‹ Le Livre de MormonChapitre 84 sur 135 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1 Dans la soixante-douzième année du règne des juges, les contestations s'accrurent, et la guerre régna parmi tout le peuple de Néphi. Ce fut cette bande mystérieuse de voleurs qui poursuivit cette œuvre de destruction et de crimes. Cette guerre dura toute Tannée et encore l'année suivante. •

S il arriva que, dans la soixante-treizième année, Néphi cria au Seigneur, disant : 0 Seigneur, ne permets pas que ce peuple soit exterminé par l'épée; mais fais, ô Seigneur, r|ue la famine vienne plutôt sur ce pays, pour porter ses habitants à se rappeler le Seigneur leur Dieu ; et peut-être ils se repentiront et retourneront à toi ; et il fut ainsi fait selon les paroles de Néphi. Et il y eut une grande famine dans le pays, parmi tout le peuple de Néphi. Et ainsi, dans la soixante-quatorzième année la famine continua, et l'œuvre de destruction cessa par l'épée , mais devint sévère par la famine. Cette œuvre de destruction continua dans la soixantequinzième année ; car la terre, frappée de stérilité, ne donna point de grains dans la saison de la récolte ; et la terre entière fut frappée, tant parmi les Lamanites que parmi les Néphites, et ils périrent par milliers dans les parties les plus corrompues du pays.

3 Le peuple, se voyant à la veille de mourir de faim, vint à se rappeler le Seigneur son Dieu, ainsi que les paroles de Néphi. Et il supplia ses grands juges et ses gouverneurs de dire à Néphi : Voici, nous savons que tu es un homme de Dieu ; implore donc le Seigneur notre Dieu pour qu'il détourne de nous cette famine, de crainte que ce que lu as dit

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touchant notre destruction ne s'accomplisse. Les juges Tinrent porter à Néphi les vœux du peuple.

4 Et quand Népbi vit que le peuple était repentant et qu'il s'était humilié sous la cendre, il cria au Seigneur, disant : 0 Seigneur, voici, ce peuple se repent; il a chassé de son sein la bande de Gadianton ; elle n'existe plus , et ses trames secrètes sont enfouies dans la terre. Maintenant, ô Seigneur, à cause de leur humilité, veuille détourner ta colère, et qu'elle soit apaisée par la destruction des hommes méchants que tu as déjà fait périr I 0 Seigneur, détourne ta colère, oui , ta furieuse colère , et fais que la famine cesse dans ce paysl 0 Seigneur, daigne m'écouter ; qu'il soit fait suivant mes paroles, et envoie la pluie sur cette terre pour qu'elle produise ses grains et ses fruits dans la saison des récoltes I 0 Seigneur, tu as écouté mes paroles quand je disais : Qu'il vienne une famine , et que le fléau de Tépée cesse ; et je sais que tu exauceras mes paroles, même en ce temps-ci, car tu as dit : Si ce peuple se repent, je l'épargnerai ' oui. Seigneur, et tu vois qu'ils se sont repentis à cause de la famine, de la peste et de la destruction qui lésa frappés. Maintenant, ô Seigneur, tu voudras détourner d'eux ta colère, et éprouver encore leur volonté à te servir! Et si cela est , tu peux les bénir , ô Seigneur , selon les paroles que tu as déclarées.

5 Et, dans la soixante-seizième année, le Seigneur détourna sa colère de son peuple, et fit tomber de la pluie sur la terre , en sorte qu'elle apporta ses fruits dans h saison des fruits. Et elle apporta ses crains dans la saison des grains. Et voici, le peuple se réjouit et glorifia Dieu; tout le pays fut rempli d'allégresse ^ et on ne chercha plus à faire mourir Néphi ; mais il fut considéré comme un éminent prophète et un homme de Dieu, tenant de Dieu une grande puissance. Et Léhi, son frère, n'était pas moins élevé que lui dans les choses de la justice et de la sainteté.

