CHAPITRE CVII
Ci dist du chnstiau de Calay.
Et quant l’en est parti de Pianfu, si chevauche l’en par ponent deux journées; adonc treuve l’en le noble cliasteau * de Calay ^ lequel fist faire jadis un roys de celle contrée, que l’en clamoit : « le roy d’Or » ' (i), ouquel chastel a un 11 moult grant palais et bel.
CVII. — * Ms. B. Ms. A. chnstiau. — b Ms. C. Caycuy. — c Mss. A. B. C. d’oc ou dot , partout; ce qui est certainement une faute de copistes. Le texte de la S. G. porte Dor. L’aocienne version italienne de la Crusca : Dor. — d Ms. C.
Tai-khing (prononcé à Pé-king : Tai-tching ), qui est celui d'un fort de ce nom, « situé, selon la grande Géographie impériale ( Tai ihsing i thoiuig tchi , k. 83, fol. 16), sur le côté occidental du Hodng-hd, ou « Fleuve jaune » , à l'occident de la ville cantonale de Young-thsi. Les uns le nomment encore Lin tfin kouan, « le passage fortifié de Un-tcin ; * les autres Ho koudn, - le passage fortifié du fleuve ». Il est comme à cheval sur le territoire de la province du Chen-ti. ■ Ce fort portait anciennement , et porte encore actuellement, le nom de P'ontùn; mais l’an 1011 de notre ère, sous la dyuastie des Soung, ce nom fut changé en celui de Tai -khi// g koudn , « passage fortifié de Taikhing ». Sous le règne de la dynastie des Soung, on y avait établi le premier (ou le plus avancé) des signaux de feu ; mais les troupes de Kin (ou de la dynastie d’Or) ayant épié le moment favorable pour s’introduire dans le passage, traversèrent le fleuve et s’emparèrent du fort , que l’on nomme aujourd'hui P'ou-Uin.
« Dans l'année 13218, sous le régne de la dynastie mongole qui avait détruit celle des Kin ou d’Or, le chef militaire ( hing-thdi ) de la province du Chen-ti, Yesien Tiemour, partit du fort de Tai-khing, traversa le Hoang-ho ou le « fleuve Jaune » (le Caramoran de Marc Pol, mol mongol siguiflant le «fleuve Noir»), et entra dans la ville départementale de Ho-tchoung fou. »
La graude Géographie impériale de la Chine, d’où les détails qui précèdent sont tirés , ne ■lonue pas d’autres renseignements sur le fort de
Tai-khing ou Tai-tching. On y voit toutefois que ce fort avait, sous les Mongols, une assez grande importance, puisque le commandant militaire de la province du Chen-ti, le prince Yesien Tiemour y séjournait, et que c’est de ce fort qu’il partit en 1328, à la tète de ses troupes, pour aller combattre Yen Té mou r, un autre prince mongol , qui s'était déclaré pour Tou- Temour à la mort de l’empereur Tai-ting. On y voit aussi que le prince mongol, de même que Marc Pol, en quittant le fort de Taï-khiug , traversa le Hodng-hd pour se rendre k la ville départementale de Ho-tchoung- fou ; ce qui doit faire supposer que Marc Pol avait dô traverser une première fois le fleuve Jaune pour se rendre de P'ing-yàng-fou à Tai-khing. L’emplacement de ce fort n’est indiqué dans aucune des cartes chinoises que nous possédons. Klaprolh ( Journal asiat année 1828, t. I, p. 102) prétend que Marc Pol a commis une erreur de mémoire, en disant qu’il arriva de Tai-cin à Cacian-fu , tandis que c’est le contraire qui dut avoir lieu. Nous croyons que ce n’est pas Marc Pol qui est ici dans l'erreur. Toutefois l'emplacement du fort en question n’est pas pour nous bien déterminé , les cartes chinoises que nous avons pu consulter ne donnant pas cet emplacement.