CHAPITRE CXXXVIII
pris lant de citez comme je vous di, si s'en ala à la maistre * cité du régné qui Quinsay (6) a à nom, là où le roy et la royne estoient.
1 Ms. A. mestre.
remonter le grand Kiàng, et où tes grandes puissances européennes ont maintenant des consuls.
Après avoir fait passer le Kiàng à toute son armée, Pé-yèn assiégea Wou-tchang-fou, sur la rive droite du Kiàng, en face de Han-yàng; et de Hankheou (lat. 30® 34' 50", long, III® 53' 30"), afin qu’étant prise, il eût un point de retraite sur le graud fleuve, en cas d’insuccès daus sa marche future. La ville de Han-yàug se rendit aux Mongols, ainsi que W ou-fchàng. Une autre ville, sur la rive gauche, en descendant le fleuve Yang-lo, fut prise. En 1275, à la 1" lune, le commandant pour les Soung de la ville de Kiang-tc/ieou (aujourd’hui Kieou kiàng- fou, lat. 29® 54'; long. 113* 44' 30"), livra cette ville à Pé-yèn . Un Ste-kouei, l'officier infidèle, croyant faire sa cour au général mongol daus un grand repas qu’il lui donna, et ayant fait avancer deux jeunes filles du sang impérial des Soung, les offrit, au milieu du festin, à Pé-yèn. Pe-yèn, indigné d’une pareille action, lui dit : « J’ai reçu « mon commandement du Gis du Ciel (l'empe- « reur Khoukilaï) ; je dois maiutenir, en ma qua- « lilé de général eu chef, les principes de l'hu- « inanité et de la justice ; je demanderai raison ■ de cette offense aux Soung. Comment avez- • vous pu avoir la pensée de me détourner de mes « devoirs par les plaisirs des femmes? » Et il lit éloigner aussitôt les deux princesses *. [Li tai-kitse, k. 97, fol. 29 V.)
Après l'entrée des Mongols dans Kiàng-tclteou , les villes de Nàn-khàng (lat. 29° 31' 42" ; long. 1 1 3° 4 1' 53 ') et de A ’gan-king (lat. 30° 37' 10" ; long. 114" 44' 13") se rendirent. À la 2e lune, Pé-)èn mit le siège devant Te lu- 1 c/trou (voir chap. cxLVt). Le gouverneur pour les Soung, nommé Tdiao Mao-fâ, voyant qu’il ne pouvait sauver la ville, se tua de désespoir. Le commandant militaire rendit la place. Pe-yèn, étant en-
(•) « Où fu*»t nurn-Ur mi* g; himg frm I ur ; IM» f/eai 7» Si 4M ig. Cii i mm ut I m I ttki in’? • O» nobles paroles m*ulai*Ml S rira rapport*» ; rllra rappellent l'un dit plus basai traits lia la «ia CAIruadrr. On «ili qu'il y arnil dans Ir ra* r acta» a Sa Ct-yro qaclqoa eboar d'oreWmlal.
tré dans la ville, demanda où était le gouverneur. La foule lui répondit de tous côtés qu’il était mort, eu le regrettant hautement et en déplorant son sort. Pé-yèn ordonna de préparer son cercueil, de le couvrir d’un riche drap mortuaire, cl voulut assister à ses funérailles. Il y fit les cérémouies en usage (le sacrifice pour les morts, isT) devant son loml>eati, ce qui toucha lieaucoup la foule, et il s'éloigna. {Svü Houng kian, etc., k. 22, fol. 4.) A la 3* lune, Pé-yèn entra dans Kien-bâng (aujourd'hui Kiàng-ning, ou Ntbi-ktng ; lat. 32* 04' 40" ; long 117° 271). I.es villes de Kouang-ti-tcheou (lat. 31®; long. 117® 03'), de Pôig-kiang-fou, se rendirent. Péyèn avait divisé son armée eu quatre corps qu’il plaça sous le commaudcment de ses principaux lieutenants : A-tchou et Ali-haï-ya, pour leur faire suivre différentes directions. Ils prirent plusieurs villes. Pour lui, il ne conserva sous son commandement immédiat qu’une partie de ses troupes, et s’efforça de gagner le cœur des populations par ses bienfaits. Il établit son quartiergénéral à Kien bang (JVdn-k'ûig). Comme on était à la 3* lune (avril-mai 1275), qu’il régnait des fièvres malignes dans les contrées situées à l’est du grand Kiàng, et que les populatious souiïraieut aussi beaucoup de la disette, Pé-yèn ouvrit les greniers de la ville pour distribuer des grains aux plus nécessiteux. De plus, il envoya des médecins dans les campagnes pour porter des secours aux malades. Les populations en fuient très-reconnaissantes. Il défendit aussi le pillage à ses soldats, sous peine de mort (voir Soit T houng bien bang mou, k. 22, fol. 9).
