CHAPITRE X
4 Je continue maintenant ce que je disais touchant le saint Ordre de cette grande prêtrise : Un grand nombre avaient été ordonnés Grands-Prêtres de Dieu; c'était leur foi vive, leur repentir et leur sainteté devant Dieu, le repentir et la justice qu'ils exerçaient plutôt que de périr, qui les appelaient à ce saint Ordre. Aussi étaient-ils sanctifiés , et leurs vêtements avaient été blanchis par le sang de l'Agneau. Ainsi sanctifiés par le Saint-Esprit , leurs vêtements ainsi blanchis et purs de toutes taches devant Dieu, le péché leur causait de rhorreur et du dégoût ; et beaucoup d'entre eux
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ayant été purifiés, entraient dans le repos du Seigneur leur Dieu. Or, mes frères, c'est mon vœu, maintenant, que vous vous humiliiez devant Dieu , et que vous produisiez des fruits propres au repentir, afin que, vous aussi, vous puissiez entrer dans ce repos: Oui, humiliez-vous, là même comme fit le peuple aux jours de Melchisedeck,qui, lui aussi, fat un Grand-Prêtre de ce même ordre dont je vous ai parlé; qui. lui aussi, fut revêtu de la grande prêtrise à toute éternité. C'était ce même xMelchisedeck à qui Abraham payait la dîme, qui était la dixième partie de tous ses biens. Or, cette ordination se donnait ainsi pour que le peuple pût être dans l'attente du Fils de Dieu, étant le type de son Ordre, ou plutôt son Ordre même, de qui il dût attendre la remis sion de ses péchés et sa participation dans le repos du Seigneur.
» 2 Melchisedeck était roi du pays de Salem. Son peuple croissait infiniment en iniquités , en abominations ; ils s'étaient tous égarés, et étaient remplis de crimes. Mais Melchisedeck avait reçu l'office de la prêtrise , selon le saint Ordre de Dieu, à cause de sa foi vive, et il prêchait le repentir à son peuple. 11 arriva qu'ils se repentirent, et Melchisedeck établit la paix parmi eux de son vivant : c'est pourquoi, il était appelé le prince de la paix, étant roi de Salerai, et régnant sous son père. Il y avait eu beaucoup de Grands-Prêtres avant lui , il y en eut de même beaucoup après, mais aucun ne fut plus grand, c'est pour cela qu'on a parlé davantage de lui. Aussi, n'estril pas nécessaire que je vous en fasse une plus ample mention, ce que j'ai dit suffit. Voici les Ecritures , elles sont devant vous, bi vous vouliez en tordre le sens, ce serait à votre propre condamnation.
3 Ahna, après avoir dit ces paroles, étendit ses mains vers le peuple, et lui cria à haute voix : Le temps du repentir est venu, car le jour du salut approche; et la voix du Seigneur, par la bouche de ses anges le déclare à toutes les nations; oui, le déclare afin qu'elles soient remplies de joie. Oui, il fait retentir cette joyeuse nouvelle parmi tout son peuple, à tous ceux qui sont répandus sur la surface de la terre. C'est pourquoi elle nous est venue. Et elle nous est annoncée en termes précis, pour que nous comprenions, et que nous ne nous égarions pas. Et comme nous sommes errants sur une terre étrangère, ces joyeuses nouvelles nous étant annoncées dans toutes les parties de ce pays, nous les Considérons comme une grande faveur. Les anges les annoncent, en ce temps-ci, pour préparer les cœurs des enfants des hommes à recevoir sa parole , au temps de son avéne-
ment dans sa gloire. Nous sommes en ce moment dans Tattente, pour entendre de la bouche des anges, la joyeuse nouvelle de son avènement; carie temps vient, mais nous ne savons pas Tinstant. Plût à Dieu oue ce fût de mes jours. Mais que ce soit plus tôt ou plus tard, je m'en réjouirai. Du reste, son avènement sera annoncé à des hommes justes et saints, pour que les paroles de nos pères s'accomplissent, selon ce qu'ils en ont prophétisé par l'esprit de prophétie qui était en eux.
