‹ Le livre de MayChapitre 36 sur 96 · CHANSON DE LA FEMME DANO!SS · texte numérisé non relu

CHANSON DE LA FEMME DANO!SS

(Imitation de. Kipling).

Qu'est-ce qu’un foyer, qu'est-ce que mon âme? Tu les as quittés pour la Reine infâme; Et la Mer, Thorkild, m'a volé ta flamme.

Elle est sans un toit pour te faire accueil Et son cœur béant n’est qu’un noir cercueil Couvert de varechs pour voiles de deuil...

Elle est sans baisers, elle est sans caresses ; Où sont ses amours, ses vaines tendresses ?

N’écoute donc plus ses fausses promesses.

Hélas! tous les ans la même saison, Qui fleurit les bois, t’ôte la raison, Et tu laisses femme, enfants et maison.

Tu cours visiter les flancs du navire, Tu vas écouter la Mer qui t’attire; Tu cargues ta voile au vent qui soupire.

Puis tu vogues droit vers les ouragans Au pâle pays des glaciers mouvants ‘ Vers la région où clament les vents.

Qu'est-ce qu’un foyer, qu'est-ce que ta flamme? Tu les as quittés pour la Reine infâme:; Et la Mer, Thorkild, m'a volé ton âme.

MASSE ZMNOUS TI HRAISEZNOUS... (D)

T'aisez-vous! Taisez-vous!... Je connais la souffrance; Laissez-moi deviner votre état douloureux;

Demeurons un instant côte «à côte, en silence,

Et daissons nos deux cœurs pleurer tout bas entre eux.

Taisez-vous! Taisez-vous!... À quoi bon nous connaître ? Nous sommes deux vaisseaux se croisant sur la mer.

À quoi bon entr'ouvrir et profaner peut-être

Le cénacle de l’âme ou le jardin désert ?

Oui! c’est la même peine et la même pensée

Qui nous trouble ici-bas sans que nous le disions. Nous nous sommes hélés pendant la traversée Parce que nous portons les mêmes pavillons:

C’est la mer de la vie autour de nous qui gronde,

Le vent de la douleur autour de nous qui bruit.

Nos cœurs sont les jouets de l’orage et de l’onde, Nous sommes deux vaisseaux qui passent dans la nuit.

(I) Ebauche probable, trouvée dans un cahier de brouillons de Deux Vaisseaux dans la Nuit.

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