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DE L EUCHARISTIE

ment quune goutte d'eau, qu'une miette de pain, on ne pourrait pas communier sans faire un sacrilège; mais si Ton porte quelque chose à sa bouche^ et qu'on le rejette aussitôt sans avoir rien avalé, ou bien si l'on n'est pas sûr d'avoir avalé quelque chose, on peut communier. Il convient aussi d'être vêtu proprement, mais modestement. Des habits pauvres, mais propres, sont bien vus du Dieu qui aime les pauvres; une mise riche, mais immodeste, l'offenserait.

Quant aux dispositions qui regardent l'àme, il faut être en état de grâce, c'est-à-dire n'avoir aucun péché mortel sur la conscience. Si l'on a eu le malheur de commettre un péché mortel avant de communier, c'est une obligation grave de se confesser. Il ne suffirait pas, dans ce cas, de se préparer à la communion par la contrition parfaite. Des péchés même graves, oubliés involontairement en confession, n'empêchent pas une bonne communion; on va sans crainte à la Sainte Table, même avec un ou plusieurs péchés oubliés; mais on ne manque pas de les accuser ensuite dans sa plus prochaine confession. Un péché véniel, commis depuis l'absolution reçue, n'empêche pas non plus de faire une bonne communion.

Qu'on ait soin, après avoir laissé s'humecter quelque temps la sainte Hostie, de l'avaler au plus tôt, car si elle se. .liquéfiait entièrement dans la bouche, on risquerait de ne pas communier.

Il y a obligation grave de recevoir le sacrement de l'Eucharistie en danger de mort. Ils sont bien coupables ceux qui entourent les malades et qui diffèrent toujours d'appeler le prêtre, sous prétexte de ne pas les épouvanter, comme si ce sacrement n'était pas le plus puissant secours qu'on puisse leur offrir, et comme si, pour éviter au malade une mauvaise nuit, il fallait compro-

mettre son salut éternel. Le général Drouot venait d'être sérieusement malade; en voyant arriver son médecin : « Docteur, dit-il, je suis mieux. » Le docteur constatant, en effet, un mieux très sensible : « D'où vient, demanda-t-il, cette amélioration? — J'ai communié ce matin, répondit le général. » L'obligation de communier en danger de mort existe même pour les enfants qui ont l'usage de la raison. Dès qu'ils sont en état de se confesser, ils peuvent et doivent recevoir le viatique. Les parents pécheraient gravement en les privant de cette grande grâce, dès que ces enfants en danger de mort sont à même de discerner le bien du mal et l'Eucharis tie d'un pain ordinaire.

Il y a obligation grave de communier en temps pascal, nous en avons parlé plus haut, chapitre XXII, page 223. « On doit savoir, dit saint Liguori, qu'il est très difficile de se maintenir dans la grâce de Dieu quand on se contente de communier une fois chaque année, comme font ceux qui ont peu de soin de leur salul éternel. L'expérience prouve, ainsi que la raison, qu'une âme, longtemps privée de cette divine nourriture, ne peut guère avoir la force de résister aux tentations et qu'elle tombe facilement dans le péché. Les personnes qui s'appliquent à la vie spirituelle (à la vie de foi), en faisant l'oraison mentale et en s'abstenant même des péchés véniels délibérés (c'est-à-dire faits avec une pleine connaissance), peuvent communier plusieurs fois par semaine, avec l'avis de leur confesseur. Pour celles qui mènent une vie tiède, elles feront bien de communier tous les dimanches, ou au moins tous les quinze jours, afin qu'elles puissent se tenir dans la grâce de Dieu. » (T. XVI, p. 354.)

On sa it que les premiers chrétiens communiaieni

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tous les jours. Sainte Thérèse communia aussi tous les jours pendant vingt-trois ans. Il faut cependant, pour un usage aussi fréquent de cette divine nourriture, prendre l'avis d'un directeur éclairé et s'appliquer à réaliser les dispositions indiquées ci-dessus par saint Liguori. Mais, pour la communion de tous les huit jours, il suffit de n'avoir aucune faute grave sur la conscience et d'être dans la sincère résolution de renoncer à tout péché mortel. C'est une fausse humilité qui écarte de la table sainte des âmes désireuses de leur salut. Je ne suis pas digne, disent-elles. — Qu'est-il là d'étonnant? Les anges eux-mêmes ne le seraient pas. Dieu a l'habitude de nous faire des dons que nous ne méritons pas, est-ce une raison de les refuser? 11 n'est pas nécessaire d'être digne, il suffit de ne pas être indigne ; et l'on n'est pas indigne quand, n'ayant aucune faute grave que l'on n'ait pas confessée, on est résolu de ne plus pécher mortellement.

d'est le dcmcn qui cherche à inspirer cette crainte de la communion de tous les huit jours à des âmes d'ailleurs suffisamment disposées, car li pïé^mi qxie ces âmes marcheraient d'un pas ferme vers la sainteté, si elles étaient fortifiées par cet aliment divin. Il y a, en effet, l'expérience le prouve, des âmes pures dans tous les états et dans toutes les conditions, même au milieu du monde, même dans les casernes, et ces âmes sont celles qui communient fréquemment. Oo conçoit que le démon n'ait pas à cœur de les multiplier; mais, écouter cet ennemi de Dieu plutôt que Notre-Seigneur, qui brûle 'dans son tabernacle de se donner à nous, plutôt que l'Eglise catholique, qui désirerait, comme elle le manifeste clairement dans le saint Concile de Trente, que tous ses enfants communiassent toutes les fois

qu'ils assistent à la messe, par conséquent au moins tous les dimanches, c'est agir au profit de Satan, et non à la gloire de Dieu, et non au profit de notre salut éternel. Que nous serions heureux si la doctrine que nous exposons était comprise de nos lecteurs et réduite en pratique! Que d'âmes, qui se meurent d'épuisement, parce qu'elles ont oublié de manger le pain que Notre- Seigneur leur a préparé, revivraient et se fortifieraient.

Quand on ne peut communier réellement, il est très salutaire de faire du moins la communion spirituelle, dont nous parlerons dans l'appendice à la fin du volume.

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