‹ Le Livre de MormonChapitre 78 sur 135 · CHAPITRE XXÏX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXÏX

I A la réception de cette épître, le cœur de Moroni prit courage et fut rempli d'une joie extrême, à cause de la ndé- Uté que montrait Pahoran, et de son assurance qu'il n'était traître ni à la liberté ni à la cause de sa patrie. Mais son cœur fut non moins afQi^é de Finiquité de ceux qui avaient chassé Pahoran de son siège du jugement, et de ceux enfin qui s'étaient révoltés contre leur Dieu et contre leur patrie.

â Après avoir pris avec lui quelques hommes, selon le désir de Pahoran, il laissa à Léhi et à Téancum le commandement sur le reste de l'armée, et se mit en marche pour le pays de Gidéon. Il agita l'étendard de la liberté dans tous les lieux qu'il traversa, et il augmenta ses forces durant sa marche vers le pays de Gidéon.

3 Or des milliers d'hommes accoururent sous son étendard, en prenant les armes pour défendre leur liberté et pour ne point tomber en esclavage. Et après avoir ainsi rassemblé autant d'hommes qu'il put durant sa marche, Moroni atteignit le pays de Gidéon. Et réunissant alors ses forces à celles de Pahoran, ils devinrent extrêmement forts, même plus forts que les partisans de Pachus , qui était le roi de ces dissidents qui avaient chassé les amis de la liberté du pays de Zarahemla, et avaient pris possession de la contrée.

4 Moroni et Pahoran ayant dirigé leurs armées sur le pays de Zarahemla, ils marchèrent contre cette ville; et ayant rencontré les partisans de Pachus, ils leur livrèrent bataille. Et voici, Pachus fut tué, et ses hommes furent faits prisonniers; et Pahoran fut rétabli sur le siège du jugement. Alors les partisans de Pachus furent jugés selon la loi, ainsi que les hommes-du-roi qui avaient été pris et jetés en prison. Et ils furent exécutés selon la loi; oui, les partisans de Pachus et ces hommes-du-roi, et tous ceux qui n'avaient point pris les armes pour la défense de leur patrie , mais qui s'étaient battus contre elle, furent mis à mort. Et il devint ainsi nécessaire que cette loi fût strictement exécutée pour le salut de la patrie ; oui, et quiconque fut convaincu d'avoir trahi la liberté, fut aussitôt mis à mort, selon la loi. Et ainsi finit la trentième année du règne des juges sur le peuple de Néphi; Moroni et Pahoran avaient rendu la paix au pays de Zarahemla et à leur propre peuple, et avaient fait mettre à mort tous ceux qui n'avaient pas été fidèles à la cause de la liberté.

5 Vers le commencement de la trente et unième année du règne des juges, Moroni fit immédiatement partir des vivres et une armée de six mille hommes pour Hélaman , afin de l'aider à conserver cette partie du pays. Et il envoya également à Léhi et à Téancum une armée de six mille hommes, avec une quantité suffisante de provisions. Et il le fit pour fortifier le pays contre les Lamanites.

6 Après avoir laissé un corps d'armée considérable dans le pays de Zarahemla, Moroni et Pahoran s'avancèrent à la tête d'une autre nombreuse armée vers le pays de Néphihah, résolus de chasser les Lamanites de cette ville. Durant leur marche, ils firent prisonnier un corps considérable de Lamanites, en tuèrent beaucoup , et s'emparèrent de leurs vivres et de leurs armes. Et après cette capture, ils leur firent contracter l'alliance de ne plus prendre les armes contre les Néphites. Et quand ils l'eurent acceptée, ils les envoyèrent habiter le pays d'Ammon, au nombre de quatre mille.

7 Et ils poursuivirent ensuite leur marche vers le pays de Néphihan. Et arrivés auprès de cette ville, ils campèrent dans les plaines de Néphihah, non loin de la ville. Et Moroni désirait que les Lamanites vinssent les combattre dans la plaine; mais, connaissant leur courage extraordinaire, et voyant la multitude de leur armée, les Lamanites n'osèrent en venir aux mains ; c'est pourquoi, ils n'engagèrent pas la bataille ce jour-là. Et la nuit étant venue, Moroni profitant de l'obscurité, monta sur le haut de la muraille pour examiner dans quelle partie de la ville l'armée Lamanite se

trouvait campée. Et elle était campée près la porte de l'est; et il vit qu'ils étaient tous plongés dans le sommeil. De retour à son armée, Moroni fit préparer à la hâte de fortes cordes et des échelles, pour pouvoir descendre du haut de la muraille à l'intérieur.

8 Et ayant fait avancer ses hommes, Moroni les disposa le long de la muraille, et les fit descendre dans cette partie de la ville, oui, à l'ouest, où n'était pas campée l'armée Lamanite. Et ils descendirent tous dans la ville durant la nuit, au moyen de leurs cordes et de leurs échelles; et quand vint le jour, ils se trouvèrent tous dans l'enceinte de la ville. Et lorsque les Lamanites, après leur réveil, virent que l'armée de Moroni occupait l'intérieur de leur ville, ils furent saisis d'une telle frayeur qu'ils s'enfuirent tous par la porte. Ce que voyant, Moroni tomba sur eux avec ses gens, en tua beaucoup et fit un grand nombre de prisonniers ; et le reste se dispersa dans le pays de Moroni, qui était auprès de la mer. Et c'est ainsi que Moroni et Pahoran s'emparèrent de la ville de Néphihah sans perdre un seul homme, et que nombre de Lamanites furent tués.

