‹ Le livre de Marco PoloChapitre 80 sur 357 · CHAPITRE CXXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXXIV

grans marchandises et de gratis ars. 11 sont idolastres ‘ et sont au grant Kaan; et si ont monnoie de charter'. Et si vous di que il ont un fluti duquel il ont grant proulit, et vous dirai comment.

b Mas. À. C .ydres. — c Ms. C. Chartres.

nombre des familles était alors de 10,545, et celui des bouches soumises à la capitation, de 59,818. Son administration commandait à nu canton, attenant à la ville ; à sept » arrondissements, dont trois avaient leur juridiction sur neuf cantons. »

Aucun doute ne peut exister sur l’identité de Ths i - u i ng-tch êo u avec le Cinguy de Marc Pol, pas plus que pour celles que nous avons déjà reconnues précédemment. C'est sur une réunion de données positives, appuyées sur les autorités oflicielles les plus compétentes, que ces identités sont établies, et non sur les apparences les plus superficielles cherchées au hasard sur les premières cartes venues. On est étonné, par exemple, de voir, dans le chapitre qui nous occupe, Marsden (n. 922) et Baldelii Boni (t. Il, p. 298) aller chercher Cinguymatu dans Ling-tsing-lchêou, à l'extrémité nord du Yiiu-hd ou « grand canal ■ , par 30° 57' 15" de latitude, en retournant au nord de la dernière ville décrite, au lieu de se diriger à trois journées de marche vm le sud, comine le porte le texte. On est aussi étonné de voir klaproth prétendre reconnaître le Cinguy nui lu de Marc Pol {Mémoires relatifs à l'Asie, t. III, p. 325, 1828) dans un simple nom géograph que, Fen-chouï , le lieu de la « division des eaux » du Hen-hd, ou fleuve Win.

« Le nom Singuimatu, dit-il, que Marco Polo donne à la ville où la division des eaux dont il parle a lieu, n’est vraisemblablement qu’une altération de Fen choui ma theou (il n’y a point de ville de ce nom dans la province en question, mais bien dans celle de Tche-kiang, par 29® 59' de lat. et 117° de long.), « port de la division des eaux » ; celte faute vient sans doute des copistes qui auront pris le F pour le S (et ceux qui ont écrit le mot par un C ?). — Fen sc prononce sourdement presque comme Fun. »

Et les commentateurs de Marc Pol qui sont venus depuis, jusqu'à C. Hitler (dans Biirck : Dte Reiseu des Marco Polo, etc., p. 428), se sont payés de ces futiles suppositions, en exal-

tant bien liant la science du trop célèbre orientaliste. Ils n’out pas même pensé à se demander si uue ville de ce nom existait réellement là, de nos jours, et à plus forte raison du temps de Marc Pol ; si ce point de division des eaux d’un fleuve était bien cette noble cité de Cinguymatu , belle et riche, où se se faisait un grand commerce de marchandises , et où (lorissaient de grandes industries. Cela n’était cependant pas indifférent.

r Le fleuve IS’ieou theou (ou Niou Poli, dont il a été question plus haut), de Thsining-tchcuu coule au nord (dit la Géographie impériale, k. 99, fol. 24) pour traverser le canton de Yutai, arrive à l’entrée de la dépression de terrains inondés nommée Tà-lchang, et entre dans I’» ancien canal d’alimentatiou * (jï yù liô yün hvi . On lit dans la « Description du canton » :

« Dans les commencements de la dynastie des Ming (qui succéda à celle des Mongols en 13C8), on fit cette ouverture au canal pour enrichir le volume des eaux de la voie fluviale des transports ( Yùn tua) ; c’est pourquoi on fit & ce dernier une écluse permanente de communication des eaux. A partir des aunées 143U à 1444, on cotistiuisil des digues pour empêcher les eaux de ce fleuve d'envahir les terrains déprimés de 7V3ftchang ; c'est pourquoi ou construisit aussi un large canal d’écoulement avec écluse, au midi, lequel canal devient navigable lorsque les eaux le remplissent. De ce canal de dérivation paiieut des navires qui se rendent jusque dans le grand Canal de transport. De ce dernier canal le fleuve se dirige à l’est eu traversant des terrains marécageux; puis les eaux du fleuve coulent au midi. O fleuve, avec Ira anciens marais qu’il a absorbés, est d'une grande importance pour la navigation de toute la contrée (thsè hd jù kuu k‘iiou thoüug si ). m

On voit que cette description répond eu tou» points à celle de Marc Pol. qui dit : n El les gens « de la cité ont fait deux lluns de celui grand r flun ; car il font une moitié aler vers levant et « l’autre vers pouent ; c’est que l'un flun va su

MO

Il est voir4 que ce grant flun vient devers midi jusqucs à ceste dite cité de Cinguymatu*. Et les gcnz de la cité, si ont fait deux Huns de celui grant Hun ' ; car il font l’une moitié aler vers levant, et l’autre moitié vers ponent. C’est1 que l'un flun va au Mangi, et l’autre par le Catay. Et si vous dirai en vérité qu’en ceste cité a si grant quantité* de naviek, qu’il n’est nul qui ne le veist, et l'oïst dire qui le peust croire. Et si portent au Man/.i et au Catay, ces navies *, si grant quantité de marchandises que c’est1 merveille. Et

Suis quant il s’en reviennent, si retournent chargiez d’autres1 niarîandises. Si que c’est * merveille des marchandises qui vont et viennent par ces .ij. Huns.

Or1 vous conterai d’une province qui est vers midi, qui a nom Linguy

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