A la “• lune (1275), Pé-yèn fut nommé - ministre d’Etat de la droite >» (yêou Tching ùùng), A-lchou, ■ ministre d’Etat de la gauche » (isà Tchingsiàng). Pé-yèn fût mandé à Cheng-ioti, en Mongolie, par khoubilaï, pour être envoyé dans le nord contre '/laiton; mais Pé-yèn pria l’empereur de le laisser dans le Midi, à la tête de son armée. L'empereur y consentit, mais il lui envoya l’ordre de marcher sur Ltn-ngan (Quinsay), et de s’en emparer. Les
Et quant le roy vit Baian atout si grant ost, si ot doubte", comme celui qui n'estoit pas coustumiers de' ce veoir. Si entra en mille nefs *
v M. C. ot pnour. — T Ici. acoustume a. — * Ms. A. en. M. net.
villes de Ho-tcheou , Tao-lcheou , Tchang-tcheou (voir chap. CXUX), de Ping-kiang ( Sou tcheou, chap* Cl.), furent successivement prises, dans la même année. L'année suivante (1276), un grand nombre d’autres villes des Soung furent encore prises, ou se rendirent à Pé-yèn et à ses lieutenants. Nous n'en ferons pas l'énumération. Ce qui précède, tiré de l'histoire officielle des Mongols, suffit et au delà pour confirmer le récildeMarc Pol.
(6) |J||j King-ist (ville du « gouver-
nement suprême, capitale » ) ; c’est le nom qui est donné, sous chaque dynastie chinoise, à la ville, quelle qu’elle soit, où siège le gouvernement. C’était, pour les Soung, la ville de Lingan-fou ; sous les Yuen ou Mongols, liaug-lcheott-
loù, et aujourd'hui : Itl jHI Jït tchfou-foii (lat. 30° 20'20" ; long. 117° 47' 34").
Pé-yèn étant, comme nous l’avons dit dans la note précédente, resté à la tête de son armée du midi, au lieu d'aller dans le nord pour combattre '//aï-tou (Caîdou), reçut l'ordre à la 7* lune de l’année 1275, de marcher sur Lin-gan, la capitale des Soung, et de s'en emparer. Sou lieutenant A-tchou continuait d’attaquer Hoaï-ndn, et Atihaïya s’emparait de la province de lloûn£n. Pé-yèn, avant de marcher sur la capitale des Soung, voulut ne pas laisser des places importantes non encore conquises derrière lui. « Il passa le Kiàng (il se trouvait alors sur la rive gauche), divisa son armée en trois corps ; l'aile droite partit de Kten-kUdng et marcha sur T‘ousonng-kouan , qui fut prise (Soung-kidng , du côté de la mer) ; son aile gauche sortit de Kiangping-hai, et se dirigea sur Hoa-ting (département de Sou -tcheou) avec Fan Wen-hou pour commandant de l’avant-garde ; le corps du centre sc dirigea sur Tchdng-tcheou, avec I.iu Wen-hoan pour chef d'avant-garde. Tous ces corps devaient marcher en avant par diverses voies et se rejoindre à une période fixée devant Lin-gan. m (Là taï ti wdng nien piao, suh auno).
L’armée de Pé-yèn fut réunie devant cette
place dans les premiers mois de 127 G. Dès la U* lune, l’impératrice régente avait envoyé à l'année de Pé-yèn un exprès porteur d’un manifeste avec le sceau impérial, pour l’offrir au général eu chef en signe de soumission (Là taï Ai sse, k. 97, fol. 43 v*). Pé-yèn reçut l’un et l’autre. La lettre portait « que le souverain du royaumedes Soung, Hien (nom qui signifie n enfant incapable de s’occuper des affaires du gouvernement »), lui présentait les témoignages les plus respecteux d'estime et de considération. » Il y eut de longs pourparlers avec les ministres du jeune empereur, qui cherchaient à gagner du temps. Mais Pc-yèn ne se laissa pas endormir. A la 3* lune il prit possession de la capitale des Soung. Le petit empereur Hien, avec l'impératrice régente, toute la famille impériale et les princes du sang, furent envoyés à la cour du nord (à Khoubilaï-khaun).
On ne retrouve pas dans l’histoire chinoise l'anecdote racontée par Marc Pol sur le nom de Pé-yèn. Cette anecdote est trcs-vraiserahlable ; mais les historiens ne l’ont pas rapportée, parce qu’ils ne l’auront pas jugée digne de la gravité de l'histoire.
L'entrée de Pé-yèn dans Un-gan fut noble et digne, « L’étendard figurant des lions et des ours,
« et le grand tambour, insigne du général en « chef (ni t s ian g k'/n' kou), le précédaient. 11 « était suivi à droite et à gauche par les grands « dignitaires chefs de dix mille familles (*v*7i « hou), qui formaimt ailes. Il parcourut ainsi « toute la ville de Lin-gan ; alla observer la « marée montante (le mascaret), dans le Tchc- » k'uing. Ensuite il gravit le Pic des lions (Sse- « tse-foung) pour contempler la forme et l'éten- « duc de Lin-gan ; puis il assigna à tous les gé- « ncraux les fonctions qu'ils devaient remplir, n Dans le même temps des membres de la famille « impériale des Soung furent entraînés dans un n soulèvement. Pé-yèn chercha de tout son pon- « voir à les apaiser. Le lendemain le général « Pé-yèn quitta Lin-gan .» (Li taï ki tse, k. 97, fol. 24 v«.)