4 Et maintenant, mes frères, je désire ardemment, je le désire avec un cœur inquiet jusqu'à l'affliction , que vous prêtiez attention à mes paroles. Quittez vos péchés, ne différez point à vous repentir. Humiliez-vous devant Dieu, invoquez son saint nom ; veillez, priez sans cesse, pour n être point tentés au delà de vos forces. Puissiez-vous ainsi, conduits par le Saint-Esprit, devenir humbles, doux, soumis, patients, pleins d'amour et de longanimité ; ayant foi dans lé Seigneur, avec l'espérance de recevoir la vie éternelle ; possédant l'amour de Dieu dans vos cœurs afin d'être ressuscites au dernier jour, et d'entrer dans son repos. Et puisse le Seigneur vous accorder le repentir, afin que sa colère ne tombe pas sur vous , que vous ne soyez point liés par les chaînes de l'enfer, et que vous ne souffriez pas la seconde mort.— Aima dit encore beaucoup d'autres choses au peuple, mais elles ne sont point rapportées dans ce livre.
5 Ayant cessé de parler, un grand nombre d*entre le peuple crurent en ses paroles, commencèrent à se repentir et à examiner les Ecritures. Mais la plus grande partie voulaient la mort d' Aima et d'Amuleck ; car ils étaient furieux de la hardiesse de ses paroles à Zeezrom. Ils disaient aussi qu'Amuleck leur avait menti, qu'il avait décrié leurs lois, et outragé leurs juristes et leurs juges. Ils étaient autant furieux contre Aima que contre Amuleck; et parce (qu'ils avaient si clairement dévoilé leurs crimes, ils cherchaient à s'en défaire secrètement. Ils ne le firent pas, mais ils les prirent, les lièrent de fortes cordes et les conduisirent devant le grand juge du pays. Et le peuple alla et témoigna contre eux, attestant qu'ils avaient décrié leurs lois, injurié les juges et les juristes, ainsi que le peuple du pays. Il affirmait aussi qu'ils avaient dit qu'il n'y avait qu'un Dieu, et qu'il enverrait son Fils parmi le peuple, mais qu'il ne le sauverait pas : et il disait encore beaucoup de choses pareilles contre Aima et Amuleck. Et cela se passait devant le grand juge du pays. Zeezrom était fort étonné de ce qu'il entendait. Et l'aveuglement d'esprit qu'il voyait répandu parmi le peuple, il l'attribuait à ses paroles mensongères. Son âme était dé-
cbirée sous la conscience de son crime, et les tourments de Tenfer commençaient à le torturer.
6 Et il s'adressa au peuple , lui criant : C'est moi qui suis criminel , et ces hommes sont sans tache devant Dieu. Et depuis lors il se mit à parler en leur faveur. Mais on Toutrageait, disant : Es-tu donc aussi possédé du démon ? Et on lui crachait au visage , et on le chassait , comme on chassait aussi tous ceux qui croyaient aux paroles d'Alma et d'Amuleck ; et des hommes étaient envoyés pour les lapider. Puis, ils prirent leurs femmes et leurs enfants, et tous ceux qui croyaient ou cpii avaient été enseignés à croire aux paroles de Dieu, et ils les firent périr par le feu. Et leurs archives, qui contenaient les Saintes Ecritures, ils les Jetèrent également au feu, pour les détruire.
7 Et il arriva quMls se saisirent d'Âlma et d'Âmuleck et les conduisirent à la place du martyre , afin qu'ils fussent témoins du supplice de ceux qui périssaient par le feu. Et quand Amuleck vit les angoisses des femmes et des enfants consumés par le feu, son âme fut déchirée de douleur. Il dit à Aima : Comment pouvons-nous être les témoins de cette affreuse scène P Etendons nos mains et montrons le pouvoir de Dieu qui est en nous, et sauvons-les des flammes. Mais Aima lui répondit : L'Esprit me contraint à ne point étendre ma main, car le Seigneur les reçoit à lui-même, en gloire ; et il permet que le peuple exerce la dureté de son cœur , afin que les jugements qu'il rendra dans sa colère soient justes ; et le sang de l'innocent restera comme un témoignage contre les coupables; oui, il criera avec force contre eux, au jour final. Alors Amuleck dit à Aima : Peutêtre nous brûleront-ils aussi : A quoi Aima répliqua : Qu'il soit fait selon la volonté du Seigneur. Mais notre œuvre n'étant point achevée, ils ne nous brûleront point.