9 Or, il arriva que beaucoup de prisonniers Lamanites ayant manifesté le désir de devenir libres et de faire partie du peuple d'Ammon , il fut permis à tous les prisonniers Lamanites de se rendre dans ce pays , où ils se livrèrent à la culture de la terre et à l'élève des brebis et du bétail de toute espèce. Et ainsi les Néphites furent soulagés d'un grand fardeau, en ce qu'ils furent déchargés de tous les prisonniers Lamanites.

40 Après la prise de la ville de Néphihah et la capture de tant de prisonniers (ce qui avait excessivement réduit les forces de l'armée Lamanite), Moroni reprit quantité de Néphites qui avaient été faits prisonniers et renforça considérablement ses propres forces. C'est pourquoi, ayant quitté le pays de Néphibah, il se dirigea vers le pays de Léhi.

4 1 Et quand les Lamanites virent que Moroni marchait contre eux, ils furent encore saisis de frayeur, et ifs cherchèrent leur salut dans la fuite. Mais Moroni, à la tête de son armée, les poursuivit de ville en ville, jusqu'à ce qu'ils furent rencontrés par Léhi et Téancum ; et les Lamanites prirent la fuite devant Léhi et Téancum , même jusqu'aux rivages de la mer^ et gagnèrent le pays de Moroni. Et les forces Lamanites étaient là rassemblées, et elles étaient toutes réunies en un seul corps d'armée au pays de MoronL Et Ammoron, le roi des lamanites, était également avec eux.

12 Moroni, Léhi et Téancum firent camper leurs forces sur les confins du pays de Moroni, de telle sorte que les

Lamanites se trouvaient entourés au sud, du côté du désert, et à Test du côté du désert ; et ils campèrent ainsi pour la nuit. Car voici, Néphites et Lamanites étaient extrêmement fatigués de leur marche ; et rien ne fut tenté durant la nuit, si ce n'est par Téancum, qui était très irrité contre Ammoron, en ce quUUe considérait, ainsi qu'Amalickiah, son frère, comme la cause de cette grande et longue guerre entre eux et les Lamanites, guerre qui avait fait répandre tant de sang et produit une telle famine.

13 Et il advint que, dans sa colère, Téancum se rendit dans le camp des Lamanites, et se fit descendre des murailles de la ville. Et, avec une corde, il alla de place en place, jusqu'à ce qu'il eut trouvé le roi ; et il lui lança son javelot qui le perça près du cœur. Mais voici, avant de mourir, le roi éveilla son serviteur ; et Téancum ayant été poursuivi, il fut mis à mort.

1 4 Et quand Léhi et Moroni eurent appris la mort de Téancum, ils en furent extrêmement affligés; car voici, cet homme avait vaillamment combattu pour sa patrie, oui, c'é< tait un véritable ami de la liberté ; et il avait éprouvé de grandes afflictions. Mais il n'était plus : il était allé où va toute la terre.

1 5 Et dès le lendemain Moroni marcha contre les Lamanites, et eu fit un grand carnage. Chassés du pays, les Lamanites prirent la fuite, et ne revinrent plus alors contre les Néphites. Ainsi finijt la trente et unième année du règne des juges sur le peuple de Néphi ; et ils avaient eu des guerres, des effusions de sang, des famines et des afflictions durant plusieurs années. Et il y avait des meurtres, des dissensions, des émeutes et toute sorte d'iniquités parmi le peuple de Néphi ; cependant, à cause des justes, oui, à cause de la prière des saints^ ils avaient été épargnés. Mais voici, à cause de ces interminables guerres entre les Néphites et les Lamanites, beaucoup s'étaient endurcis; et beaucoup d'autres s'étaient amollis dans leurs maux , de sorte qu'ils s'humilièrent devant Dieu, même dans la plus profonde humilité.

1 6 Et Moroni, ayant suffisamment fortifié ces parties du pays qui étaient les pilus exposées aux incursions des Lamanites, reprit le chemin de la ville de Zarahemla. Et Hélaman revint également au pays de son héritage ; et la paix régna de nouveau parmi le peuple de Néphi. Après avoir remis le commandement de ses armées à son fils^ nommé Moronihah, Moroni se retira dans sa maison privée pour y couler en paix le reste de ses jours. Et Pahoran revint au siège du jugement ; et Hélaman reprit la prédication de la parole de

Dieu au peuple ; car, à cause de tant de dissensions et de guerres , il était devenu nécessaire que l'ordre fut de nouveau rétabli dans l'Eglise ; c'est pourquoi Hélaman et ses rères allèrent et annoncèrent la parole de Dieu avec une grande puissance, convainquant beaucoup de gens de leurs iniquités ; ce qui les porta à se repentir de leurs péchés et à être baptisés au Seigneur leur Dieu.

4 7 Et ils rétablirent partout l'Eglise de Dieu dans le pays, et des règlements furent faits touchant la loi. Et des juges et des grands juges furent nommés. Et le peuple de Néphi se remit à prospérer, à multiplier, et à devenir fort puissant dans le pays. Et ils amassèrent de grandes richesses; mais malgré ces richesses, et malgré leur puissance et leur félicité , ils ne se laissèrent point aveugler par l'orgueil : ils ne furent pas lents à se souvenir du Seigneur leur Dieu ; mais ils s'humilièrent profondément devant lui ; oui, ils se rappelèrent combien le Seigneur avait fait pour eux de grandes choses : qu'il les avait délivrés de la mort, de l'esclavage, de la prison et de toute sorte de maux, et qu'il les avait tirés des mains de leurs ennemis. Et ils priaient constamment le Seigneiir leur Dieu, et le Seigneur les béni^ selon sa parole, et il les fit multiplier et prospérer dans le pays. Et toutes ces choses s'accomplirent. Et Hélaman mourut dans la trente-cinquième année du règne des juges sur le peuple de Néphi.

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