‹ Le livre de tousChapitre 101 sur 196 · DES OCCASIONS DU PÉCHÉ · texte numérisé non relu

DES OCCASIONS DU PÉCHÉ

Quand un abîme est profond, on en doit éviter même le bord. Point de gouffre si épouvantable que le péché mortel; c'est donc un devoir d'en fuir même le danger. S'exposer témérairement à ce qui peut conduire prochainement au péché grave, c'est déjà un péché mortel, quand d'ailleurs on ne ferait point d'autre mal. Si c'est un crime de jouer la vie du corps pour une bagatelle, qu'en doit-il être de jouer la vie de l'âme, l'amitié de Dieu, l'éternité?

Ce qui amène le danger prochain d'offenser Dieu, ce sont les occasions. On appelle de ce nom une personne ou une chose extérieure qui nous incline à mal faire. Il y a des occasions qui n'ont que peu d'influence sur l'homme, et où l'on tombe rarement dans le péché. On les appelle éloignées et on n'est pas tenu, sous peine de faute grave, de les fuir. 11 faudrait, du reste, quitter cette terre pour s'en affranchir entièrement. Il y a des occasions où l'homme, quand il s'y trouve engagé, tombe fréquemment, par exemple si, en parlant une fois par mois avec une personne le dimanche, on manque, sous celte influence, la messe six fois par an; ou si, sur douze conversations qu'on a eues avec elle, on a consenti, dans six de ces con-

Page 1