‹ Le Livre de MormonChapitre 72 sur 135 · CHAPITRE XXll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXll

4 Moroni ne cessa point, pour cela, de faire des préparatifs de guerre pour défendre son peuple contre les Lamanites. Au commencement de la vingtième année du rè^ne des juges , il fit entreprendre , par ses armées , Télévation de bancs de terre à rentour de toutes les villes du pays possédé par les Néphites ; et sur le sommet de ces bancs, il fit placer de grosses poutres de bois, autrement il fit construire des ouvrages en bois de la hauteur d'un homme, et cela à Tentour de chaque ville. Et sur ce$ ouvrages, il fit mettre des piquets forts et élevés. De plus, il fit ériger des tours pour défendre ces piquets, qui étaient autant de places de sûreté contre les pierres et les flèches des Lamanites. De leur hauteur, on pouvait lancer des pierres à volonté et selon sa force, et tuer celui qui tenterait d'approcher des murailles de la ville. C'est ainsi que Moroni fit construire des fortifications autour de toutes les viUes du pays, pour les garantir de l'approche de l'ennemi.

2 Cela étant fait, Moroni fit marcher ses armées dans le désert, à l'est, d'où ils chassèrent tous les Lamanites de leur pays du côté sud du pays de Zarabemla : le pays de Néphi s'étendant , en ligne droite , de la mer ()e l'est à la mer de l'ouest. Et quanq Mofoni eut chassé les Lamanites hors du désert à l'est, qui était au nor4 du pays de leur possession, il envoya dans le désert à l'est, ipême jusqu'aux bords de la mer, les habitants du pays de Zarabemla et du pays à l'entour, prendre possession de ce pays. Et il plaça aussi des troupes au sud, sur les confins de leur possession ; il leur fit construire des fortifications pour leur défense. C'est ainsi qu'il se fortifia contre toutes les places fortes des Lamanites dant le désert de l'est ; il en fit autant à l'ouest, garantissant la ligne qui était entre les Néphites et les Lamanites , entre le pays de Zarabemla et celui de Néphi , à partir de la mer de l'ouest , en passant par la source de la rivière Sidon , les Néphites possédant à leur

§ré tout le pays du nord, même tout celui qui était au nord u pays Abondance. C'est ainsi que Moroni, avec ses armées qui s'augmentaient de jour en jour par la protection que leur donnaient ses ouvrages, cherchait à reculer les forces et le pouvoir des Lamanites , en dehors du pays de leurs possessions, afin qu'il n'y en eut plus la moindre trace.

3 Et les Néphites entreprirent les fondations d'une ville

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qu'ils appelèrent la ville de Moroni. Elle était située à Test, auprès de la mer, et au sud des possessions des Lamanites. Ils commencèrent aussi les fondations d'une autre ville, entre celle de Moroni et celle d'Aaron, joignant les confins d'Aaron et de Moroni, qu'ils appelèrent la ville ou le pays de Néphihah. Et dans cette même année . ils commencèrent d'en bâtir beaucoup d'autres au nora, et une qu'ils construisirent d'une manière particulière, qu'ils appelèrent Léhi, située près de la mer, au nord. Ainsi finit la vingtième année. Et le peuple de Néphi était dans ces circonstances prospères au commencement de la vingt et unième année du règne des juges. Oui, ils étaient très prospères, croissant en richesses , en population , et en force dans le pays.

4 Nous voyons ainsi combien sont justes et miséricordieux les bienfaits du Seigneur dans l'accomplissement de toutes ses paroles aux enfants des hommes. Nous pouvons voir aujourd'hui la vérification de ces paroles quMl annonçait à Léhi, lui disant : Tu es béni, toi et tes enfants ; et ils seront bénis , et ils prospéreront tant qu'ils garderont mes com- . mandements. Mais , souviens-toi qu'autant ils ne voudront point tarder mes commandements, autant ils seront retranchés oe la présence du Seigneur. Nous voyons donc que ces promesses ont reçu lepr accomplissement touchant le peuple de Néphi ; car rien autre que leurs querelles , leurs divisions, leurs meurtres, leurs brigandages, leur idolâtrie, leur luxure et toutes leurs abominations , ont été cause de leurs guerres destructives. Ceux qui ont été fidèles à garder les commandements de Dieu, ont été délivrés en tout temps , tandis que des milliers de leurs frères coupables étaient réduits en servitude, ou périssaient par l'épée, ou tombaient dans l'incrédulité , et étaient confondus avec les Lamanites. Mais, depuis Néphi, il n'y avait jamais eu pour tes Néphites une époque plus heureuse que celle des jours de Moroni , même en ce temps-ci , dans la vingt et unième innée du règne des juges. Et les deux années suivantes, la vingt-deuxième et la vingt-troisième , virent également régner la paix.