6 C'est ainsi que la prospérité reparut parmi les Néphites : ils rebâtirent leurs places vides, ils multiplièrent et se répandirent partout, même juscm'à couvrir toute la surface du pays, tant au nord qu'au sud, de la mer de l'ouest à la mer de l'est. La soixante-seizième année finit en paix. Le commencement de la soixante-dix-septième année vit régner la paix ; l'Eglise s'étendit partout dans le pays ; la plus grande partie du peuple, tant chez les Néphites que chez les Lamanites, appartenait à l'Eglise; le pays jouit d'une paix complète, et ainsi finit la soixante-dix-septième année. La paix régna aussi dans la soixante-dix-huitième année, sauf quelques légères contestations sur des points de doctrines éta-

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blies par les prophètes. £t, dans la soixante~dix-neuvième année, elles devinrent fort graves. Mais Néphi, Léhi et un grand nombre de leurs frères qui, ayant beaucoup de révélations journalières, connaissaient les vrais points de la doctrine, prêchèrent au peuple, et mirent fin à ces contestations dans cette même année.

7 Dans la quatre-vingtième année du règne des juges sur le peuple de Néphi, un certain nombre de dissidents Néphites, qui, quelques années auparavant étaient passés aux Lamanites, et avaient pris leur nom, ainsi qu'un certain nombre de vrais descendants des Lamanites étant excités par ces dissidents, prirent les armes contre leurs frères. Ils se livraient au meurtre et au pillage ; puis ils se réfugiaient dans Ips montagnes et dans le désert, se cachant dans leurs repaires pour ne pas être découverts, et augmentant de jour en jour leur nombre par des dissidents qui venaient à eux. Ils devinrent dans le temps, et même dans Tespace de peu d'années, une bande de voleurs considérable ; et ils cherchèrent à découvrir tous les plans secrets de Gadianton, et devinrent ainsi voleurs de Gadianton. Or, ces malfaiteurs commirent de grands ravages et des meurtres nombreux, tant sur les Néphites que sur les Lamanites.

8 11 devint nécessaire de mettre un terme à cette œuvre de destruction. Un corps d'hommes robustes fut donc dirigé dans le désert et sur les montagnes, pour se mettre à la poursuite de ces voleurs et les exterminer. Mais voici, dans cette même année^ ils furent refoulés jusque sur leurs propres terres. Et ainsi finit la quatre-vingtième année du règne des juges.

9 Au commencement de la quatre-vingt-unième année , les Néphites renouvelèrent leur expédition contre ces voleurs, dont beaucoup furent tués ; mais ils essuyèrent aussi de grandes pertes, et ils se virent contraints de quitter le désert et les montagnes pour se retirer sur leurs propres terres . tant était considérable le nombre de ces brigands qui inrestaient les montagnes et le désert. Ainsi finit cette année. Les malfaiteurs ne cessèrent d'accroître tellement leurs forces, qu'ils en vinrent jusqu'à pouvoir défier toutes les armées des Néphites, conune aussi des Lamanites. Ils répandirent l'épouvante sur toute la surface du pavs, car ils y firent de nombreuses incursions et commirent de .grands dégâts, massacrant les habitants, emmenant les autres prisonniers dans le désert, et plus particulièrement leurs femmes et leurs enfants.

40 Or, cette grande calamité, que le peuple s'était attirée par ses iniquités, vint les porter à se souvenir du Seigneur

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]eur Dieu. Ainsi finit la quatre-vingt-unième année du règne des juges. Et dans la quatre-vingt-deuxième année, ils com- . mencèrent encore à oublier le Seigneur leur Dieu. La qua- I tre- vingt- troisième année vit augmenter leur perversité. Ils ne réformèrent pas leurs voies dans la quatre-vingt-quatrième année. Et dans la quatre-vingt-cinquième année, ils se livrèrent de plus en plus à Torgueil et à leurs iniquités ; et ainsi, ils marchaient de nouveau rapidement à leur perte. Ainsi finit la quatre-vingt-cinquième année.

1 4 Nous pouvons voir par là combien est faux et inconstant le cœur des enfants des hommes ; oui , nous pouvons voir que le Seigneur, dans la grandeur de son infinie bonté, bénit et rend prospères ceux qui mettent en lui leur confiance. Nous pouvons voir qu'àTinstant même où il répand la prospérité sur son peuple, en bénissant ses champs, en multipliant son bétail et ses troupeaux, en lui donnant de l'or, ae Targent et toutes sortes de choses précieuses, épargnant leurs vies , les délivrant des mains de ses ennemis, amollissant le cœur de ses ennemis pour qu'ils ne lui fassent pas la guerre, enfin en le comblant de richesses et de félicité ; oui , c'est alors que nous voyons son peuple s'en durcir le cœur, oublier le Seigneur son Dieu, fouler aux pieds le Très-Saint ; et tout cela, à cause de son aisance et de son extrême opulence.

