CHAPITRE CXXX11I
Ci dist de la cité de Cundin/u.
Quant l’en a clievauchie cinq journées partant de Cinangli* vers midi, et toutes foiz trouvant cités et chasteaux assezb, de granz nobleces* et de granz faiz. Et sont idolastres* et ardent leurs* mors, et sont au grant Raan, et ont inonnoie de charter1, et vivent de marchandises et d’ars, et ont toutes choses de vivre en grant habondance. Mais il n’y a chose qui à mentevoir* face. Et pour ce vous dirons de.la cité de Cundinfu (i).
CXXXIII. — • Ms. B. Ciangtu. — b Le ms. B. ajoute : a grant habondance . — * Id. grant noblesse. — d Mss. À. C. ydres. — • Ms. À. les. — f Ms. C. Chartres . — 6 Mu. B. C. ramentevoir.
1 Manque dans les mss. A. B.
CXXXIII. — (1) Ce nom , comme plusieurs autres, est différemment orthographié dans les textes imprimés. I.a meilleure leçon est 7Vidinfu, comme dans l'édition latine de Grrwetis (Hile, 1532), reproduite par A. Muller. Celle de Ramusio , Tudinfa, s’en rapproche beaucoup, car, en chinois, 1a ville dont il est question se nommait yjî T ai- lin g, ou Tnï-ding fou , que les A '.in, ou alloua Khan (sous la domination desquels elle était avant de passer sous les Mongols), lui avaient donnée en 1179 (Voir le l’a t lu in g i thoung tchi, k. 99, fol. 2). C’était le siège d’un * Campement militaire de grand apaisement » (Ta ting Kiùn), appartenant au loti, ou « Circuit » occidental du Cbdn toting. Les Mongols lui conservèrent aussi ce nom, mais en même temps ils lui donnèrent celui de M l'en tcheou, a arrondissement de Yen », appartenant au département de Thsi-uing ; et, eu 1281, on l’éleva au rang de « Département », lou. (Lieu cité, et Yuen-sse, k. 58, fol. 22, v*.)
C’est aujourd'hui la ville chef-lieu du département de* Y en- tcheou ( Yen-tchcou fou), de la province de Chan-toung, à 1230 li (123 lieues) dePé-king, lat. 35® 41' 51"; long. E., 114* 43' 30". Elle est située i 32 lieues environ au sud de Tsi-nàn fou, décrite dans le chapitre ptécédenl; ce qui s’accorde parfaitement avec la position et les cinq journées de distance que lui donne Marc Pol.
Ce département, le plus glorieux et le plus célèbre de la Chine, pour avoir donné uai&sauce au grand philosophe Khoung-fou-tse (Confucius), 5CI ans avant notre ère, est encore aujourd'hui même tout rempli de scs souvenirs ; ce qui a fait dire aux rédacteurs de la Géographie impériale (en empruntant les paroles de l'historien Pan-kou et du philosophe Tchou-hi), que c’est pour cela que » la population de ce dc- « parlement natal du célèbre philosophe aime « i'ëtwle et apprécie les règles de la politesse et « de la justice, ru estimant peu le commerce et « l'industrie ; que le caractère des habitants est