5 La vingt-quatrième aurait encore été une année de paix pour le peuple de Néphi, s'il ne s'y était élevé une contestation à propos du pays de Léhi et du pays de Morianton, qui touchait aux confins de Léhi ; tous les deux bornant la mer. Voici : le peuple du pays de Morianton réclamait une partie du pays de Léhi, et ce fut la cause d'une contestation si vive que le peuple de Morianton prit les armes contre ses frères, résolu de les exterminer. Mais le peuple de Léhi se

réfugia dans le camp de Moroni , pour implorer son aide ; car voici, il était dans son droit.

7 Et quand le pjeuple de Morianton, qui avait pour chef un homme nommé' Morianton , vit que le peuple de l.éhi avait fui dans le camp de Moroni, il en fut effraVé, pensant que l'armée de Moroni viendrait les châtier. C'est ce qui porta Morianton à leur inspirer l'idée de fuir au pays du nord, qui était couvert d'immenses pièces d'eau, et d'en prendre possession. Et ils l'auraient fait (ce qui eût été fort regrettable), si Morianton, homme très passionné, ne se fut laissé emporter par la colère contre une de ses servantes, sur laquelle il se jeta, et qu'il battit cruellement. Or, celle-ci se sauva au camp de Moroni , à qui elle raconta toute son affaire ainsi que leur projet de fuite dans le pays du nord. Or, Moroni redoutait que le peuple du pays Abondance n'écoutât les séductions de Morianton, qu'il ne s'unît à son peuple, et qu'ainsi il n'obtînt la possession de ses contrées; ce qui pourrait un jour produire des conséquences fâcheuses pour l'avenir des Néphites, et menacer même l'existence • de leur liberté. Prévoyant cela, Moroni envoya une armée, munie de tous les appareils du campement, pour devancer le peuple de Morianton , et arrêter sa fuite dans le pays du . nord. Mais elle ne put les devancer que lorsqu'ils eurent atteint le pays Désolation ; c'est là qu'elle les devança, auprès de la passe étroite qui mène le long de la mer, jusqu'au pays du nord, oui, le long de la mer, à l'ouest et à l'est.

7 L'armée envoyée par Moroni, commandée par un homme du nom de Téancum, rencontra donc le peuple de Morianton. Et le peuple de Morianton fut si obstiné (étant excité par les paroles flatteuses et méchantes de son chef) qu'il engagea la bataille dans laquelle Téancum tua Morianton, et défit son armée qu'il fit prisonnière; après quoi il retourna au camp de Moroni. Et ainsi finit la vingt-quatrième année du règne des juges sur le peuple de Néphi; et ainsi fut ramené le peuple de Morianton. Et ayant juré de garder la paix, il fut remis en possession de son pays, et les difficultés qui s'étaient élevées entre eux et le peuple de Léhi furent aplanies.

8 Dans cette même année où la paix fut rendue au peuple de Néphi, mourut Néphihah, qui en était le second Grand- Juge ; il avait occupé le siège au jugement avec une parfaite rectitude devant Dieu. Mais, comme il avait refusé à Aima de se charger des annales et des choses qu'Àltna et ses pères considéraient comme des plus sacrées, celui-ci les avait confiées à son fils Hélaman.

9 Le fils de Néphihah fut choisi pour remplacer son père

au siège du jugement. 11 fut donc nommé Grand-Juge et ffouverneur du peuple , avec serment et ordonnance sacrée de juger selon la justice , de garder la paix, de soutenir la liberté du peuple, et de lui accorder le privilège sacré d'adorer le Seigneur son Dieu; de soutenir et maintenir la cause de Dieu durant sa vie, et de punir selon la justice les criminels en raison de leurs crimes; Son nom était Pahoran. Et remplissant le siège de son père, il commença à régner sur le peuple de Néphi à la fin de la vingt-quatrième année.

