‹ Le livre de Marco PoloChapitre 64 sur 357 · CHAPITRE CXXVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXVIIL

Ci devise de la province de Tholoman.

Tholoman* estune province vers levant (i). Les gens sont idolastres b et ont langage par eus et sont au grant Kaan. 11 sont moult

CXXVIIL — Ms. B. Tholomain. — ‘ Ms. A. B. ydns.

* Qui est en arrière ,

des Cochinchinois. On emploie pour l'écrire les caractères chinois dont plusieurs sont modifiés pour être appropries à certains mots indigènes différents des mots chinois, dout un très-grand nombre a été introduit dans la langue savante qui sert dam toutes les affaires administratives ; i>um la prononciation diffère beaucoup de la * prononciation actuelle de la Chine ; elle a conservé de grands rapports avec l'ancienne prononciation qui y fut apportée 220 ans avaut notre ère par la colonie de déportés qu'y envoya l'empereur T ’/u'ut ehi hoang ti. — Les Tonqui- -nuis professent le bouddhisme.

CXXVIIL — (!) Marsden est toujours perdu sur les traces de Marc fol, et, avec lui, tous les autres commentateurs. lierait que « Tholoman est une corruption de Po-lo-man, représentant eu chinois, selon lui, les noms de Birma/ts, Burmahs , Homans et Burmans, c'est-à-dirc les « Birmans • ou les « Brahmanes - de l'Inde. L’annotateur de l’édition française illustrée s'approprie cette découverte (comme les précédentes) que M. Y. Lazari déclare avec toute raisou inadmissible (/ Fiaggi di Marco Polo, p. 361). En effet, il esl impossible de comprendre comment Marsden a pu, dans tous les précédents chapitres, faire tourner Marc Pol en quelque sorte comme sur lui-même; décrivant les mêmes contrées sous diverses couleurs, et les mêmes peuples

avec des qualités différentes. Ou ne comprend pas plus comment des hommes d'érudition, entre autres Baldelli Boni, ont pu admettre de telles opinions. La science, qui ne s'appuie généralement que sur les apparences , est bien commune, et en même temps bien légère.

La province de Tholoman étant, selon Marc Pol, située au levant, à huit journées de marche de celle de jiniu (An-nam) , doit se trouver dans la partie limitrophe de la province actuelle de Koûang-si. C’est effectivement là qu’habitent les nombreuses et anciennes tribus indépendantes des P ho, des Lti et des Mdn, chez lesquelles les nouveaux souverains mongols de la Chine établirent des « Directions de pacification >♦ ( J'dn ou sté), sous la dénomination générale de » Magistratures des 3/dn, qui obéissent aux Yuen étrangers ou barbares » (Pn ph'6 chùn Yuèn nui ni kouàn. Yuen-sse, k. 63, fol. 15, V), qui comprenaient aussi une grande partie de la province actuelle de Koueï-tchéou.

Selon la même autorité officielle (fol. 16) , l'année correspondante à 1270 de notre ère, le * Commissaire pour pacifier la populatiou » , {Siotlen fou tse), qpiumc Tâchai, amena toutes les tribus des P à phd là du sud-ouest, formant un État, à faire leur soumission à l'empereur. Leurs différents campements étaient au nombre de 1626 ; le nombre total de leurs familles était

CllAl’ITKE CXXVIII.

belles genz, mais ne sont pas bien blanches, mais brunes gens. Il sont bous genz d’armes. Il ont cite/, assez et cliasteaus à grant babondance, et grans niontaignes et en fors liens'. Et quant il muèrent, il font ardoir les corps, et prennent les os et les niucent d en petites arches 1 ; puis les metent en grans montaignes et hautes et les metent en grans cavernes et les pendent en tel maniéré que beste ne homme n’y puet toucher'.

En y treuve or assez. Ea monnoie que il despendent est de pourcelainne 1 en tel maniéré comme je vous ai dit. Et aussi toutes

c Mss. B. C .fors (forts) lieux. — d Ms. C. mettent. — « Le ms, C. ajoute : qui rematprient (restent). — f Mss. B. C. touchier.

CXXVIII. — 1 Ils les cachent (mut ent) dans de petits coffres. — * La monnaie dont ils font usage sont I es cauris.

de 101,108 ; les OioPh’d du sud-ouest forât. Vient 1,180 campements, et leurs familles étaient au nombre de 89,400. Les Ph'ù du sud-ouest avaient 315 campements; les Tà-loùng ph'ô ,

Toutes ces tribus différentes , chez lesquelles khouhiiaï avait établi des « Commissaires délégués » , et qui relevaient de la grande province ou 5in^du Uoù-koûang (qui embrassait les provinces actuelles de Kuùang-si. Kouàug-thoüag , Canton, et la plus grande partie du Kouei-tchéou) étaient comprises sous la dénomination générale rapportée plus haut ; mais les tribus nommées Là et Lô-màn , qui , comme les précédentes , avaient leurs chefs et leurs campements parli-

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eu liera, ou les nommait fp,

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lô-màn (les nombreux barbare» Ld), dénomination qui est celle que leur a donnée Marc Pol. 4'. 'étaient, comme nous l’avons dit, celles qui habitaient les contrées limitrophes situées entre Vjfnnam et la Chine, et qui fout aujourd'hui partie de la province de Kouàng-si. Deux cantons dépendants de la préfecture de T* aï-ping , qui confine au royaume d'Annani , sont encore nommés aujourd’hui : Lu pf thoit fûën , ■ le canton de la terre blanche des Lu », et Lô yàng thoit hiënt « le canton de la terre élevée des Ld. » Il y a aussi deux eautons de l’ancienne tribu des Ijoung (dragons'.

liant à leurs uueurs et coutumes, il est dit dans In Géographie impériale (k. 301, fol. 7) que « leur habillement est très- irrégulier , leur « boire et leur manger très-varié ; la population « est disséminée sur de petits cantonnement*. « Les hommes et les femmes s’en vont ensemble « au marché ; peu d'entre eux font des rigoles « pour arroser les champs qu’ils cultivent. Leurs * mariages se fonf aux sons des chants et de# « instrument* de musique , et par le moyeu « d’entremetteuses. Ils emploient aussi la mu- « sique et les tambours dans leurs enterrements. « Quand ils sont malades, ils vont rarement « chercher le médecin ; iis ont recours aux né- « cromanciens. » faite description ne s'applique pas particulièrement aux tribus des Lu màn , qui ne figureut que daus deux cantons du département de Tlai-pingy mais au département tout entier. Les coutumes que Marc Pol leur attribue peuvent encore exister, ou bien ont pu se modifier depuis son époque.

Quant aux produits de ce département , la Géographie citée énumère les chevaux que tous les cantons produisent et donnent en tributs, fa sont sans doute ccs mêmes chevaux qui s’expédiaient daus l’Inde par le royaume d'Annam, et dont parle Marc Pol dans le chapitre précédent. Voilà bien la province de Tholoman déterminée, avant, pour chef-lieu , la ville départementale de r* aï-ping, lat. 22° 25* 12"; long. 104° 47' 10".

LK LIVRE DE MAKC Pol-

ies provinces, c'est-à-dire liungala et Caugigu et Aniu, despendent pourcelaines et or. Il y a marclieans qui sont moult riclies et portent moult de marchandise. Il vivent de char et de lait’ et de ris, et font leur vins de poison 3 de ris et d’espices moult bons.

Or vous lairons de ceste province, qui n’y a autre chose qui à ramentevoir face. Si vous conterai d’une autre province qui a nom Cuigiu * vers levant.

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