‹ Le livre de Marco PoloChapitre 59 sur 357 · CHAPITRE CXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXV

je vous ai dit ; et esclaz ' et esclavaz 3 qu 'assez ont prins d'autres provinces, contre qui il ont guerre, et les vendent aus Yndiens et aus autres marclians qui les nieinent vendre parmi le monde (6).

Autre cliose n’a en ceste contrée quia ramentevoir face ; et pour ce nous en partirons et dirons d'une autre province qui est appellée Cangigu.

‘ Ms. C. esclnz et esclaves.

3 Esclaves mâles et esclaves femelles, In* texte français «le la S. G. porte (p. t 0) : ■ Et sachiez que les marchant achatent en ccst provencc esculies et esclaus asez, et puis les moment a vendre por maintes autres pars; > confondant ainsi les écoliers et les esclaves faits à la guerre. L'ancienne version latine est plus correcte; elle porte (p. 410) : « Ad islum locum veniunt multi sclavi, et mercatores vendunt et emunt multos, et castrant cos, et postea ducunt eos ad vendendum ad alia loca. » Le texte de Rainusio

a développé cette dernière version qui ne rait être une fausse interpolation.

qui ressemble beaucoup au gingembre, selon d’Acosta; toute espèce d 'épiceries et de drogues médicinales.

Le coton est cultivé dans l'Inde depuis l’antiquité; il porte le nom de karpâsa; et on le trouve cité sous ce nom dans Quiute-Curce, qui dit, en parlant des Indiens (L. VIII, c. XIX) :

« (’.orpora usque pedes CaRBASO vêlant. « Cette remarque, nous l’avons déjà fuite en 1839, dans les notes d’une Description Je l'Inde que nous avions traduite pour la première fois du chinois et insérée dans le \ ouvrait Journal asiatique (1839, t. Il, p. 431), en ajoutant que c’est à tort que tous les traducteurs et les lexicographes ont interprété ee mol sanskrit, passé dans la langue latine, par lin ou toile de Un; tandis qu’il ne signifie que coton, étoffe de coton; le lin, en sanskrit, étant exprimé par les mots ami et .r nmd. Il en est beaucoup d'autres, dans les livres grecs et latins que nous a laissés l’antiquité, et que l’on réimprime tous les jours, dont l'interprétation recevrait une grande lumière des études orientales; mais ces études ne sont généralement pas en faveur près des savants qui ne cultivent que l'antiquité classique.

(6) S'il n’y a plus aujourd’hui dans l'Inde à' esclaves proprement dits, il y en avait autrefois.

se trouve pas dans dos mss. et qui nous pa-

ca r on les nommait en sanskrit: ddsa pré char a, tchetaka , et l'esclavage data, Md va, dâsyam, « condition de l'esclavage, servitude; » de la racine dàs, donner ; » en grec îoûî.oç, même sens.

L'esclavage était certainement en vigueur dans le Bengale à l’époque de Marc Pol; car Ihti-Bat ou ta h , qui visita ce pays, peu de temps après le voyageur vénitien, vers 1325, dit, en priant de l'extrême modicité de prix de toutes les denrée* dans le Bengale : « Nous arrivâmes dans le Bengale, qui est un pays vaste et abondant en riz; je n’ai pas vu dans l’univers de contrée où les denrées soient à meilleur compte que dans celle-ci... Une pièce de coton fin, d’excellente qiudité, a été vendue, moi présent, deux dinars. Une belle jeune fille, propre à servir de concubine, se payait, eu ma présence, un dinar d’or, ce qui fait deux dinârs et demi en or du Maghreb. J’achetai, environ à ce prix-là, une jeune esclave, nommée ’Achoùra, qui était douée d'une exquise beauté. Un de mes camarades acheta un joli petit esclave, appelé Loulou, « perle, » pour deux diuârs d’or. »* (Forages d Ibn- Batoutah, publiés et traduits par MM. Defrémery et Snnguinetli, t. IV, p. 211-212). On voit que les pieux musulmans n’ont pas nue morale très-rigide à l'endroit des esclaves.

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