CBAPITRE XXllï.

4 Au commencement de la vingt-cinquième année du règne des juges sur le peuple de Néphi, la paix régnait entre le peuple ae Léhi et le peuple de Morianton relativement à leurs terres. Mais elle ne se maintint pas longtemps, car une dissension s'éleva touchant le Grand-Jugé Pahoran. Une partie du peuple désirait que quelques points particuliers de la loi fussent changés. Mais Pahoran , ne voulant pas toucher à la loi, ni qu'on lui fît subir des altérations, repoussa les réclamations de ceux qui avaient pétitionné et donné leurs voix à cet effet. De là la fureur de ceux-ci, qui voulaient qu'il ne fût plus le Grand-Juge du pays. Et une dissension fort vive s'éleva à ce propos, même jusqu'à l'effusion du sang.

2 Ceux qui souhaitaient que Pahoran fût détrôné du siège du jugement étaient appelés les hommes-du-roi ; car, par le changement de la loi, ils voulaient renverser le gouvernement libre pour établir un roi sur le pays. Et ceux qui désiraient que Pahoran restât le Grand-Juge , prirent le nom d'hommes-libres. Telle était la cause de leur division : les hommes-libres ayaiit juré et fait alliance de maintenir leurs droits et les privilèges de leur religion par un gouvernement libre.

3 Or, ce sujet de leur contestation fut décidé par la voix du peuple. Et comme elle fut fîivorable aux hommes-libres, Pahoran conserva le siège du jugement : ce qui fut pour les frères de Pahoran et pour les amis de la liberté un grand sujet de joie. Et les hommes-du-roi furent ainsi réduits au silence, sans plus oser faire d'opposition , et contraints de maintenir la cause de la liberté. Ceux qui voulaient un roi étaient des hommes de haute naissance , qui cherchaient à

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devenir rois ; et ils étaient soutenus par ceux qui ambitionnaient le pouvoir et Tautorité sur le peuple.

4 Mais de telles dissensions parmi les Néphites survenaient dans un temps fort critique : Amalickiah avait encore excité les cœurs des Lamanites contre les Néphites, et il levait des troupes dans toutes les parties du pays, les armant et les préparant hâtivement à ta guerre , car il avait juré de boire le sang de Moroni. Mais voici^ nous verrons que son vœu était insensé ; quoi qu'il en soit , il se préparait lui et ses armées à venir combattre les Néphites. Ses armées n'étaient plus aussi nombreuses Qu'autrefois, les Néphites en ayant tué plusieurs milliers. Malgré cette grande perte, Amalickiah avait levé une armée extrêmement considérable , au point qu'^ ne craignit pas de marcher sur le pays de Zarahemla. Oui, Amalickiah, lui-même, se mit à la tête des Lamanites. Tout cela se passait dans la vingt-cinquième année du règne des juges, au moment même où les Néphites venaient de mettre fin à leur contestation touchant le Grand-Ju^e Pahoran.

^ 5 Quand les hommes, appelés les hommes-du-roi, apprirent que les Lamanites s apprêtaient à la guerre, leurs cœurs en furent remplis de joie; et ils refusèrent de prendre les armes pour défendre leur patrie , tant ils étaient acharnés contre le Grand-Juge et contre les amis de la liberté. Moroni en fut extrêmement irrité, surtout au moment o^ les Lamanites étaient près de pénétrer dans le pays; et i^ntêtement de ces gens, pour le salut desquels il avait ti'availl^ avec tant de diligence^ augmentait encore son courroux. Il envoya donc une pétition, appuyée de la voix du peuple, au gouverneur du pays, le priant ae la lire et de lui accorder, à lui Moroni, le pouvoir de contraindre ces dissidents à défendre leur patrie ou de les mettre à mort : son premier soin devant être de faire cesser de telles divisions parmi le peuple^ lesquelles avaient été jusqu'alors l'unique cause de leurs désastres. Ce qui lui fut accordé selon la voix du peuple.

