‹ Le livre de tousChapitre 110 sur 196 · THEATRES, CAFÉS · texte numérisé non relu

THEATRES, CAFÉS

qu'ils offrent à l'innocence. Jean- Jacques Rousseau lui-même les réprouve dans une lettre à d'Alembert. Fénelon voulait qu'on évitât absolument les spectacles publics et tous les autres amusements passionnés, qui ne sont propres qu'à donner aux enfants le goût des choses dangereuses, et ne peuvent manquer d'ailleurs de leur faire trouver fades tous les plaisirs innocents. Qu'auraient dit ces hommes si, de leur temps, le vice eût, sur le théâtre, levé la tête aussi audacieusement qu'aujourd'hui?

Il fut un temps où le théâtre pouvait du moins servir à former le goût; aujourd'hui, la plupart des pièces ne sont propres qu'à perdre le goût et les mœurs, comme le dit l'auteur de la Médecine des passoins; et il ajoute que les émotions violentes que les femmes et les enfants vont chercher au théâtre contribuent plus qu'on ne pense à affaiblir les constitutions.

Ozanam, un des plus célèbres littérateurs de notre siècle, arrivait pour la première fois à Paris; il avait une lettre à remettre à M. de Chateaubriand auquel on le recommandait. Il osait à peine aborder celui que Charles X appelait une puissance du monde. Cependant, surmontant ses craintes, il se présente chez lui. Chateaubriand revenait de la messe; il accueille le jeune homme avec bonté, lui donne quelques conseils et lui demande s'il se propose d'aller au théâtre. Ozanam répond qu'il a promis à sa mère de l'éviter. « Je vous conjure, reprend Chateaubriand, en embrassant le jeune homme, de suivre les conseils de votre mère. » Depuis lors, Ozanam se souvint des paroles de Chateaubriand pour triompher des instances que lui faisaient ses camarades pour le mener au théâtre.

Le café à la ville et le cabaret à la campagne

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