DANGEREUSES
sein du christianisme ! Il faut le dire en gémissant, les danses les plus dangereuses, celles qui alarment le plus la pudeur, ont pénétré jusqu'au sein de nos campagnes ; la jeunesse s'y porte avec frénésie, les plus petits enfants en sont témoins et conçoivent le désir et l'espoir d'y prendre part, dès qu'ils auront grandi.
« On a même imaginé, dit Mgr Dupanloup, les
bals d'enfants Sérieusement, quand se déci-
dera-t-on à respecter ces âmes immortelles et à renoncer à toutes les indignités par lesquelles on les profane? »
L'esprit du monde s'insinue jusque dans les familles chrétiennes, et là aussi les divertissements mondains font d'étranges ravages dans les âmes des jeunes gens. Cependant, les saints Pères et les hommes de Dieu ont de tout temps condamné les fêtes mondaines. Ils n'ont jamais compris que les danses, rejetons empoisonnés qui se développent dans les sentiers épineux du siècle, vinssent s'implanter dans les familles, où la semence de la parole évangélique devrait seule germer et grandir.
Un courtisan célèbre écrivait à un évêque : « Les vieillards, qui pourraient se trouver dans les bals sans intéresser leur conscience, seraient ridicules d'y aller; et les jeunes gens à qui la bienséance le permet, ne le pourraient pas sans s'exposer à de trop grands périls. Ainsi, je tiens qu'il ne faut point aller au bal quand on est chrétien, et je crois que les directeurs feraient leur devoir s'ils exigeaient de ceux dont ils gouvernent les consciences qu'ils n'y allassent jamais (1). »
Saint Jérôme écrivait à Laeta : « Votre fille ne doit point assister aux noces de ceux de sa maison,
(1) Recueil des lettres de Bosst-Rabutir.
DES SOCIÉTÉS DANGEREUSES
ni se mêler aux jeux qui ont lieu dans ces sortes de fêtes. » Madame Acarie tenait ses enfants éloignés des assemblées du monde, et principalement de celles qui se font à l'occasion des noces. Elle avait une grande adresse à couvrir d'un voile les précautions qu'elle prenait à cet égard. Elle prévoyait de loin les occasions d'invitation qui pouvaient se présenter, et elle les éludait en pré-
La nicrt d'un ^oropïiète récomj}enQe d'une danseuse.
textant un voyage ou une affaire; si elle n'avait pas pu les prévoir, elle parlait ouvertement aux personnes qui l'invitaient, même à ses plus proches parents, des dangers qu'elle craignait et du parti qu'elle avait pris. — Heureux les enfants
gardés par la vigilance d'une telle mère!
Que si on ne peut absolument, dans certains cas, pour des raisons graves, éviter de prendre part à des danses ou d'assister à certaines repré-