‹ Le livre de tousChapitre 107 sur 196 · DES SOCIÉTÉS · texte numérisé non relu

DES SOCIÉTÉS

pour justifier une négligence coupable, comme si les anges n'étaient pas tombés dans le ciel, comme s'il y avait une vertu capable de résister à ces conversations familières, qu'un saint docteur appelle le commencement de l'agonie de la chasteté?

Ces jeunes gens, dit-on encore, se voient en vue du mariage qu'ils doivent contracter. S'ils se voient en présence de leurs parents, peu de temps avant le mariage, on ne peut le condamner, pourvu que les parents aient soin de ne pas laisser devenir trop longues, ni trop fréquentes, des visites qui, même dans les meilleures conditions, ne sont jamais exemptes de tout péril. Mais qu'estil besoin d'entretenir des rapports assidus durant plusieurs mois et quelquefois durant des années avant le mariage? N'est-ce pas aussi contraire aux convenances qu'aux règles de la prudence chrétienne, que de laisser une jeune personne s'entretenir seule à seul avecle jeune homme qui demande

sa main? Est-ce en jouant leur âme que ces

jeunes gens peuvent se préparer au grand sacrementqu'ils recevront bientôt et aux charges redoutables qui leur seront imposées? S'exposer

à un danger prochain de chute, n'est-ce pas pour eux le moyen d'attirer sur leur avenir la malédiction divine? C'est pour nous une conviction profonde : s'il y a tant de personnes pour lesquelles l'état du mariage est comme un enfer anticipé, c'est parce qu'avant de s' y engager elles ont vécu dans le vice.

Qui nous donnera des expressions assez fortes pour flétrir, comme elles le méritent, les réunions de personnes de différent sexe, qui sont en usage dans certains pays, soit dans les familles, soit surtout au cabaret et dans les danses publiques, à l'occasion des fêtes patronales? Quel abus au

Page 1