8 Quand les corps eurent été consumés, ainsi que les annales oui avaient été jetées au feu, le grand juge du pays vint, et s arrêtant devant Aima et Amuleck^ qui étaient garrottés, il les frappa sur les joues et leur dit : Après ce que vous avez vu, prêcherez-vous encore à ce peuple qu'il sera jeté dans un étang de feu et de soufre P Vous voyez bien que vous n'aviez pas le pouvoir de sauver ceux qui étaient jetés au feu. Dieu ne les a pas sauvés non plus, parce qu'ils étaient de votre foi. Et le juge les frappa encore sur les joues, leur demandant : Qu'avez-vous à répondre à cela P Ce juge était de l'ordre et de la foi de Néhor, celui qui avait tué Gidéon. Aima et Amuleck ne lui répondant point, il les frappa encore et les livra aux officiers pour être jetés en prison. Et après trois jours de prison , plusieurs juristes,
des juges, des prêtres et des instructeurs vinrent les voir et les interroger sur beaucoup de choses , et ils ne répondirent rien. Alors le juge se tint devant eux et leur dit : Pourquoi ne répondez-vous point aux paroles de ce peuple P Ne savez-vous pas que j'ai le pouvoir de vous livrer aux flammes? 11 leur ordonna de parler, mais ils ne répondirent point.
9 Ils partirent, et revinrent le lendemain. Le juge les frappa encore sur les joues. £t beaucoup d'hommes venaient et les frappaient, disant : Vous avise rez-vous encore déjuger ce peuple et de censurer nos lois? Si vous avez une si grande puissance, pourquoi ne vous délivrez-vous pas vousmêmes? Et ils proféraient beaucoup d'autres choses pareilles, grinçant les dents, leur crachant au visage, et disant : Quelles mines aurons-nous quand nous serons damnés P et d'autres choses encore, oui, toutes sortes de choses ils leur disaient; et c'est ainsi qu'ils se moquèrent d'eux pendant plusieurs jours. Et ils les privaient de nourriture pour qu'ils aient faim, d'eau, pour qu'ils aient soif. Ils leur enlevaient les vêtements, en sorte qu'ils étaient nus; et ils les retenaient ainsi en prison, garrottés de fortes cordes.
1 0 Après les avoir ainsi fait souffrir pendant plusieurs jours (on était au douzième jour du dixième mois de la dixième année du règne des juges sur le peuple de Néphi) le grand juge du pays d'Ammonihah entra, avec un grand nombre d'instructeurs et de juristes, dans la prison où Aima et Amuleck étaient liés de cordes. Le grand juge s'arrêta devant eux, les frappa de nouveau, et leur dit : Si vous avez le pouvoir de Dieu, délivrez-vous de ces liens, et nous croirons alors que vos paroles sont vraies, qui disent que le Seigneur exterminera ce peuple. Les autres avancèrent et les frappèrent, disant les mêmes paroles jusqu'au dernier. Et quand celui-ci eut parlé , le pouvoir de Dieu descendit sur Aima et Amuleck. Ils se levèrent sur leurs pieds, et se tinrent debout* et Aima s'écria: 0 Seigneur, combien de temps avons-nous à subir ces grandes afflictions ? O Seigneur, accorde-nous la force de nous délivrer, selon notre foi en Christ. Et aussitôt ils brisèrent les cordes qui les garrottaient : ce que le peuple voyant, il commença à s'enfuir, car la crainte cle la destruction était venue sur lui.
il Et leur crainte fut si grande, qu'ils tombèrent et ne purent gagner la porte de sortie de la prison. La terre s'ébranla fortement, les murs de la prison se fendirent et s'écroulèrent; et le grand-juge, les juristes, les instructeurs et les prêtres, qui avaient frappé Aima et Amuleck, furent tués par l'écroulement. Puis Aima et Amuleck sor-
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tirent sans blessure, car le Seigneur leur avait accordé de la puissance en raison de leur foi en Christ. Ils sortirent déliés de la prison ; et la prison s'écroula, et ceux qui étaient dans ces murs périrent tous, à l'exception d'Alma et d'Amuleck qui entrèrent aussitôt dans la ville. Maintenant le j[)eupie, qui avait entendu un grand bruit, s'assembla en loule pour en connaître la cause. Voyant Aima et Amuleck hors de la prison dont les murs étaient écroulés, il tut saisi de crainte, et s'enfuit de la présence d'Alma et d' Amuleck, de même qu'une chèvre se sauve, avec ses petits, devant deux lions ; et c'est ainsi qu'il se sauva devant Aima et Amuleck.
