da noyad da yortchig'un yabug*un il- [tchin *) — 6 Dcharlig* tcbineg‘a-(« 2 *) dakbusg‘uï — 7 Dcbinggis G4aklianu — 8 Ok‘ôdeï G4aklianu — 9 Setchen G'akhanu — 10 Oldcheïtu G4akbanu — 11 G‘eulug G(aklianu ba dcliarlîg* dur dovîd ïrk'ckliud seu chingud aliba alba g‘ubtchiri olu bdclien — 12 Dïngri yi dcbalhnridcbu ‘irukber ogunatug*ai gakliek4 degsed ndcliuklioï ïduklie ber hokbesu uridanu — i3 Dcharlig4un vosukbar aliba alba g‘ubtchiri olu odchcn — 14 Dïngri yi dchalbaridchu ‘irukber ogunatug4ai g*akben Fung-yuen lu dur huk*un Ta Tcbung-yang K ‘an cliio geung dur — i5 basa hie yuen geung gon dur (s)ag‘un sen chingud de baridcliu yabukliai — 16 Dcliarlîg4 ogbeï ïdenu geung gon kliam mïo dur gar yid dur anu ïltchin bu bakhutug‘ai ulaklia cli ikliu.su bu ba — 17 -ritug‘ai tamag‘a buaogtugci geung gone île g‘ari alan g*adcbar usun eran adukliusun bag* tegirmed — 18 dïmk‘e bidagea din k‘u g‘alkhun usun beu ongg(olclias terged yakliud k4edi anu basa muï buï gain lo kli — 19 klied g4urban anggide usunu g‘akliu li gam yeo akbula k*ed k‘cd ber boldcliuk(u lebu bu k4urgetugeï buli — 20 dchu tatadebu bu abtug‘ai ïde basa — 21 DcbarÜg‘tan gakbedcbu yosu bgekhut oïles bu oiledatugeï oïledukbesu ülukbu ayug*un nmd — 22 Dcliarlîg4 manu — 23 Bars dchil namurun terikhun sara — q4 yin g‘orin naiman Tcbag‘akban — Telia — 25 -ng bugoï dur bitchiheï.

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