FN GÉNÉRAL
du sacrement. Les paroles prononcées par celui qui administre le sacrement, s'appellent la forme. La matière et la forme sont essentielles au sacrement, si lune ou l'autre manquait, il serait absolument nul et ne produirait pas la grâce. Il en serait de même si on ne prononçait pas les paroles, en même temps quon applique la matière. Si donc, après avoir versé de l'eau sur la tête d'un enfant, on tardait de dire : Enfant, je te baptise^ etc., l'enfant ne serait pas baptisé. On peut cependant, quand on se confesse, mettre une interruption de quelque durée entre la contrition et la confession et l'absolution du prêtre.
Celui qui administre le sacrement doit aussi nécessairement avoir l'intention, au moins virtuelle, en l'administrant, de faire ce que fait l'Eglise de Jésus-Christ; sans cela, point de sacrement possible.
Qu'on le retienne bien, la forme, la matière et l'intention de faire ce que fait l'Eglise sont trois choses essentielles au sacrement, et sans lesquelles il n'y a pas de sacrement, ni par conséquent de grâce produite. Les sacrements, en effet, ne signifient pas seulement la grâce, ils la produisent vraiment par la vertu que la puissance divine leur a communiquée. Si le son du clairon a la puissance de mettre en mouvement une armée, à cause de l'autorité du général qui a donné ordre d'en faire retentir le camp, est-il étonnant que la puissance divine donne à certaines choses, à certaines paroles, la vertu de purifier les âmes? Mais Dieu seul peut opérer ce prodige.
Il est certain, de par nos Saints Livres et de par l'enseignement de l'Eglise, que Notre-Seigneur a institué sept sacrements, ni plus ni moins, savoir : le Baptême, la Confirmation, l'Eucharistie, la Pénitence, l'Extrême-Onction, l'Ordre et le
Mariage. La vie naturelle est l'image de la vie surnaturelle; et de même que, pour vivre et devenir des hommes, nous avons besoin de naître, de nous fortifier, de nous nourrir, de guérir de nos maladies, d'achever notre convalescence ; de même, pour devenir chrétiens, nous avons besoin du Baptême, qui nous fait naître à la vie surnaturelle ; de la Confirmation, qui nous y fortifie ; de l'Eucharistie, qui l'alimente en nous; de la Pénitence, qui nous guérit de nos maux, et de l'Exlrême-Onction, qui achève notre convalescence spirituelle, en enlevant les restes du péché. Et de même que, dans la société humaine, il faut des chefs qui la gouvernent et des époux qui lui donnent des membres, ainsi la Société divine a besoin du sacrement de l'Ordre, qui donne aux fidèles des pasteurs, et du sacrement de Mariage, qui donne à l'Eglise des enfants.
Tous ces sacrements produisent la grâce dans l'âme qui est bien disposée. Ils sont comme des canaux par lesquels les eaux salutaires de la grâce descendent sur nous, des sources fécondes où nous pouvons aller les puiser. Il ne faut donc pas juger des sacrements d'après les apparences. Montrez un billet de banque à un enfant, il n'y voit qu'un morceau de papier, avec lequel il s'amuse. Présentez-le à une personne intelligente et au onirant des affaires, elle y voit une valeur précieu*' ' qu'elle conserve avec soin, si vous la lui donn-î. Un homme qui juge d'après les sens ne voit ûr^ns le Baptême que de l'eau versée sur la tête d'un enfant; un chrétien éclairé de la foi y voit la grâce de Jésus-Christ, qui lave l'âme, pendant que l'eau coule sur le front. Parmi les sacrements, les uns sont institués pour donner la vie de la grâce à ceux qui sont morts spirituellement par le ^ché, et c'est pourquoi on les appelle