6 Alors Moroni donna l'ordre à son armée d'aller combattre ces hommes-du-roi, pour abattre leur orgueil et leurs hautes prétentions, les humilier jusqu'à terre, ou de les forcer à prendre les armes pour le maintien de la liberté. Les troupes de Moroni marchèrent contre eux, et ils abattirent tellement leur orgueil et leurs prétentions, que, dès la première charge, ils les moissonnèrent etles foulèrent aux pieds. Et quatre mille de ces dissidents furent passés au fil de l'épée. Et ceux de leurs chefs qui échappèrent au carnage furent pris et jetés en prison ; car, pour le moment, on n avait

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pas le temps d'instruire leur procès. £t le reste de ces dissidents, plutôt que de se laisser massacrer, préférèrent se réunir autour de l'étendard de la liberté , et furent contraints de déployer ce titre de la liberté sur leurs tours et dans leurs villes . et de prendre les armes pour la défense de leur patrie. C'est ainsi que Moroni lit exterminer ces hommes-du-roi, de sorte qu'il n'en resta pas un seul ; c'est ainsi qu'il abattit l'entétemeot et l'orteil de ces gens, qui

S rétendaient avoir du sang de noblesse, et qu'ils furent réuits au niveau de leurs frères et forcés à se battre vaillamment pour ne point tomber en esclavage.

7 Et pendant que Moroni s^occupait ainsi à mettre fin aux dissensions de son peuple, les soumettant à la paix et à la civilisation, faisant des règlements et des préparatifs de guerre contre les Lamanites, ceux-ci étaient entrés dans le pays de Moroni, situé près des bords de la mer.

8 Les r^éphîtes, qui gardaient la ville de Moroni, n'étant pas assez forts, Amalickiah les en chassa et en tua un grand nombre.* 11 prit donc possession de leur ville et de toutes leurs places fortifiées. Et ceux qui se sauvèrent de la ville de Moroni. se réfugièrent dans celle de Néphihah. Et les habitants'ae la ville de Léhi, s'étant réunis, se préparèrent également à combattre les Lamanites.

9 Amalickiah ne permit pas aux Lamanites d'attaquer la ville de Néphihah, mais il longea les bords de la mer, laissant assez d'hommes dans chaque ville pour sa défense ; et, dans sa marche , il s'anpara de plusieurs villes , celles de Néphihah, de Léhi, de Morianton, d'Omner, de Gid, et celle de Muleck, lesopielles étaient toutes situées à l'est près des bords de la mer. Et ainsi, par les artifices d'Amalickiah, les Lamanites avaient pris toutes ces villes, avec leurs nombreuses troupes, toutes villes fortifiées à la manière de Moroni, et qui devenaient entre leurs mains autant de placées fortes.

40 Puis ils marchèrent vers le pays Abondance, culbutant les Néphites devant eux, et en tuant un ^rand nombre. Mais ils furent rencontrés par Téancum , qui avait tué Morianton, et avait devancé son peuple lorsqu'il était un fuite. 11 devança également Amalickish, qui marchait avec son armée nombreuse pour s'emparer du pays Abondance et de tout le pays au nord. Mais il fut bien désappointé, car il fut repoussé par Téancum et ses hommes, qui étaient de grands guerriers ; chacun d'eux surpassait les Lamanites en force et en dextérité à la guerre, ce qui leur fit remporter la victoire sur les LamanHes. Et ils les poursuivirent avec acharnement Jusqu'à la tiuit. Après quoi ils campèrent sur les

bords du pays Abondance. Et Amalickiah campa sur les sables au bord de la mer. Voilà comment ils furent mis en déroute.

44 Et quand la nuit fut venue, Téancum et son serviteur s'en allèrent silencieusement, et entrèrent secrètement dans la tente d' Amalickiah. Le sommeil les accablait , par suite de la grande fatigue causée par leurs luttes et la chaleur du jour. Et Téancum, entrant secrètement dans la tente du roi, lui perça le cœur d'un javelot, dont il mourut instantanément, sans qu'il pût éveiller ses serviteurs. Puis il s'en retourna à la dérobée à son propre camp , où ses hommes étaient encore endormis. 11 les éveilla et leur annonça ce qu'il venait de faire. Et il mit son armée sur pied et la rangea en bataille, dans la crainte que les Lamanites éveillés ne tombassent sur eux. Et ainsi finit la vingt-cinquième année du règne des juges sur le peuple de Néphi ; et ainsi finirent les jours d'Amalickiah.

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