CHAPITRE CXXIV
si riche chose el noble connue je vous dirai. Car il lu voir3 que jadis ot 4 en ceste cite un roy riche et puissant. Et quant il vint à mort J, si commanda que, sus sa tombe, fussent faites deux tours : l'une d'or et l’autre d’argent, en tel maniéré, si comme je vous dirai. Elles sont faites de pierre, et puis est couverte, l’une d’or, bien espes un doit 6 ; si que toute la tour semble d’or. En la maniéré de celle d’or est l’autre faite ; si qu'elle semble aussi toute d’argent k. Chase une tour est bien grosse .x. pas, et grosse tant comme il convient à la hautesse ". Et dessus sont toutes reondes', tout plain le reont 8, de campanelles dorées », à celle d’or, et argentées, à celle d’argent. Et toutes fois que lèvent fiert IO entre elles, si sonnent. Et les fist faire, ce roy, pour sa grandeur d ; car c’est une des plus belles eboses du inonde à veoir que ces tours. Si sont bien faites et belles et nobles et de grant vaillance Et quant le soleil les touche 10 , si rendent moult grant clarté et les voit l’en de moult
Os deux dernières phrases manquent dans le ms. B. — c Ms. C. rondes. — J Id. pour sa grande set et jtour s'orne (son à nie).
3 frai. — 4 II r eut . — J Quand il mourut. — h /lien de l'épaisseur «f un doigt. — 7 Hauteur. — 8 Rond. — 9 Clochettes dorées. — 10 Frappe, — M Fa leur,
Klioubilaï. Cela put bien contribuer à préserver les coupoles d’or et d'argent de son tombeau, qui n'ont pas été moins enlevées par la suite. Les révolutions et les conquêtes ont semé de ruines la surface de la terre. Les Topes de la Sibérie, comme les tombeaux de Ninive et les pyramides d'Égypte, ont été ouverts et fouillés, et c'est dans leur sein que la science moderne a pu recueillir quelques souvenirs épai s des anciens temps.
Le motif que Marc Pul attribue à Klioubilaï pour faire la conquête de Mien, celui de donner une occupation aux nombreux jongleurs et Saladiru qui étaient à sa cour, n'est pas sérieux. Os individus, originaires sans doute de l'Iudo-Cliine et du Tibet, où leur art est encore très-cultivé, avaient pu donner au souverain mongol de la Chine une idée assez avantageuse des richesses de ce pays pour lui inspirer le désir d'en faire la conquête, et de 1rs employer comme guides. Voilà tout.
vu plus d'un exemple. Aussi n'emploie t-on plus guère à ces objets que le clinquant.
Le grand respect des morts et des sépulcres, qui existe généralement chez les peuples orientaux et principalement chez les Chinois, n'y a pas toujours été observé, comme par Khoubilaï, selon Mare Pol. Le compétiteur du fondateur de la dynastie des Han , par exemple , après avoir pris la capitale des Thsin , livra aux flammes et au pillage cette riche cité , ainsi que le palais des empereurs, et le Tombeau de T tuin - chi-hoâ ng li, que ce dernier avait fait construire avant sa mort, sur le moût Li, avec la plus grande magnificence (Voir notre Description de la Chine, t. I, p. 230-2311. Klioubilaï eut plus de respect pour le tombeau d’un roi étranger, dont il avait conquis les Etats, que le général Hiang-ru pour celui du célèbre empereur des Tlrsiti. 11 est vrai que le roi de Mien n'avait pas persécuté les lettrés et brûlé les livres bouddhiques, dont il professait la doctrine comme
loings. Et sachiez que le grant kaan les conquesta en ceste maniéré.
11 lu voir que, à la court du grant kaan si avoit une granl quantité de jugleours et d’entregeours 11 ; si leur dist un jour que il vouloit que il allassent conquester ceste dite province de Mien ; et que il leur donra 13 bonne aide et bon chevetaine. Ceus respondirent que il le feroient volen tiers. Si leur fist appareillier, le seigneur", tout ce (|ui à ost afliert ‘4. Et leur donna chevetaine, et autre compaignie de genz d’armes ; et se mistrent en la voie ; et tant alerent qu’il vindrent eu celle contrée et province de Mien. Et la conquistrent' toute. Et quant il trouvèrent en ceste cité ces deux tours d’argent et d’or que je vous ai dit, si se inerveillierent moult ; et mandèrent au grant kaan le fait ; et ce qu’il vouloit qu’il feissent‘ de ces deux tours, pour le grant avoir qui dessus estoil. Et le grant kaan, qui savoit bien que celui l’avoit fait faire pour s’ame ", et pour ce que l’en l’eust en remembrance de lui de puis sa mort, si dist qu’il ne vouloit pas qu’il fussent deiTaites; mais qu’il les laissassent en la maniéré qu’il estoient. Et ce ne fut pas merveille, pour ce que je vous di que nul Tatar du inonde ne touche mie volentiers nulle chose du monde qui touche mort.
Il ont en ceste province olifans, et bues1 sauvages assez et biaus ■cers1, et dains et chevriaus; et d’autre maniéré de sauvagine * ont assez (a).
* Ici Ms. B. le grant Kaan. — f Ms, C. la conquesterrnt. — S Ms. C. qu'il deussenl faire. — ** Id. son aine. — • Ms. B. asnes; ins. C. buefz. — J Ms. B. cerfs. — k Mss. C. //estes sauvages.
** Jongleurs et baladins. — 1 1 Donnera. — «4 Tout ce qui convient à une armer.
(2) Ou a vu par le récit de lu bataille dn roi de Mien a ver les troupes chinoises que U» éléphants devaient être fort nombreux dans ce pays pour qu'il eu eut une si grande quantité dans ses années. Quant aux autres animaux, ils doivent y être aussi tiés-uoiubrrux, le pays étant couvert de montagnes et de forêts.
Les habitants de Mien , ou Ava, étaient idolâtres, c’est-à-dire bouddhiques, adorant les idoles
de Bouddha, représenté sous diverses formes dans les temples et les pagodes qui lut étaient et lui sont cneore consacrés. Leur langue, à l’exception des nombreux mots sanskrits, ou plutôt pâlis, introduits avec la religion Imuddhique , est une langue par soi, comme dit MarcPol. Selon le lieuteuaul Thomas Latler, de l'armée anglaise du Bengale, qui eu a publié une savante grammaire (d (ira munir of the long nage of Bur -