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LECTURES DANGEREUSES

œuvres saintes, à des travaux ou à des emplois utiles à la famille ou à la société.

Ces ouvrages, dira-t-on peut-être, charment par l'élégance du style et servent à former le goût littéraire. — En sont-ils pour cela moins à redouter? Caché sous des fleurs, l'aspic a-t-il moins de venin? Le glaive dont la lame est polie fait-il de moins profondes blessures? Pour apprendre à bien écrire ou à bien parler, faudrat-il donc apprendre à mal vivre? Mais les mauvais livres apprendront moins à dire le bien avec plus de facilité qu'à commettre le mal avec moins de retenue.

Que les parents aient donc soin de ne jamais laisser pénétrer dans leur maison des livres, des journaux, des feuilletons contre la religion ou contre la pudeur. Qu'ils ne gardent rien de ce genre dans leur bibliothèque, et qu'en place ils procurent à leurs enfants des ouvrages intéressants et utiles, comme nous le dirons plus loin. Qu'ils se gardent, en outre, de laisser dans leur maison quelques tableaux ou quelques gravures qui puissent réveiller l'idée du mal.

La pieuse princesse Marie Leczinska, épouse de Louis XV, jamais ne céda à la curiosité d'ouvrir un livre, qu'elle sût blesser tant soit peu la religion ou la pudeur. Un jour, quelques-unes de ses dames d'honneur sont auprès d'elle ; la conversation tombe sur un ouvrage entaché d'erreurs, que venait de publier un homme fort connu à la cour. Ces dames, parlant fort pertinemment des matières traitées dans ce livre, la reine leur témoigne tout son étonnement de les en voir si bien instruites. Elles avouent alors qu'elles ont été bien aises de juger par elles-mêmes de la nature de cet ouvrage. « Pour moi, reprend la reine, je ne me permettrais jamais de lire un écrit de ce genre. »

M LA. TINTATlOir

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