A CEUX QUE J'AIME A "PA NEILLE DE MES QUINZE ANS
Me voici donc debout au seuil de l’existence Avec tout l’idéal et l’espoir devant moi;
Malgré toute la peine et toute la souffrance Je regarde la vie en face et sans émoi.
Je sais qu’il faut lutter en un duel terrible; Je mettrai dans mon cœur la force du soldat; Je sais bien que la vie, hélas! est invincible, Mais on n’est pas vaincu quand on meurt au combat!
Je ‘sais que mon enfance eut à peine assez d’ombre Pour me faire entrevoir la clarté du bonheur;
Et, puisque l’avenir peut-être sera sombre,
J'ai fait provision de soleil dans mon cœur!
Donnez-moi l’accolade aujourd’hui, vous que J'aime, Ainsi qu’au chevalier nouvellement armé
Qui s’élance... Mais non, je suis toujours la même Et resterai toujours votre petite May...
Paris, 24 janvier 1911.
AS