42 11 arriva qu'Aima et Amuleck, ayant reçu l'ordre de quitter la ville, partirent, et vinrent au pays de Sidom, où ils trouvèrent les gens qui, après avoir été lapidés, avaient été chassés du pays d'Ammonihah, pour avoir cru aux paroles d'Alma. Ils leur racontèrent tout ce qui était advenu à leurs femmes et à leurs enfants, ainsi qu'à eux-mêmes ; ils leur racontèrent également la manière dont ils avaient été délivrés. Zeezrom était aussi à Sidom, au lit, malade d'une fièvre ardente, causée par les grandes tribulations de son esprit, suite de ses iniquités ; voici, il supposait qu'Aima et Amuleck n'existaient plus, et que lui-même était la cause de leur mort. Et ce grand péché, joint à ses autres péchés nombreux, lui déchirait le cœur, et il brûlait d'une chaleur ardente. Mais, quand il apprit qu'Aima et Amuleck étaient dans le pays de Sidom, son cœur commença à prendre courage ; et il leur envoya de suite un message, les implorant de venir à lui.
43 Et obéissant à ce message, ils partirent immédiatement; ils entrèrent dans sa maison et le trouvèrent malade au lit, fort abattu par la fièvre. Son esprit était aussi excessivement affecté de ses iniquités. Lorsqu'il les vit , il étendit sa main et les pria de le guérir.
4 4 Alors Aima, le prenant par la main, lui dit : Crois-tu au salut par le pouvoir du Christ? Et il répondit : Oui, je crois en toutes les paroles que vous avez enseignées. Et Aima reprit : Si tu crois en la rédemntion du Christ , tu peux être guéri. 11 répondit encore : Oui, je crois en vos paroles. Alors Aima implora Dieu, disant : 0 Seigneur notre Dieu, aie pitié de cet homme, et guéris-le, selon sa foi en Christ. Et quand Aima eut prononcé ces paroles, Zeezrom se leva sur ses pieds et commença à marcher, au grand étonnement du peuple. Et la nouvelle s'en répanait partout dans le pays de Sidom. Puis , Aima baptisa Zeezrom , qui commença dès lors à prêcher au peuple. Aima établit une Eglise dans le pays de Sidom, et il y consacra des prêtres
et des instructeurs pour baptiser au Seigneur quiconque en aurait le désir.
4 5 Le nombre de ceux-là fut très considérable ; ils venaient en foule des alentours de Sidom et furent baptisés. Quant au peuple du pays d'Ânunonihab , il restait toujours dur et obstiné, ne se repentant point de ses péchas, attribuant à Satan le pouvoir que montraient Àlma et àmuleck; car ils étaient de la foi de Nébor, et ne croyaient point au repentir de leurs pécbés.
16 Et Amuleck, qui était repoussé de son père et de ses parents, et de tous ceux qui autrefois étaient ses amis, abandonna, pour la parole de Dieu, tout son or, son argent, les choses de prix, tout ce qu'il possédait dans le pays d'Ammonihah. Alors, Aima, qui avait affermi TEglise de Sidom, ayant vu que le peuple était réprimé dans Torgueil de son cœur, et qu'il commençait à s'humilier devant Dieu, à s'assembler au sanctuaire pour adorer Dieu devant l'autel, veillant et priant sans cesse pour être délivré de Satan, de la mort et de la destruction; Aima, dis-je, voyant tout cela, prit Amuleck et alla au pays de Zarahemla, l'établit dans sa propre maison , le consola de ses tribulations , et TaiSermit dans le Seigneur. Et ainsi finit la dixième année du règne des juges sur le peuple de Néphi.
CDAPITRE XL
1 Et Ton était dans la onzième année du règne des juges sur le peuple de Néphi, au cinquième jour du second mois, i^a paix avait régné dans tout le pays de Zarahemla; depuis plusieurs années, on n'avait vu ni dissensions ni guerres. A ce cinquième jour du second mois de la onzième année, un long cri de guerre se fit entendre dans tout le pays. Les armées des Lamanites y avaient pénétré par le côté du désert, jusqu'à la ville d'Ammonihah. Et ils commencèrent à ravager le pays et à en massacrer les habitants.
2 Et les Néphites n'avaient pu encore rassembler uub armée assez considérable pour les chasser^ que déjà le peuple de la ville d'Ammonihah, ainsi qu'un petit nombre des habitants de Noah, avaient été exterminés ; et d'autres avaient été emmenés captifs dans le désert.
