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LECTURES DANGEREUSES

ne sont pas moins dangereux que le théâtre. Il est inutile de faire remarquer qu'une jeune fille ne doit jamais paraître dans ces lieux, surtout sans être accompagnée de ses parents; et le jeune homme qui les fréquente y rencontre mille écueils. C'est là le rendez-vous de tout ce qu'il y a d'impies et de libertins dans un pays. Les propos qu'on y entend ne roulent souvent que contre la religion ou contre la vertu. Les journaux qu'on y expose sont ordinairement pleins de railleries sur les augustes mystères de notre foi et de calomnies contre le prêtre. Que peut-on donc en retirer, sinon le vice et l'impiété? Un auteur, qui a écrit spécialement pour les habitants des campagnes, dit avec raison : « Le cabaret, c'est la lèpre de nos villages ; c'est le fléau de toutes les vertus morales et religieuses. Quel triste spectacle, en effet, n'offre-t-il pas le dimanche, les jours de fête, et même quelquefois chaque jour de la semaine! »

Ils seraient donc bien négligents et bien coupables, les parents qui n'interdiraient pas ces lieux à leurs enfants, ou qui leur donneraient l'exemple de s'y rendre.

Les mauvais livres sont une des plus puissantes armes dont se serve le démon pour perdre la jeunesse. Un déluge de productions immorales ou impies déborde chaque jour des villes pour envahir jusqu'aux plus humbles campagnes. Sous le nom de romans, de feuilletons, de chansons, de journaux, se cachent lespiègesles plus dangereux tendus à la foi et à la vertu. Nous devons ici le dire sans détour : les livres qui attaquent ouvertement la foi ou les mœurs ne sont pas les seuls que l'on doive redouter pour soi et interdire à l'enfance et surtout à la jeunesse. Fénelon a dit avec raison : « Tout ce qui peut faire sentir

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Tamour, plus il est adouci et enveloppé, plus il me paraît dangereux. » Les ouvrages qu'on appelle de bons romans ne peuvent que fausser l'esprit, en le remplissant de préjugés mondains, et pervertir le cœur, en développant la sensibilité et les tendances mauvaises de la nature.

Certains journaux,sans être absolument pervers, sont loin d'être irréprochables dans leurs feuilletons et dans les chroniques qu'ils rapportent; ils ne devraient pas pénétrer dans les familles chrétiennes.

On a besoin sans doute de quelques distractions ; mais se distraire en passant des heures et des jours à lire des écrits qui fomentent les passions, c'est se jouer avec un serpent, c'est caresser une vipère. Combien d'ouvrages, du reste, dont la lecture repose l'esprit sans l'égarer! Quel intérêt peut-on trouver dans des mensonges qui tuent les âmes? « Il n'y a, dit le judicieux Rollin, que des esprits faux, légers et superficiels, qui puissent s'attacher à de pareils ouvrages, qui ne sont que des rêveries creuses d'un écrivain sans poids et sans autorité, et les préférer à des histoires belles et solides; la vérité seule est la nourriture naturelle de l'esprit, et il faut qu'il soit bien malade, pour lui préférer, ou même lui comparer des fictions et des fables (1). »

Nous ne pouvons voir sans une douleur prolonde que des âmes, même ayant reçu une brillante éducation, consument dans de vaines lectures des journées qui pourraient être employées avec tant de profit à des études sérieuses, à des

(1) Nous recommaûdons comme journal franchement catholique, pouvant, à cause de la modicité de son prix, avoir accès dans presque toutes les familles, La Croix, journal quotidien. On s'abonne 5. rue liayard,

Paris. Prix : 18 fr. par an.

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