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sacrements des morts. Ce sont le Baptême et la Pénitence. Les autres augmentent la grâce dans ceux qui ont déjà la vie spirituelle; on les nomme sacrements des vivants; tels sont : la Confirmation, l'Eucharistie, l'Extrême-Onction, l'Ordre et le Mariage.

Outre la grâce qu'ils produisent tous, chaque sacrement produit une grâce spéciale en rapport avec la fin pour laquelle il a été institué. Le Baptême purifie l'âme, la Confirmation l'affermit dans la foi, l'Eucharistie la soutient et la nourrit, la Pénitence a une efficacité particulière pour détruire le péché et prévenir les rechutes, et ainsi des autres sacrements. Les sacrements produisent la grâce d'autant plus abondamment dans les âmes que ceux qui les reçoivent y apportent des dispositions plus parfaites.

Quand Holopherne, l'ennemi du peuple de Dieu, assiégeait la ville de Béthulie, il fit couper les canaux qui amenaient les eaux dans la ville, afin d'obliger les habitants à se rendre. C'est ce que font les ennemis des âmes, quand ils veulent les asservir au démon ; ils leur enlèvent ceux qui peuvent répandre sur elles les eaux de la grâce par les sacrements, c'est-à-dire les religieux et les prêtres. N'est-ce pas ce qui a eu lieu aux jours à jamais odieux de la grande Révolution française? Ils font donc les affaires des ennemis de la religion et sont les ennemis d'eux-mêmes ceux qui s'éloignent des sacrements ou diffèrent trop de les recevoir. On voit les villes de bains remplies de malades, qui vont y chercher la santé dans la belle saison. Que n'a-t-on le même empressement pour guérir les âmes de leurs infirmités, dans les eaux salutaires de la grâce!

Trois sacrements, outre la grâce sanctifiante, impriment dans l'âme une marque qui ne s'effa-

cera jamais. Ce sont : le Baptême, qui nous fait enfants de Dieu, la Confirmation qui nous rend soldats de Jésus-Christ, et l'Ordre qui consacre les prêtres. Cette marque imprimée s'appelle caractère. Ceux qui reçoivent ces sacrements indignement sont marqués du caractère, bien qu'ils soient privés de la grâce, en sorte qu'il n'est ni nécessaire ni permis de recevoir deux fois ces trois sacrements.

C'est une vérité de foi que les fidèles ne peuvent pas tous administrer indistinctement tous les sacrements. Cette fonction sainte demande des vertus, une science, une mission divine qui ne sont pas données à tous. Cependant, comme le Baptême est absolument nécessaire au salut. Dieu a voulu qu'en cas de nécessité tout homme pût l'administrer. L'homme qui administre les sacrements n'est que le délégué de Jésus-Christ C'est Jésus-Christ lui-même qui est toujours le principal ministre. C'est lui qui donne aux sacrements leur vertu sanctifiante. C'est pourquoi un ministre indigne, ou même hérétique, les admi nistre validement. Le sacrement de Pénitence, toutefois, ne peut être administré validement qu'à l'heure de la mort par les prêtres hérétiques ou schismatiques, qui sont privés par l'Eglise de toute juridiction; et, en dehors du danger de mort, les fidèles pèchent gravement en recevant d'eux les sacrements.

Les ministres des sacrements sont obligés sous peine de faute grave, d'en exclure les indignes, de les refuser, par conséquent, aux pécheurs publics, même quand ce refus les exposerait à la mort. C'est donc injuste et cruel dé blâmer les prêtres qui, en éloignant les indigneaj des sacrements, ne font qu'obéir à leur con science et à la loi de Dieu. Les ministres d

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