HARMONIES
A ma chère Mademoiselle { he
Près de l’Océan s'élève l’église
Aux vitraux brunis par le vent marin; Sur le sable d’or meurt l’écume grise Et l'étoile luit dans le soir serein.
Écoutons là-haut l’orgue qui sanglote, Jetant sa prière à l’immensité,
Dont la déchirante et plaintive note Fait résonner l’air dans la nuit d’été.
Écoutons là-bas le flot qui se brise,
La mer exhalant sa douleur sans fin;
Des sombres accords, portés sur la brise, Montent tristement vers l’azur divin.
Est-ce donc le chant qui rythme la vague?
N'est-ce pas la mer qui berce le chant?
Nul ne le saura... La musique vague ; Fait vibrer la nuit où l’omibre s’étend.
De la brume noire un fantôme avance Grand comme la mer... En se retournant Il a regardé l’étendue immense
Etm'a repardée... Alors/me nxant
Il m'a dit : « Ton âme est la mer profonde, D'où tous ces accords montent vers le soir;
Ta douleur poignante est la voix de l'onde, Mais la voix de l’orgue est un doux espoir. »
Puis 1l disparut... J’écoutais encore.
Des sanglots toujours vibraient langoureux :
Mais lorsqu’au matin apparut l’aurore L’orgue se taisait sous le ciel brumeux.
MAY
($) Ecrit dans un moment de spleen, ce 25 juin 1908, à Paris.
no 6