CHAPITRE XXVI
DES SOCIÉTÉS DANGEREUSES
Lami des insensés leur devient semblable , a dit le Saint-Esprit; et c'est ce que l'expérience confirme tous les jours. Joseph Arger, jeune homme de vingt-trois ans, fut condamné à mort au mois de mai 1844, par la Cour d'assises de la Seine-Inférieure. Arrivé au pied de l'échafaud, il demande à parler à la foule qui était immense : « Je vais mourir, dit-il, parce que j'ai fréquenté de mauvaises compagnies. Six semaines ont suffi. C'est Decautqui m'a perdu, je lui pardonne. Adieu, mon pauvre père ! » Et sa tète tomba sous le couteau fatal. Decaut fut condamné aux travaux forcés. "Voilà où conduisent les mauvaises compagnies. Vous êtes effrayé du sort de Joseph Arger. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus terrible. Il s'est repenti et est mort dans de bons sentiments. Les mauvaises compagnies peuvent mener plus loin qu'à l'échafaud; où donc? au libertinage, à l'impiété, à une mort de réprouvé.
Il faut entendre par mauvaises compagnies celles avec qui on est exposé à prendre part à de mauvais discours, ou à blasphémer, ou à manquer la messe, à s'enivrer, en un mot, à pécher gravement.
Il faut absolument les fuir, à tout âge, mais surtout dans la jeunesse. Un jeune homme trouvera sans doute des compagnies salutaires dans les Conférences de Saint- Vincent de Paul, dans les cercles catholiques, où la piété est en honneur et la pudeur respectée, ou dans d'autres associations vraiment chrétiennes. La jeune fille peut se créer des amies parmi les congréganistes de la Sainte