12 Et ainsi nous voyons, qu'à moins que le Seigneur ne châtie son peuple de maintes afflictions, oui, à moins qu'il ne le frappe de la mort, de la terreur, de la famine, et de toutes sortes de fléaux, il ne voudra pas se souvenir de lui. 0 combien sont insensés, combien sont vains, méchants et satâniques, prompts à commettre l'iniquité et lents à pratiquer le bien, les enfants des hommes ; oui, combien ils sont prompts à écouler les paroles du xMalin , et à mettre leurs cœurs dans les choses vaines du monde; oui, combien ils sont prompts à s'exalter dans l'orgueil, dans la vant^rie. et à se livrer à toutes sortes d'iniquités ; et combien ils sont lents à se rappeler le Seigneur leur Dieu, et à prêter l'oreille à ses conseils; oui, combien ils sont lents à marcher dans les voies de la sagesse ! Voici, ils ne désirent pas que le Seigneur Dieu, leur créateur, les gouverne et règne sur eux, malgré sa grande bonté et sa miséricorde envers eux ; ils méprisent ses conseils, et ne veulent pas qu'il soit leur guide. •

1 3 Oh combien est grand le néant des enfants .des hommes ; oui, ils sont moins que de la poussière I Car la poussière de la terre se meut çà et là, et se fend au commandement de notre grand Dieu éternel; oui, à sa voix, les

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collines et les montagnes s'agitent et tremblent; et par la puissance de sa voix, elles sont brisées et aplanies, même jusqu'à devenir une vallée ; oui, par la puissance de sa voix, toute la terre tremble , et les fondements des rochers s'ébranlent jusqu'au centre ; et s'il dit à la terre de se mouvoir, elle se oaeut; oui, s'il dit à la terre : Sois retournée, alin que le jour soit allongé de plusieurs heures, cela est fait; et ainsi, selon sa parole, la terre se retourne, et elle paraît aux hommes comme si le soleil était fixe : oui , voici , il en est ainsi, car assurément c'est la terre qui se meut, et non le soleil.

1 4 S'il dit aux eaux du profond abîme de sécher, cela se fait. Voici, s'il dit à cette montagne : Sois élevée, et viens tomber sur cette ville pour qu'elle soit ensevelie, cela est fait. Si un homme cache un trésor dans la terre , et que le Seigneur dise : Que ce soit maudit à cause de l'iniquité de celui qui l'a caché; voici, le trésor est maudit. Et si le Seigneur disait : Sois maydit, afin que nul homme ne te retrouve, de ce jour et à jamais ; voici,, personne ne pourrait désormais le retrouver. Si le Seigneur disait à un homme : A cause de tes iniquités, tu es maudit à toujours ; cela serait. Et si le Seigneur disait : A cause de tes iniquités, tu seras retranché de ma présence ; il ferait qu'il en soit ainsi. Malheur à celui à qui il dira cela, car celui qui commettra l'iniquité ne pourra pas être sauvé. C'est pourquoi, le repentir a été déclaré pour que les hommes puissent être sauvés. Et bénis sont ceux qui veulent se repentir et écouter la voix du Seigneur leur Dieu, car ce sont eux qui seront sauvés.

15 Et puisse Dieu accorder, dans sa grande miséricorde, que les hommes soient conduits au repentir et aux bonnes œuvres , pour être restaurés à la grâce pour grâce , selon leurs œuvres. Je voudrais que tous les hommes fussent sauvés. Mais nous lisons qu'au grand jour final, il y en aura qui seront rejetés ; oui, qui seront retranchés de la présence du Seigneur; oui, qui seront consignés à un état de misère sans fin, en accomplissement des paroles qui disent : Ceux qui ont fait le bien, auront la vie éternelle ; et ceux qui ont fait le mal, auront la damnation sans fin. Et ainsi en est-il. Âmen.

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