3 II arriva alors que les Néphites, désirant délivrer ceux qui avaient été emmenés captifs dans le désert, le capitaine en chef des armées néphites, Zoram, et ses deux fils, Léhi
et Aha, qui savaient qu'Aima était Grand-Prêtre de l'Eglise, et qui avaient entendu dire qu'il avait l'esprit de prophétie, se rendirent auprès de lui pour savoir si le Seigneur permettrait qu'ils allassent à la recherche de leurs frères, emmenés captifs dans le désert par les Lamanites.
4 Aima, après l'avoir demandé au Seigneur, alla vers eux, et leur dit : Les Lamanites vont traverser la rivière Sidon dans le désert du Sud, au delà des confins du pays de Manti. Allez-y, vous les rencontrerez à l'est de la rivière Sidon ; et là le Seigneur vous livrera vos frères , qui ont été emmenés captifs par les Lamanites.
5 Zoram et ses fils traversèrent donc la rivière Sidon avec leurs armées, et marchèrent au delà des bords de Manti, dans le désert du Sud, à l'est de la rivière. Ils fondirent sur les armées Lamanites qui furent dispersées et chassées dans le désert, de sorte qu'ils reprirent leurs frères, les captifs des Lamanites ; et pas un des captifs ne fut perdu. Et ils furent ramenés pour prendre possession de leurs terres. Ainsi finit la onzième année du règne des juges; les Lamanites ayant été chassés du pays, et le peuple d'Ammonihah détruit : oui, il ne resta pas une âme vivante parmi les Ammonihahites, et leur grande ville fut rasée, que Dieu, disaientils, ne pourrait pas détruire, tant elle était immense. Mais en un jour, elle fut désolée ; et les carcasses de ses habitants furent dévorées par les chiens et les bêtes sauvages du désert. Cependant, quelque temps après, leurs corps morts furent entassés sur la surface de la terre, et couverts d'un peu de terre. Et la puanteur devint si forte, que de longtemps le peuple n'y put pénétrer pour posséder le pays d'Ammonihah, qui fut appelé la Désolation des dehors ; car ceux qui furent tués étaient de la croyance de Néhor. Et leurs terres restèrent désertes. Les Lamanites ne revinrent plus combattre les Néphites que dans la quatorzième année du règne des juges sur le peuple de Néphi. Ainsi les Néphites jouirent de la paix pendant trois ans, dans tout le pays.
6 Aima et Amuleck allaient et prêchaient le repentir au peuple, dans les temples, dans les sanctuaires, et aussi dans les synagogues qui étaient bâties à la manière des Juifs. Et ils prêchaient continuellement la parole de Dieu, à tous ceux qui voulaient l'entendre, sans distinction de personnes. Ils en avaient choisi plusieurs autres pour accomplir l'œuvre, et pour prêcher la parole dans toutes les parties du pays. Et l'Eglise s'établit universellement parmi toutes les populations Néphites.
7 II n existait aucune inégalité parmi eut. Le Seigneur répandait son Esprit abondamment sur tous, afin de prépa-
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rer les esprits ou les cœurs des enfants des hommes, à recevoir la parole qui leur serait enseipée au temps de son avènement, afin qu'ils ne fussent point endurcis contre la parole , qu'ils ne fussent point incrédules , qu'ils ne marchassent point à leur perte , mais qu'ils puissent recevoir la parole avec joie ; et gue, comme une branche, ils tussent greffés dans la vraie vigne, et entrassent dans le repos du Seigneur leur Dieu.
8 Maintenant, ces prêtres, qui circulaient parmi les peuples , prêchaient contre les mensonges , la fraude , Tenvie , les querelles, les haines, les injures, le vol, le brigandage, le pillage , le meurtre , l'adultère , et contre les lascivelés de toutes sortes, annonçant que ces choses ne doivent point exister. Ils prédisaient des événements qui devaient bientôt arriver; ils annonçaient Tavénement du Fils de Dieu, ses souffrances, sa mort, et la résurrection des morts. 11 y en avait beaucoup qui demandaient où serait la place où le Fils de Dieu viendrait. Et il était répondu qu'il leur apparaîtrait après sa résurrection. Et le peuple en était rempli de joie et d allégresse. Et c'est ainsi que finit la onzième année du règne des juges sur le peuple de Néphi : l'Eglise avait été établie dans tout le pays ; Satan avait été dompté ; la parole de Dieu avait été prêchée dans toute sa pureté ; et le Seigneur versait ses bénédictions sur le peuple.